X

À La Une

En Syrie, 5,5 millions d'enfants sont touchés par un conflit dévastateur

conflit

Sept morts dans un attentat suicide à Qamichli ; 22 personnes "exécutées" par des jihadistes de Daech.

OLJ/AFP
11/03/2014

Le nombre d'enfants touchés par la guerre en Syrie a plus que doublé au cours de la troisième année du conflit, atteignant 5,5 millions, selon un rapport du Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) publié mardi.

Dans ce rapport, intitulé "En état de siège - trois années d'un conflit dévastateur pour les enfants en Syrie", l'Unicef affirme qu'un million d'enfants se trouvent dans des zones assiégées ou inaccessibles et réclame plus d'aide humanitaire.

"Privés d'aide, vivant dans des décombres et luttant pour trouver de la nourriture, de nombreux enfants syriens se sont retrouvés sans aucune protection, aide médicale ou soutien psychologique et ont peu ou pas accès à l'éducation", selon le rapport. "Dans les pires cas, des femmes enceintes et des enfants ont été délibérément blessés ou tués par des tirs de snipers", ajoute-t-il.

Selon l'Unicef, dont le rapport "illustre les profonds traumatismes vécus" par les enfants syriens, plus de deux millions d'entre eux ont besoin d'un traitement ou d'un soutien psychologique.
"Pour les enfants syriens, les trois dernières années ont été les plus longues de leur vie. Doivent-ils endurer une autre année de souffrance?", s'est insurgé le directeur exécutif de l'Unicef Anthony Lake, cité dans le rapport.

"La violence, l'effondrement du système éducatif et des services de santé, la profonde détresse psychologique et la détérioration de la conjoncture économique concourent à dévaster une génération" d'enfants syriens, souligne le texte.

 

"Un prix inacceptable"
Hors du pays, 1,2 million d'enfants sont désormais réfugiés et vivent dans des conditions où l'accès à l'eau potable, à la nourriture ou à l'éducation sont limités. Selon l'Unicef, un enfant syrien réfugié sur 10 travaille et 25% des Syriennes dont le mariage a été enregistré en Jordanie étaient mineures.

"Le prix que paient les enfants est réellement inacceptable", a déclaré la représentante adjointe de l'Unicef en Syrie, Hamida Lasseko, lors d'une conférence de presse à Genève. Beaucoup d'enfants ont vécu des histoires horribles, a-t-elle déploré.

Elle a décrit le cas d'une fillette de cinq ans que des travailleurs de l'Unicef ont trouvée errant dans les environs de Homs après l'évacuation de zones assiégées en février. "Sa mère était morte dans les bombardements la veille", a expliqué Mme Lasseko.

"Cette guerre doit prendre fin pour que les enfants puissent rentrer chez eux et reconstruire leurs vies en sécurité auprès de leur famille et de leurs amis. Cette troisième année (de conflit) dévastatrice pour les enfants syriens doit être la dernière", a martelé M. Lake.

 

(Lire aussi : La guerre transposée de Damas à Londres fait un tabac sur le net)

 

Le nombre d'enfants touchés par cette guerre représente "déjà la population d'un pays comme la Finlande ou le Danemark", a rappelé à Genève le porte-parole de l'Unicef pour la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, Simon Ingram. Il a dit qu'il espérait que le rapport, qui détaille la façon dont plus de 10.000 enfants ont été tués et beaucoup d'autres mutilés durant le conflit, provoquerait un sentiment d'indignation et de colère. 

 

Un 3e camp de réfugiés en Jordanie
Toujours sur le plan humanitaire, l'ouverture, en avril, d'un troisième camp de réfugiés en Jordanie "tombe à pic" alors que le nombre de personnes traversant la frontière a augmenté de 50%, atteignant une moyenne de 600 par jour, a jugé mardi le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR). Le camp de Azraq, situé à une centaine de km à l'est d'Amman, ouvrira ses portes le 30 avril et pourra être en mesure d'accueillir jusqu'à 130.000 personnes, selon le HCR.

Ce flux de réfugiés n'a de cesse d'accroître la pression sur le gigantesque camp de Zaatari qui abrite plus de 100.000 personnes, dont 58% sont des enfants. La Jordanie dispose d'un autre camp de réfugiés, Mureijeb Fhud, accueillant environ 4.000 réfugiés. Le camp de Azraq pourra, lui, recevoir jusqu'à 2.000 nouvelles personnes par jour, et dispose déjà d'abris pour 13.000 personnes, ainsi que d'équipements sanitaires pour 30.000 personnes, selon M. Edwards.

En outre, plus de 100 km de routes ont été construits, ainsi qu'un système distribution de l'eau, deux écoles et un hôpital doté de 130 lits.

Le conflit en Syrie a fait plus de 140.000 morts et déplacé des millions de personnes de leur foyer depuis mars 2011. Actuellement, près de 2,6 millions de Syriens ont quitté le pays, s'installant principalement dans les pays voisins: 962.000 au Liban, 584.600 en Jordanie, 634.000 en Turquie, 227.000 en Irak et 135.000 en Egypte, selon le HCR.

 

Triple attentat suicide à Qamichli
Sur le terrain, au moins sept personnes ont été tuées mardi dans un triple attentat suicide mené par des jihadistes contre un hôtel dans la ville kurde de Qamichli, dans le nord-est de la Syrie, a indiqué une ONG.


Trois hommes ont fait détoner leurs ceintures d'explosifs dans l'hôtel Hadaya à Qamichli, tuant sept personnes, dont quatre femmes, a précisé l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). L'agence officielle Sana a fait état de cinq morts dans l'attaque.

Les auteurs de l'attentat sont des membres de Daech (l'Etat islamique en Irak et au Levant -EIIL), le groupe jihadiste le plus radical de Syrie.

Un militant kurde sur place a indiqué à l'AFP que l'hôtel était une base des forces de sécurité kurdes "Asayish", mais qu'il ignorait si les victimes étaient des membres de ces forces.

 

Des jihadistes de Daech ont en outre exécuté au moins 22 personnes par balle et à l'arme blanche, après avoir pris le contrôle du secteur de Choyoukh, en banlieue de Jaraboulous", près de la frontière turque dans le nord de la Syrie, a déclaré à l'AFP le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, précisant qu'"au moins 12 rebelles armés" figuraient parmi les personnes exécutées.



 

Témoignage
Anna, Syrienne : "Nous avons perdu notre patrie et nos rêves de liberté"

Lire aussi
En Syrie, faute de matériel médical, des enfants blessés sont amputés

À la une

Retour à la Une

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Dernières infos

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

A WEEKLY EDITION CURATED AND
PERSONALIZED BY OUR EDITORIAL TEAM

SIGN UP TO OUR NEWSLETTER IN ENGLISH

More Info See Sample
x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

L'Orient-Le Jour vous offre 5 articles

Nous sommes un journal indépendant, nous chérissons notre liberté qui découle de notre autonomie financière comme de nos principes éthiques. Votre soutien, cher lecteur, est plus que nécessaire pour pérenniser nos initiatives.

Je poursuis la lecture

4

articles restants