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42 morts : A Tripoli, l'attentat le plus meurtrier depuis la fin de la guerre civile libanaise

Liban Une charge équivalente à près de 100 kilos de TNT devant l'une des deux mosquées visées par des voitures piégées.
olj.com
23/08/2013

Deux attentats à la voiture piégée ont été perpétrés, vendredi à Tripoli, dans le nord du Liban, a affirmé à l'AFP  un responsable des services de sécurité.

 

En soirée, des sources de sécurité avançaient un nouveau bilan de 42 morts. Il s'agit là de l'attentat le plus meurtrier perpétré au Liban depuis la fin de la guerre civile en 1990. Le précédent bilan avancé par la Croix-rouge libanaise était d'au moins 29 tués et 500 blessés, soit l'attaque. Beaucoup de blessés se trouvent "dans un état grave en raison de brûlures et de blessures à la tête", a indiqué Georges Kettané, directeur des opérations à la Croix Rouge libanaise.

 

Le double attentat a eu lieu peu avant 14h. La première explosion a eu lieu devant la mosquée al-Taqwa, dont le cheikh est Salem Rafei, alors que les fidèles sortaient de la prière du vendredi. A l'instar de cheikh Assir, cheikh Rafei avait appelé, en juin dernier, ses partisans au jihad en Syrie contre les forces de Bachar el-Assad.

Selon un cheikh de Tripoli interrogé par la LBC, cheikh Salem Rafei est sain et sauf et se trouve "dans un endroit sûr".

La mosquée se trouve dans le centre de Tripoli, près de la maison du Premier ministre sortant, Najib Mikati, qui n'était pas dans la ville, selon les services de M. Mikati.

 

La deuxième explosion a eu lieu devant la mosquée al-Salam, qui se trouve non loin du port de cette grande ville à majorité sunnite.

 

Selon le ministre démissionnaire de l'Intérieur, Marwan Charbel, la charge explosive devant la mosquée al-Salam était d’une puissance équivalente à près de 100 kilos de TNT. Le ministre n'était par contre pas en mesure de préciser la puissance de la charge déposée dans la voiture devant la mosquée al-Taqwa.

 



Carte réalisée par Elie Wehbé

 

Interrogés par la LBC, des témoins ont fait état de scènes de chaos et de panique dans l'enceinte de la mosquée.

Racha el-Halabi, la correspondante de L'Orient-Le Jour à Tripoli, a indiqué que les explosions ont eu lieu à deux minutes d'intervalle seulement. Les fenêtres de plusieurs immeubles proches des lieux des explosions ont été soufflées. A travers la ville, l'on entendant les sirènes des ambulances se ruant sur les lieux des explosions.

Des témoins ont également fait état de tirs intenses après les explosions.

 

Le correspondant de l'AFP a vu des corps carbonisés près de la mosquée Al-Taqwa d'où cinq corps d'enfants ont été retirés. Des personnes en pleurs étaient à la recherche de leurs proches.

 

Sur des images prises par les caméras de surveillance et diffusées par la LBC, on voit les fidèles, assis sur le sol, écouter le sermon de l'imam puis le souffle énorme de l'explosion suivie d'un mouvement de panique avec des gens courant dans tous les sens. Une porte saute et les fidèles, la plupart pieds nus, sortent en courant du lieu de culte.

 

(Témoignage : Taha, habitant de Tripoli : "Je me sens en danger, mais surtout perdu...")

 

Tripoli, à majorité sunnite, est, depuis le début de la crise syrienne, le théâtre de nombreuses éruptions de violences, notamment entre les quartiers historiquement rivaux de Jabal Mohsen, à majorité alaouite et pro-régime syrien, et Bab el-Tebbaneh, à majorité sunnite et anti-Assad.

Des centaines de personnes en colère se sont d'ailleurs rassemblées près de la mosquée al-Taqwa et ont scandé des slogans hostiles au Hezbollah et au régime syrien.

 

Cette nouvelle éruption de violence intervient huit jours après l'attentat perpétré à Roueiss, dans la banlieue-sud de Beyrouth, fief du Hezbollah chiite, allié du président syrien. L'explosion d'une voiture piégée, la deuxième en un peu plus d'un moins, a fait 27 tués et des centaines de blessés. L'attentat avait été revendiqué par un groupuscule syrien.

