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Liban - Reportage

Des réfugiés de l’ASL à Ersal racontent leur combat avec les forces d’Assad

Photo d'archives de la localité libanaise de Ersal, non loin de la frontière syrienne.

Réunis sous une tente à Ersal, dans l'un des multiples camps de réfugiés de cette localité frontalière, un groupe de combattants de l'Armée syrienne libre (ASL) n'a pas vraiment le moral depuis quelques jours. Les nouvelles en provenance des régions frontalières syriennes, notamment de Yabroud, Flita, et Ras el-Aïn, dans le Qalamoun, ne sont pas celles qu'ils avaient envie d'entendre. Ces localités, qui revêtent une importance stratégique pour le déroulement des combats dans cette zone frontalière avec le Liban, sont tombées l'une après l'autre entre les mains du régime baassiste.

Si l'on en croit les informations rapportées par certains médias, notamment ceux relevant du régime syrien, la chute de la région de Yabroud, puis celle de Flita, suivies de plusieurs autres villages et villes du Qalamoun, jadis des remparts de l'opposition syrienne et seuls lieux de connexion avec le Ersal libanais, ont constitué un tournant dans la bataille qui a ensanglanté cette région limitrophe du Liban.

« Ces localités sont vitales pour les forces syriennes régulières car elles représentent la route pour l'acheminement des armes entre Lattaquié et Tartouss, une voie de passage que les forces du régime devaient absolument sécuriser », affirme Abou Oday, un ancien soldat de l'armée syrienne régulière. Aujourd'hui il a rejoint avec ses trois frères les rangs de l'ASL et a participé aux combats qui ont eu lieu à Flita. À l'instar de son jeune frère, Oday, également une ancienne recrue de l'armée syrienne converti à la cause des rebelles, il a fait le même parcours du Golgotha que l'aîné de la famille, à savoir prison, torture, puis désertion avant d'aller rejoindre ses compagnons d'armes dans la rébellion.
Abou Oday, lui, a dû soudoyer les geôliers de la prison où il croupissait depuis un an, en payant 20 000 dollars versés à une multitude d'intermédiaires, dont des juges.

(Lire aussi : Le taux d'activité des réfugiés syriens plus élevé que celui des Libanais, selon l'OIT)

Chacun à son tour, ils racontent les difficultés d'une bataille qui les opposait à une armée conventionnelle qui recourait à des armes lourdes et sophistiquées (aviation, missiles, barils d'explosifs, servant à faire le nettoyage parmi la population civile pour mieux repérer par la suite les combattants). Une armée qui, de surcroît, « était soutenue de bout en bout par une guérilla diversifiée formée d'éléments relevant du Hezbollah, de la brigade iranienne el-Badr et de combattants chiites en provenance d'Irak ».
« Nous faisions face à ces forces avec les moyens de bord, des armes personnelles et quelques roquettes récupérées sur le lieu de la bataille », témoigne Khaled, le troisième frère.

Des traîtres et des « indics » plantés par le régime
Le visage assombri par la fatigue des combats, rongé par la tristesse de voir la bataille prendre un tournant accablant pour l'opposition, Abou Ali, à la corpulence impressionnante, s'est transformé en un « géant en papier », brisé par la tournure prise par les événements. Selon lui le facteur déterminant dans cette bataille est sans aucun doute le phénomène des « traîtres » et des « indics » plantés par le régime syrien dans les rangs de l'ASL. Une tactique contre la guérilla bien connue pour ses effets néfastes, à l'instar de la guerre d'Algérie notamment, comme le relève Abou Ali. « Il ( le régime) a incité plusieurs éléments au sein des comités populaires locaux à noyauter les rangs de l'ASL, précise-t-il. Les traîtres sont désormais connus en personne. » Certains d'entre eux ont été tués en cours de route, alors que les autres sont passés dans le camp « ennemi », une fois que Yabroud est tombée aux mains du régime syrien.

« Nous les avons vus un beau jour retourner leurs vestes et leurs armes contre nous, alors que la veille, ils combattaient encore les militaires de l'armée régulière à nos côtés, tuant même plusieurs d'entre eux », confie Abou Ali. Ce combattant aguerri de l'ASL est persuadé que n'était cette opération de traîtrise, « Yabroud et les localités environnantes ne seraient jamais tombées ».

