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À La Une - Conflit

Appel du pape pour les soeurs de Maaloula et les otages en Syrie

Assad mènera la période de transition, assure le ministre de l'Information.

Un soldat syrien observe, le 3 décembre 2013, une position rebelle, près de Narbak, dans la région de Qalamoun, où s'affrontent les deux camps. AFP/SAM SKAINE

Le pape François a lancé mercredi un appel pour les douze sœurs orthodoxes emmenées par des hommes armés dans la localité de Maaloula, dans le nord de la Syrie. A l'issue de l'audience générale sur la place Saint-Pierre, le pape a évoqué devant 30.000 fidèles le sort "des moniales du monastère gréco-orthodoxe de Sainte Tecla à Maaloula en Syrie, qui ont été emmenées par la force par des hommes armés". "Nous prions pour ces soeurs et pour toutes les personnes enlevées en raison du conflit", a-t-il ajouté, prononçant ensuite un Ave Maria pour elles en latin.

Le nonce apostolique à Damas, Mgr Mario Zenari, avait indiqué mardi à l'AFP que les douze religieuses, syriennes et libanaises, qui s'occupaient d'orphelins, avaient "été contraintes par un groupe armé de quitter le monastère par la force" puis conduites vers Yabroud, au nord de Maaloula. Mgr Zenari était resté prudent sur un éventuel enlèvement, et le pape François a observé la même prudence en ne parlant pas directement d'enlèvement pour elles.

Interrogée au téléphone, la mère supérieure d'un couvent situé à Sadnaya (sud), Sivronia Nabhane, a assuré avoir pu parler avec la supérieure de Maaloula, Pelagia Sayyaf, lundi soir. Elle a affirmé qu'"elle et les onze autres religieuses, accompagnées de trois jeunes domestiques, étaient confortablement installées dans une maison de Yabroud".

 

Du côté du régime, l'on parle sans détour d'un "enlèvement" des religieuses, conduite à Yabroud pour servir "aux terroristes", de "boucliers humains", selon le quotidien al-Watan, proche du pouvoir à Damas.

Yabroud est, en effet, le prochain objectif de l'armée syrienne, qui avec le Hezbollah et des combattants chiites irakiens, mène une offensive pour s'emparer de la région stratégique de Qalamoun, au nord de Damas, à la lisière avec le Liban.

 

 La région de Qalamoun.

Les forces gouvernementales ont d'ailleurs "pilonné dans la nuit de mardi à mercredi des zones dans la ville de Yabroud, faisant des blessés", a indiqué mercredi l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). "Un officier de l'armée syrienne a été tué dans des combats avec le Front al-Nosra (affilié à el-Qaëda) et des bataillons islamiques dans le périmètre de la ville de Maaloula", ajoute l'OSDH.

Des rebelles syriens, dont des jihadistes du Front al-Nosra se sont emparés lundi de la totalité de la ville chrétienne de Maaloula, selon l'OSDH. Située à 55 km au nord de Damas, Maaloula compte un grand nombre d'églises et doit sa renommée à ses refuges troglodytiques datant des premiers siècles du christianisme. La majorité de ses habitants chrétiens sont grecs-catholiques et parlent l'araméen, la langue du Christ.

 

A gauche, l'église catholique arménienne des Martyrs à Raqqa, le 13 septembre 2013. A droite, la même église, le 4 décembre 2013. Sur sa façade, des drapeaux de l'Etat islamique d'Irak et du Levant (EIIL), un groupe de rebelles proche d'el-Qaëda, qui tient cette ville du nord de la Syrie. AFP/ Mohamed Abdul Aziz/ OSDH

 

Assad restera le président de la Syrie

Sur le plan politique, le ministre syrien de l'Information a assuré que Bachar el-Assad "mènera la période de transition" en cas d'accord lors de la conférence de paix prévue en janvier à Genève.

"Si quelqu'un pense que nous allons à Genève 2 pour remettre les clés de Damas (à l'opposition), mieux vaut qu'il n'y aille pas", a indiqué Omrane al-Zohbi dans une interview mardi soir à la chaîne al-Mayadeen basée à Beyrouth, selon des déclarations reprises par l'agence officielle syrienne Sana. "La décision revient au président Assad, il va mener la période de transition, si on y arrive. Il est le leader de la Syrie (...) et il restera le président de la Syrie", a-t-il ajouté.

 

Le ministre a, par ailleurs, fustigé l'Arabie saoudite, qui soutient la rébellion, affirmant que le régime de Damas refusait la participation de Ryad à Genève 2. "Il n'y a plus rien à préserver dans la relation avec l'Arabie saoudite après son intervention directe dans la guerre contre la Syrie", a lancé le ministre.

(Lire aussi : Pour Nasrallah, l'Arabie saoudite pourrait être impliquée dans l'attentat contre l'ambassade d'Iran)

Lundi, l'émissaire spécial de l'ONU et de la Ligue arabe Lakhdar Brahimi a renouvelé son souhait que l'Iran, qui soutient le régime, et l'Arabie saoudite participent à la conférence prévue le 22 janvier. L'opposition syrienne refuse de son côté la participation de Téhéran, qui a envoyé ses experts militaires en Syrie pour soutenir l'armée syrienne.

 

Le ministre syrien a enfin indiqué que "des Etats occidentaux mènent des contacts avec le gouvernement syrien et les services concernés sur des questions de lutte contre le terrorisme". Les pays occidentaux "sont conscients du danger" de la situation en Syrie, a-t-il poursuivi. Selon des diplomates joints par l'AFP, des ambassadeurs et des membres des services de renseignements européens ont repris discrètement depuis quelques mois le chemin de Damas pour prendre contact avec des responsables syriens, alors que le régime prend l'avantage sur les rebelles.

 

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Le pape François a lancé mercredi un appel pour les douze sœurs orthodoxes emmenées par des hommes armés dans la localité de Maaloula, dans le nord de la Syrie. A l'issue de l'audience générale sur la place Saint-Pierre, le pape a évoqué devant 30.000 fidèles le sort "des moniales du monastère gréco-orthodoxe de Sainte Tecla à Maaloula en Syrie, qui ont été emmenées par la force...
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