François fait coup double avec la canonisation de Jean-Paul II et Jean XXIII

Vatican II, le concile œcuménique de « l’aggiornamento »

OLJ
14/04/2014

Vatican II, concile œcuménique de « l'aggiornamento », est le vingt et unième de l'histoire de l'Église et a réuni sous deux pontificats – celui de Jean XXIII et celui de Paul VI – entre 1962 et 1965 quelque 2 251 évêques venus de 116 pays.
Le précédent concile Vatican I, convoqué par Pie IX, pape antimoderniste, avait réuni 793 évêques en 1869 et 1870, et avait notamment décrété l'infaillibilité pontificale. Vatican II sera un concile profondément novateur, concentré non pas seulement sur l'Église, mais sur ses rapports avec la société et le monde entier.
Des conciles de Nicée en 325 et 787 à celui de Trente (1545-1563), pour ne citer que les plus connus, ces grandes assemblées permettent au pape et aux évêques de prendre de nouvelles orientations et de fixer des lignes directrices.
C'est le 25 janvier 1959 que Jean XXIII, à la surprise générale, annonce ce concile qu'il appelle d'emblée « œcuménique ».
À son ouverture, le 11 octobre 1962, la majorité conservatrice espère une confirmation de l'autorité du pape et du Vatican, sans remise en cause importante.
Mais très vite, un mini-coup de force donne une tout autre orientation.
Dès l'ouverture du concile, le cardinal de Lille (nord de la France) Achille Lienart conteste la composition des dix commissions qu'il juge « préfabriquée ». Il reçoit l'appui d'une poignée d'autres cardinaux européens.
Tout au long du concile, dans et en dehors des sessions dans la basilique Saint-Pierre, des prélats, notamment français et allemands, accompagnés d'experts désireux d'un vrai renouveau comme un certain Joseph Ratzinger (futur Benoît XVI), jouent un grand rôle pour accélérer le cours réformiste des travaux.
Au total 2 850 pères conciliaires participent aux travaux. 487 experts aident les évêques.
Pour la première fois, sont invités des observateurs d'autres Églises, et aussi des auditeurs laïcs, comme le philosophe français Jean Guitton.
Quatre sessions de quatre mois auront lieu chaque année, en 1962, 1963, 1964 et 1965. Le concile sera clôturé par Paul VI le 8 décembre 1965.
Le 3 juin 1963, Jean XXIII meurt après avoir publié sa grande encyclique « Pacem in Terris ».
Dix-huit jours plus tard, le cardinal italien Giovanni Montini, archevêque de Milan, est élu et reprend le flambeau de son prédécesseur.
Les documents principaux du concile sont quatre « Constitutions » : « Sacrosanctum Concilium » sur la réforme de la liturgie et la participation des fidèles (prévoyant notamment la messe face aux fidèles et en langue locale) ; « Lumen Gentium » sur l'Église « peuple de Dieu » et non simplement institution cléricale et hiérarchique ; « Dei Verbum » sur l'étude et la connaissance indispensables des Écritures ; et « Gaudium et Spes », un texte résolument optimiste sur le rôle de l'Église dans le monde.
Le concile adoptera onze décrets et déclarations dont « Dignitatis Humanae » sur la liberté religieuse, la religion devant être « exempte de toute contrainte », et « Nostra Aetate » qui exprime le respect de l'Église à l'égard des religions non chrétiennes.
Une révolution vis-à-vis des musulmans et surtout des juifs, après des siècles d'antijudaïsme catholique. Des textes qui ne seront pas du goût des traditionalistes.
Le concile Vatican II sera suivi d'une période difficile pour l'Église, entre ultraconservateurs qui se raidissent contre le modernisme et ultralibéraux qui prônent révolution et rupture totale avec le passé.

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