Les barils explosifs et les drones
Pour Hoda, une enseignante arrivée il y a quelques mois de Flita, l'autre élément qui a contribué parallèlement à « désarmer » l'opposition dans la bataille du Qalamoun est l'utilisation en masse des tristement célèbres barils d'explosifs, écrasant par leur impact tout ce qui se trouve dans le rayon d'action de l'aviation militaire qui les balançait.
« L'oiseau de mauvais augure, c'était les drones de couleur blanche que l'Iran venait de livrer à la Syrie, et l'on a appris à les détecter grâce au vrombissement très particulier qu'ils faisaient », raconte Hoda. « Une heure plus tard, toutes les localités qui avaient été survolées par ces drones étaient systématiquement pilonnés avec une précision effrayante », indique-t-elle.

(Reportage : Marchands de légumes, commerçants ou étudiants, les hommes du Hezb fiers de combattre en Syrie)

Tous d'ailleurs relèvent que ces drones survolent souvent l'espace aérien libanais, « la nuit uniquement ». « Ils surveillent le jurd de Ersal et le mouvement des combattants » qui traversent la frontière libanaise en direction du Qalamoun ou vice versa, explique Abou Khaled.

À la question de savoir si, selon eux, les centaines de combattants chassés par les forces d'Assad et leurs alliés hors de Yabroud et des régions récupérées dans le Qalamoun par le régime sont venus se réfugier à Ersal, le groupe d'opposants assure d'une même voix que si certains ont effectivement fui en direction du Liban, une grande majorité se trouve toujours en Syrie, dans les grands espaces toujours libres que les forces d'Assad ne contrôlent toujours pas, ne pouvant se déployer dans chaque recoin de l'immense localité du Qalamoun.

Mais que dire de toutes les arrestations de Syriens et les saisies d'armes par l'armée libanaise à Ersal et dans ses environs ? « Il faut savoir qu'une grande majorité des éléments interceptés, souvent avec des quantités importantes d'armes, ne sont pas des membres de l'ASL mais plutôt des commerçants d'armes qui font l'aller-retour depuis pratiquement le début de la crise », affirme Abou Louay avant de conclure : « Notre bataille n'est pas au Liban, encore moins avec l'armée libanaise, mais contre le régime syrien d'Assad. »

 

Pour mémoire

Prise dans le tourbillon des combats au Qalamoun, Ersal reste dans le giron de l'État


Réunis sous une tente à Ersal, dans l'un des multiples camps de réfugiés de cette localité frontalière, un groupe de combattants de l'Armée syrienne libre (ASL) n'a pas vraiment le moral depuis quelques jours. Les nouvelles en provenance des régions frontalières syriennes, notamment de Yabroud, Flita, et Ras el-Aïn, dans le Qalamoun, ne sont pas celles qu'ils avaient envie d'entendre....

commentaires (2)

Et vous allez faire quoi a present que vous vous rendez compte que la diplomatie du baladeur n'est pas efficace contre les coups de boudoir de la resistance efficace sur le terrain militaire , hein , vous allez faire quoi , continuer a pleurer ? allez signer la reddition et reconstruisez le pays au lieu de vous ecorcher entre vous , mercenaires de tous bords salafowahabites binsaouds va !

FRIK-A-FRAK

21 h 33, le 12 avril 2014

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Commentaires (2)

  • Et vous allez faire quoi a present que vous vous rendez compte que la diplomatie du baladeur n'est pas efficace contre les coups de boudoir de la resistance efficace sur le terrain militaire , hein , vous allez faire quoi , continuer a pleurer ? allez signer la reddition et reconstruisez le pays au lieu de vous ecorcher entre vous , mercenaires de tous bords salafowahabites binsaouds va !

    FRIK-A-FRAK

    21 h 33, le 12 avril 2014

  • Les "réfugiés de l'ASL à Ersal", qui ont dû abandonner la bataille dans le Qalamoun, ne peuvent blâmer et accuser qu'eux-mêmes de leur déroute. Ils n'ont pas su combattre avec les sottes diatribes qu'Obama le lâche leur fournit contre "le régime d'Assad qui a perdu sa légitimité". Tandis que ce "régime illégitime" est en train de briller dans son génocide contre la population, grâce aux avions et aux barils d'explosifs de Poutine, partenaire criminel de Bachar le chimique. Sans oublier la contribution généreuse des Gardiens de la révolution iranienne en argent, en armes et en jeunes du Hezbollah sacrifiés sur l'hôtel de wilayet el-faqih. Voilà la différence.

    Halim Abou Chacra

    10 h 03, le 12 avril 2014

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