Rechercher
Rechercher

Liban - La situation

Un cabinet Salam dans les 48 heures, sinon... Hariri ?

Le Premier ministre désigné, Tammam Salam, a reçu en audience le ministre roumain des Émigrés, Christian David. Photo Dalati et Nohra

Ce qui est navrant, dans la longue guerre d'usure que Michel Aoun livre au Premier ministre désigné, Tammam Salam, c'est que le conflit, commencé comme une controverse sur la procédure de nomination des ministres et la distribution des portefeuilles, s'est transformé en conflit de personnalités.


Le chef du CPL a de nouveau fait savoir hier qu'il exige des portefeuilles ministériels bien précis, notamment l'Énergie et peut-être aussi les Affaires étrangères, au mépris de tout pouvoir d'appréciation du Premier ministre et comme s'il formait lui-même son segment du gouvernement.
Ce faisant, Michel Aoun ne laisse au Premier ministre désigné que deux options : former un gouvernement conforme à ses exigences ou ... se désister et perdre la face. De fait, la rue sunnite a commencé à railler M. Salam pour son attentisme et souhaite qu'il ne cède plus à ce qu'elle considère comme « un chantage » de la part de Michel Aoun et qu'il aille de l'avant.
En tout état de cause, dans son argumentaire, M. Aoun a clairement fait allusion hier à la possibilité d'une vacance au niveau de la présidence, et avancé cet argument pour justifier que le gouvernement, qui doit assumer les fonctions présidentielles, en l'absence d'un successeur à M. Sleiman, soit représentatif des forces politiques réelles du pays. Un remake républicain du fameux « l'État, c'est moi » du Roi-Soleil.


Selon la chaîne OTV, M. Aoun serait en outre certain qu'en cas de gouvernement « de facto » même équilibré, mais pas à son goût, le retrait des ministres représentant le CPL entraînera celui de tous ses alliés du 8 Mars, sans exception, à commencer pas le tandem Amal-Hezbollah. Et dans ce cas de figure, le PSP n'aurait plus besoin de suivre l'exemple, puisque le gouvernement aura chuté de lui-même.

 

Aoun roule pour Hariri ?
Pour certains observateurs, il ne fait pas de doute que M. Aoun tente moins de régner en maître sur le prochain gouvernement que de pousser M. Salam à se désister, dans le but de lui substituer... Saad Hariri, qu'il a rencontré en secret à Rome, lors d'un récent mais discret voyage. Que se sont dit dans la capitale italienne Michel Aoun et Saad Hariri ? On n'en sait rien, sinon que tous deux sont convenus de garder là-dessus le plus grand mutisme. Interrogé là-dessus par les journalistes, M. Aoun a opposé à l'information un « no comment » qui en est une confirmation indirecte. À ceux qui s'interrogent sur la raison qui a conduit les deux hommes à se rencontrer à Rome, la réponse pourrait être simplement parce qu'à Paris, tout le monde l'aurait su. Mais est-il concevable que Saad Hariri veuille se substituer à M. Salam ? La seule objection de taille, que l'on opposerait à l'hypothèse, c'est que l'on voit mal Saad Hariri poignarder ainsi M. Salam dans le dos.


Par contre, le rapprochement imperceptible, mais réel, qui se fait entre Riyad et Téhéran, sous l'impulsion des États-Unis, pourrait en effet avoir changé la donne. Pour commencer, il rend plausible un éventuel retour de M. Hariri au Liban, pour peu que ce dernier ait reçu des assurances sur sa sécurité. La fin de son exil volontaire le qualifierait de nouveau à être désigné Premier ministre dans un gouvernement où plus personne ne possèderait plus le pouvoir de blocage.

 

L'heure « H » approche
Quoi qu'il en soit, aussi bien le chef de l'État que M. Salam ont fait savoir hier, indirectement ou par le biais de leurs visiteurs, que l'heure « H » approche à grands pas et que la promulgation du décret de formation du nouveau gouvernement ne saurait plus tarder. On a même parlé hier d'un ultime délai de 48 heures, sachant qu'un tel délai a déjà été posé une demi-douzaine de fois déjà, sans que l'on ne voit M. Salam passer à l'action.

Pour sa part, le président Sleiman a très clairement dit qu'il prépare en ce moment son discours-bilan d'adieu et qu'il ne laissera en aucun cas le siège de la présidence vacant, sachant que, faute d'une élection présidentielle dans les délais, c'est le gouvernement réuni qui assume les fonctions présidentielles.

De son côté, M. Salam reste d'une discrétion irritante. Fort heureusement, ses visiteurs sont parfois, à leur insu, plus bavards. C'est ainsi qu'à sa sortie hier d'une entrevue avec M. Salam, le ministre roumain des émigrés a confié à des amis avoir entendu le Premier ministre annoncer que la formation du nouveau gouvernement est imminente.


Si elle intervient dans les prochaines heures, l'annonce du nouveau gouvernement coïncidera avec celle d'un mémoire, ou d'une nouvelle charte préparée à Bkerké, et qui doit être rendue publique aujourd'hui. La charte ne comprendra rien de nouveau, fait-on savoir dans les milieux concernés, mais fera le point de la situation et placera les dirigeants libanais devant leurs responsabilités. Elle sera une espèce de feuille de route visant à reconstituer des institutions vidées de leurs fonctions par l'absence de consensus national.
Il est superflu de souligner combien cette absence d'autorité centrale est préjudiciable pour la sécurité nationale. La multiplication des attentats-suicide est là pour le faire, surtout si l'on sait que les services de renseignements de l'armée et des FSI ne coordonnent pas leur travail, étant différemment polarisés, sur le plan politique.


