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Moyen Orient et Monde

Abandonner la Crimée pour sauver l’indépendance de l’Ukraine ?

Éclairage

Si les Occidentaux font le mauvais choix, Poutine pourrait lorgner bien plus que la péninsule.

AFP
13/03/2014

La crise ukrainienne risque de déboucher sur une solution douloureuse que l'Occident ne saurait approuver mais qu'il peut devoir accepter : abandonner la Crimée à Vladimir Poutine pour sauver l'indépendance de l'Ukraine.


Ce partage entre les grandes puissances nécessite que le rattachement de la Crimée suffise à satisfaire l'ambition du président russe de rester dans l'histoire comme l'homme fort ayant restauré la puissance de la Russie, mise à mal par la chute de l'URSS. Une telle stratégie d'apaisement pourrait valoir des critiques au président américain Barack Obama et déplaire aux anciens pays satellites de l'URSS en Europe de l'Est qui craignent pour leur sécurité.


Aucune grande puissance ne semble en effet prête à affronter la Russie pour défendre la Crimée, région que le dirigeant soviétique Nikita Khrouchtchev avait détachée en 1954 de la Russie pour la donner à l'Ukraine, au sein de l'URSS. Dans le même temps, les Occidentaux voudraient voir l'Ukraine échapper à la zone d'influence de Moscou et avoir ainsi un pays ami à la frontière ouest de la Russie.


« L'Occident peut décider de se boucher le nez et de regarder ailleurs pour ne pas voir l'occupation (de la Crimée), mais seulement si Poutine reconnaît le gouvernement ukrainien actuel », estime le professeur Alexander Motyl, de l'université Rutgers de Newark, dans le New Jersey. « Il devrait fournir des garanties très explicites à l'Occident », ajoute cet expert de l'Ukraine. « Malheureusement, rien dans le discours ou l'action de Poutine ne permet de penser qu'il s'arrêtera à la Crimée », ajoute-t-il. James Nixey, un expert de Chatham House à Londres, estime au contraire improbable que le maître du Kremlin veuille aller plus loin. Le président russe « a déjà atteint l'objectif qu'il visait et la Crimée est perdue ».

 

(Lire aussi : Obama à Poutine : L'intervention de Moscou en Ukraine aura un « coût »)

 

Redessiner la carte
Pour l'heure, l'idée d'un compromis n'est pas du tout l'opinion officielle en Occident. « S'il y a annexion de la Crimée, un référendum qui fait passer la Crimée de l'Ukraine à la Russie, nous ne le reconnaîtrons pas », assure le conseiller adjoint américain à la Sécurité nationale Tony Blinken. La chancelière allemande Angela Merkel, habituellement prudente à l'égard de Moscou, a dit fermement à M. Poutine que le référendum du 16 mars sur le rattachement de la Crimée à la Russie était « illégal ». Elle a parlé d'une « annexion », selon un parlementaire de son pays.


Les pays baltes, occupés et annexés par l'URSS à l'issue de la Seconde Guerre mondiale, sont particulièrement inquiets. La présidente lituanienne, Dalia Grybauskaite, presse les dirigeants européens de « prendre conscience du fait que la Russie tente de redessiner la carte et les frontières de l'Europe d'après-guerre ».


Cependant, pour certains analystes, M. Poutine ne cherche qu'à « punir » les nouveaux dirigeants ukrainiens tout en préservant une apparence de relations de travail avec l'Occident. « Pour la Russie, la perte d'influence sur l'Ukraine est une chose, mais relâcher sa prise sur la Crimée et donc son accès à l'une des deux principales flottes de sa marine est autrement plus important et serait très difficile à avaler », dit Erik Nielsen, du groupe bancaire italien UniCredit. L'analyste pense que si M. Poutine cherche à « punir l'Ukraine en tant que pays pour ses penchants occidentaux », il ne veut pas que « les inévitables tensions avec l'Occident dépassent des niveaux acceptables sur le plan politique et économique ».


Moscou a offert aux habitants de la Crimée des prestations sociales plus élevées que celles versées par Kiev, ce qui rend fort probable un vote massif en faveur du rattachement de la péninsule à la Russie dimanche prochain. Mais la plupart des analystes pensent que l'Occident ne reconnaîtra jamais ce rattachement, même s'il l'accepte tacitement comme un fait accompli.

 

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Par experience on ne doit JAMAIS se meler d'une querelle entre epoux , entre 2 frères ou soeurs , entre un pere et son fils ou une mere et sa fille . Ce que fait l'occidecadent en ce moment va se retourner contre elle , mais grave parce que ces pays slaves savent se gerer entre eux , a la fin du compte ils se retrouveront en famille et l'accuse sera l'intrus occidecadent mene par le bout du nez par on sait tous qui , les bhleistes idiots utiles en Lybie et maintanant en Ukraine . Hey Ho ! on parle a la Russie quoi , faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages , la Russie peut comme les yanky detruire 10 fois la terre , on ne la traite pas , on ne traite pas avec elle comme si c'etait le Burkina Fasso , vous etes tombes sur la nuque ou quoi les eurodecadents ...??? Quittez la bas , vous n'aurez plus rien, comme en Syrie et en Iran vous devez respecter vos ennemis. Et puis pour remplacer le gaz russe , vous n'avez qu'une seule et rentable alternative , acheter du gaz Iranien , do you know that ??

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

L'OURS ANNEXERA LA CRIMÉE... ET... N'ABANDONNERA PAS L'UKRAINE ! LES PRÉDATEURS NE DEVRAIENT PAS ESSAYER DE CHASSER HORS DE LEURS ZONES RESPECTIVES ! ILS N'ONT PAS BIEN DIGÉRÉ ENCORE LES " GROS OS " DE LA YOUGOSLAVIE ET DE LA TCHÉCOSLOVAQUIE.. ET CRAIGNENT DE SE VOIR UN JOUR FRAPPÉS D'INDIGESTION SUBITE ET D'AVOIR À LES VOMIR... MAIS LA MÊME CHOSE EST VALABLE POUR L'OURS S'IL DÉCIDE À AVALER L'OS DUR UKRAINIEN... À MOINS QU'IL VOMISSE D'AUTRES OS QU'IL ESSAIE D'AVALER ET DE DIGÉRER ET QUI LUI CRÉENT DES DOULEURS ABDOMINALES !

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