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Liban - Assassinat Chatah

Le 14 Mars refuse de « se soumettre ou se faire assassiner »

 « La modération assassinée » annoncerait une nouvelle série d'attentats.

L'ancien Premier ministre Fouad Siniora, entouré de personnalités du 14 Mars. REUTERS/Hussam Shebaro

À la réunion prévue entre des personnalités du Nord à la Maison du Centre pour débattre de la situation à Tripoli, s'est substitué un recueillement de près de cinquante figures du 14 Mars pour annoncer le deuil de l'ancien ministre Mohammad Chatah. C'est l'assassinat d'une « éminente figure de modération et d'ouverture » qui a été stigmatisé, mais aussi le message de mort et de menace que porte cet attentat au 14 Mars.

 

 


« Nous vous faisons part du décès de notre martyr héros, le compagnon de lutte et symbole de la modération, de l'ouverture et du dialogue, Mohammad Chatah, tué ce matin (hier) par le criminel que vous savez, que vous avez en tête et que vous pointez du doigt. Le criminel qui nous menace chaque jour, le criminel dont nous empêcherons la victoire et qui ne la connaîtra jamais », a affirmé l'ancien Premier ministre Fouad Siniora en lisant le communiqué du 14 Mars à l'issue de la réunion. « Le meurtrier est le même, celui qui est assoiffé du sang syrien comme du sang libanais (...) de Beyrouth à Tripoli (...) à l'ensemble du Liban, le meurtrier est le même, lui est ses alliés libanais, de Deraa à Alep, à Damas, à toute la Syrie », a-t-il ajouté, dans une allusion à peine voilée au régime syrien et au Hezbollah .

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« Depuis octobre 2004 (tentative d'assassinat de Marwan Hamadé, NDLR) jusqu'à aujourd'hui, à deux semaines de l'ouverture du procès devant le Tribunal spécial pour le Liban, le meurtrier est le même et vise les héros du Liban (...) ceux de l'indépendance et de la liberté ; face au criminel connu, dont le monde observe les crimes », a-t-il encore insisté.

 

« Le Liban ne s'agenouillera pas »
« Le message adressé en lettres de sang a été reçu, et notre réponse pour le monde, les Arabes et les Libanais, les fils de Tripoli et de Beyrouth est la suivante : c'est le Liban de la liberté, de la dignité et de la coexistence, c'est ce Liban-là qui demeure, tandis que les tyrans sont voués à disparaître, a-t-il ajouté, s'adressant aux Libanais. Le Liban ne mourra pas, ni ne s'agenouillera, ni ne baissera les armes. Le Liban demeure parce qu'il était là avant nous et restera après nous. »
Précisant que « la liste des martyrs risque encore de s'allonger parce que l'assassin n'a pas fini de faucher la vie des héros libanais et des héros du 14 Mars », le communiqué a souligné « la nécessité de joindre cet assassinat aux dossiers soumis au Tribunal spécial pour le Liban ».

 

(Lire aussi: Sleiman souligne « la détermination des Libanais à faire face au terrorisme »)


Notons que les personnalités présentes à la Maison du Centre avaient estimé que l'attentat est « une mise en garde contre le retour au Liban de l'ancien Premier ministre Saad Hariri ». Plusieurs personnalités ont estimé en outre que l'explosion présagerait d'une série d'attentats similaires à ceux de 2005.

 

« La technique de pointe du Hezbollah »
C'est en tout cas en termes clairs que le membre du bureau politique du courant du Futur Moustapha Allouche a pointé du doigt « le Hezbollah qui, avec le projet de wilayet el-faqih, est derrière l'assassinat de Mohammad Chatah ». Renvoyant au « discours de sayyed Hasan Nasrallah (secrétaire général du Hezbollah) en réaction à la déclaration du 14 Mars à Tripoli », qu'il avait qualifiée de déclaration de guerre, l'ancien député a affirmé que « nous savons comment le Hezbollah répond à ce genre de déclarations, tout comme nous savons la technique de pointe qu'il détient en matière de terrorisme ».

 

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Par ailleurs, le député Boutros Harb a insisté sur le message adressé via l'assassinat de Mohammad Chatah, qui « concerne toute la classe politique et vise à accentuer la crise (...) en neutralisant tout dialogue sérieux ». « Même si ce genre de messages complique la situation, une chose est certaine : le crime ne pourra pas ébranler les positions du 14 Mars. »
Intransigeant, le député des Forces libanaises Antoine Zahra a affirmé que « la capitulation n'est pas une option pour le 14 Mars, quel que soit le nombre de ses martyrs ».
« Le message est clair : soit la soumission, soit la liquidation », a ajouté le Amid du Bloc national Carlos Eddé.

 

Message contre la distanciation
Pour le député Marwan Hamadé, ce message vise d'abord les modérés, comme Mohammad Chatah « qui se consacrait ces derniers temps à un projet sur les moyens de consolider la politique de distanciation ». Le message véhiculé par l'attentat s'adresserait ainsi « à la modération du président de la République, à la désignation de Tammam Salam et au financement, par le biais du Premier ministre Nagib Mikati, de la part du Liban au TSL ». « Le message vise également toute personne qui témoigne devant le TSL sur l'implication de cinq éléments du Hezbollah dans l'assassinat du président Rafic Hariri », a-t-il précisé, associant en outre l'assassinat à l'échéance de la formation d'un nouveau gouvernement. C'est la personne de Mohammad Chatah que Nazek Rafic Hariri a mise, par ailleurs, en valeur, celle « d'un pionnier du dialogue et de la modération ».

 

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« Un homme d'État »
L'ancien ministre Michel Béchara el-Khoury a déclaré de son côté que « Mohammad Chatah n'était pas un homme ordinaire ». L'acuité de son intelligence, la finesse de ses analyses, l'ampleur de son savoir, tant en économie qu'en politique, faisaient de lui un homme d'État dans toute l'acception du terme, a-t-il souligné. « Membre d'un groupe dont il défendait assurément les idées, il n'en était pas moins capable d'en reconnaître les imperfections », a-t-il relevé.

 

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Le député Nabil de Freige a estimé que « c'est cette modération qui a fait de Mohammad Chatah la victime des extrémismes ». Et de lancer fermement, à l'adresse du 8 Mars : « Les condamnations de l'assassinat ne suffiront pas. »
Le député Kataëb Samy Gemayel a souligné que la victime « était au cœur du 14 Mars, non centriste, mais très modérée ».
Alors que la Jamaa islamiya a estimé que « l'assassinat de Mohammad Chatah place le Liban au bord du chaos », le député Imad Hout a appelé à « lever la couverture sur chaque suspect dans chaque attentat ».

 

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