Fort heureusement pour le Liban, les États-Unis et l'Europe semblent tenir à sa stabilité. De ce fait, il en reçoit des appuis qui peuvent être fort concrets. Comme celui qui a récemment permis d'arrêter Omar el-Atrache, dont un conseil d'ulémas tente en vain d'obtenir la libération.

 

Lire aussi
Aoun dénonce des consultations incomplètes et partiales


Sleiman a donné ses instructions pour préparer son discours de départ

Mikati évoque un « momentum » régional favorable à un nouveau gouvernement


Ce qui est navrant, dans la longue guerre d'usure que Michel Aoun livre au Premier ministre désigné, Tammam Salam, c'est que le conflit, commencé comme une controverse sur la procédure de nomination des ministres et la distribution des portefeuilles, s'est transformé en conflit de personnalités.
Le chef du CPL a de nouveau fait savoir hier qu'il exige des portefeuilles ministériels bien...

commentaires (8)

Mabrouk donc pour M.Hariri et merci M.Salam .Attendons donc quelques heures pour s'assurer de cette nouvelle .

Sabbagha Antoine

13 h 03, le 05 février 2014

Tous les commentaires

Commentaires (8)

  • Mabrouk donc pour M.Hariri et merci M.Salam .Attendons donc quelques heures pour s'assurer de cette nouvelle .

    Sabbagha Antoine

    13 h 03, le 05 février 2014

  • AH LES RUMEURS. RENCONTRE SECRÈTE AOUN/HARIRI C'EST DU PIPO, UNE SIENCE FICTION. IMAGINEZ UNE MINUTE LA GEULE DE SAMIR GEAGEA SI CETTE RENCONTRE EST CONFIRMÉE. OU BIEN QU'IL SOIT INFORMÉ. ÇA VAUT DIRE QU'IL EST D'ACCORD ! QUI CROIT À ÇA ? L'IRAN VIA SON MERCENAIRE HASSAN NASRALLAH VA-IL CÉDER D'UN SEUL COUP LE GOUVERNEMENT DU LIBAN À L'ARABIE SAOUDITE VIA SON MERCENAIRE SAAD HARIRI ? JE VEUX IMAGINER QUE JE SUIS DEVENU FOU ET QU'IL Y A DU VRAI DANS CES HISTOIR. MAIS JE PEUX PAS OUBLIER QUE L'AGENT SECRET WALID BEK JOUMBLATT EST TOUJOURS LÀ, SA MISSION EST: "je me base sur l'historique de la famille" DE TROUVER TOUJOURS UN MOYEN SOUVENT EN SURPRISE À LA DERNIÈRE MINUTE POUR CASSER ET ÉTOUFFER DANS L'OEUF TOUT ESPOIR DE RAPPROCHEMENT ENTRE LIBANAIS. CHACUN A SA VÉRITÉ, C'EST LA MIENNE.

    Gebran Eid

    12 h 36, le 05 février 2014

  • POURPARLERS DE HARIRI AVEC LE GÉNÉRALISSIME. L'ISSIME COMME PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE ? ET POURQUOI PAS ?

    LA LIBRE EXPRESSION DEFIE LA CENSURE

    09 h 01, le 05 février 2014

  • LE MINISTÈRE DE L'ENERGIE POUR LE GENDRISSIME... OU... LE DÉLUGE !!!

    LA LIBRE EXPRESSION DEFIE LA CENSURE

    08 h 36, le 05 février 2014

  • Ce roman à la Agatha Christie n'est plus un casse-tête, c'est un casse-pieds !

    Halim Abou Chacra

    05 h 09, le 05 février 2014

  • "Il est superflu de souligner combien cette absence d'autorité centrale est préjudiciable pour la sécurité nationale. Fort heureusement pour le Liban, les États-Unis et l'Europe semblent tenir à sa stabilité. De ce fait, il en reçoit des appuis fort concrets. Comme celui qui a permis d'arrêter Omar el-Atrache, dont un conseil d'ulémas tente en vain d'obtenir la libération." ! Dommaaage qu'ils ne prodiiiguent pas plus d'appuiiis à ce pays en vue bien entendu de l'arrestation des 5 fugitifs de ce hézébbballâhlâh réclamés par le Tribunal HARIRI ! Yîîîh, dommaaage yâ allâh !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    05 h 06, le 05 février 2014

  • Si elle intervient dans les prochaines heures, l'annonce du nouveau gouvernement coïncidera avec celle d'un mémoire, ou d'une nouvelle charte préparée à Bkerké, et qui doit être rendue publique aujourd'hui." ! Allâh yésstorre ; pas maintenant ! Wâïnak yâ Batrak Primordial Sfééér !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    04 h 59, le 05 février 2014

  • "Mais est-il concevable que Saad Hariri veuille se substituer à M. Salam ? La seule objection de taille, que l'on opposerait à cette hypothèse, c'est que l'on voit mal Saad Hariri poignarder ainsi M. Salam dans le dos." ! Ce qui est déjà suffisant, non ?

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    04 h 56, le 05 février 2014

Retour en haut