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Tarek Issa : « J’ai décidé de créer le job de mes rêves »

Liban-Campus À 28 ans, après des années charnière et formatrices, Tarek crée sa propre startup en France et prouve qu’on peut se lancer jeune.
Maya SOURATI | OLJ
16/11/2013

Il y a dix ans, les premiers jours de Tarek Issa, bachelier libanais en classe préparatoire à l’INSA de Strasbourg, ont l’effet d’une douche froide pour le jeune homme. « Je ne connaissais personne en France. J’ai débarqué à l’université avec mes valises, un 22 août. Je ne savais même pas où passer la nuit », raconte-t-il.
Choc climatique, dépaysement difficile, loin de sa famille, Tarek doit s’adapter à un nouveau style de vie complètement différent de ce qu’était le sien, sans compter les éprouvantes classes préparatoires. Cinq ans plus tard, son diplôme d’ingénieur en électronique et systèmes de communication de l’INSA de Rennes en poche et après un an d’échange en Finlande dans le cadre du programme Erasmus, tout prédestinait Tarek à trouver un emploi assez vite. « On m’avait dit que l’école d’ingénieurs m’ouvrirait grandes ses portes, mais la crise économique de 2008 en a voulu autrement », affirme-t-il, ironique. C’est une période difficile où le jeune homme collectionne les petits boulots avant de décrocher, en 2009, son premier emploi significatif. 

 

(Pour mémoire: Bader, engagé contre la « fuite » des jeunes entrepreneurs libanais)


Mais ce n’est pas la fin de ses tourments. « J’ai été déçu par le monde de l’emploi. Mon job ne correspondait pas à ce que je voulais faire. Il s’agissait essentiellement d’exécuter des tâches très précises », poursuit le jeune homme.
Deux ans et demi plus tard et un autre boulot, Tarek est plus épanoui mais cultive désormais l’idée que l’emploi de ses rêves n’existe pas et qu’il devra donc l’inventer. « Ça ne m’a jamais fasciné de passer 40 heures hebdomadaires à exécuter la même tâche. Mon rêve, au contraire, c’était d’en effectuer plusieurs dans des domaines différents tout en gravitant autour d’une seule et même passion : la communication. Après plusieurs mois de réflexion, je me suis rendu compte que ce qui m’intéresse vraiment, ce sont les relations humaines, la communication et les réseaux sociaux. J’ai alors eu l’idée de lancer un projet dans ce domaine. »

D’un statut à un autre
Mûrissant son idée, Tarek crée en 2013 une entreprise, SMG (Social Media Gang), spécialisée dans le conseil en réseaux sociaux et marketing digital. « Mon associée, Laetitia Laborie, et moi aidons les petites et moyennes entreprises à être présentes sur les réseaux sociaux qui sont devenus incontournables pour avoir des clients. Ces entreprises, généralement concentrées sur le cœur du métier, ont souvent du mal à avoir de la visibilité sur la Toile. » Pour Tarek, l’important est de faire un travail professionnel et surtout créatif qui aiderait ses clients à se distinguer des autres.
Les risques ? Tarek est parti confiant : « Quand on est jeune, le seul risque encouru est celui de sortir de sa zone de confort, car on n’a encore rien bâti de sérieux. C’est le moment ou jamais de prendre le risque de se casser la figure », explique-t-il.
Les réactions de son entourage ont été positives. « J’ai reçu un très grand support de ma famille, de mes amis et de mon associée. La plupart des gens étaient inspirés par ma décision. Quelques-uns avaient peur pour moi des risques pris, mais cela est compréhensible », poursuit-il.
Parmi les difficultés rencontrées, Tarek souligne l’absence de lisibilité des informations nécessaires pour lancer une entreprise, mais aussi les charges patronales élevées. « C’est le prix à payer pour devenir indépendant. »
Déterminé, il l’est et ne recule nullement devant les obstacles présents ou à venir. « Pour devenir entrepreneur, il faut une volonté de changer les choses, une vision différente, de l’audace, un peu d’organisation, beaucoup d’ambition, de la diplomatie et de la détermination », conclut-il.

 

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