 

 

La vidéo postée par la chaîne LBC montrant les fidèles dans la mosquée al-Salam avant, durant et après l'explosion.


Les responsables libanais ont unanimement condamné les attentats, mettant en garde contre la menace de discorde qui plane sur le pays. Le chef du gouvernement sortant, Nagib Mikati, a décrété demain samedi un jour de deuil national.

 

(Voir les réactions aux attentats ici)

 

 

Débordements syriens

Ces derniers mois, la crise syrienne n'en finit d'attiser les tensions confessionnelles au Liban, divisé sur le conflit. Des combattants du Hezbollah prêtent main-forte aux troupes de Assad, alors que des éléments sunnites soutiennent la rébellion.

 

Mercredi dernier, le chef de l'armée libanaise, le général Jean Kahwaji, a affirmé que ses troupes étaient engagées dans une "guerre totale" contre le terrorisme qui tente, selon lui, de "provoquer une dissension confessionnelle" dans le pays. L'armée "poursuit depuis des mois une cellule terroriste qui prépare des voitures piégées et les envoie dans des quartiers résidentiels. Celle qui explosé à Roueiss était l'une d'elle", a déclaré M. Kahwaji. Pour lui, "la gravité, selon nos renseignements, réside dans le fait que cette cellule ne vise pas une région ou une communauté particulière mais elle cherche à provoquer une dissension confessionnelle en visant des régions différentes tant du point de vue confessionnel que politique".

 

Le week-end dernier, les services de sécurité ont découvert une voiture piégée à Naamé, au sud de Beyrouth, près de la municipalité. Le véhicule contenait une charge explosive de 250 kg, un mélange de TNT et d’autres substances inconnues ainsi que deux détonateurs et du matériel électrique. Repérée par les services de la Sûreté générale, la voiture de Naamé, une Audi portant une fausse plaque d’immatriculation, a mené les services concernés à l’arrestation de quatre personnes, des Libanais et des Palestiniens.


 

 

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Ali Farhat

Merci encore monsieur Bandar.. Reçu 5/5. Tuez lâchement autant que vous voulez, la discorde (fetna) entre sunnites et chiites tant recherchée par vos amis sionistes ne passera pas au Liban.. La guerre c'est comme le tango, il faut être a 2 pour la faire.. et les chiites dans leur totalité n'en veulent pas car ils savent bien qui est l'ennemi et ce sont pas leur méthodes, réagir en tuant aveuglement et sciemment des civils innocents dans la lutte contre leurs agresseurs.. Vous devriez apprendre déjà apprendre: combien de temps cela fait que vous tuez des irakiens à la voiture piégée et à la ceinture explosive?! hein?!

GEDEON Christian

NON et NON..;les Libanais ne se laisseront pas avoir...les Libanais.le problème,c'est qu'il n'y a pas que des Libanais au Liban...nous sommes devenus la poubelle du Proche Orient..;il nous faudrait un Mega Sukleen politique...mais les Libanais ,eux,ne se laisseront pas avoir.

Talaat Dominique

Est-ce le commencement d'un nouveau 1975 ?
les gens vont-ils réfléchirent ? Ou bien, écoutez les sirènes de la discorde ?

SAKR LOUBNAN

CE NE SONT PAS LES TRIPOLITAINS DERRIÈRE L'EXPLOSION DE DA7IYÉ COMME CE N'EST PAS LE HEZB DERRIÈRE LES EXPLOSIONS DE TRIPOLI. QUI CHERCHE À PLONGER LE PAYS DANS UNE GUERRE CIVILE EN METTANT LE FEU AUX POUDRES ? LES DEUX VOISINS. LES UNS POUR ENTRAÎNER LE HEZB DANS UNE GUERRE CIVILE À LA MAISON CROYANT AINSI POUVOIR LUI PORTER LE COUP DE GRÂCE... LES AUTRES PAR LES SERVICES DE CERTAINS "PARDONNEURS" POUR FORCER LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE AU SILENCE ET DÉTOURNER LES REGARDS DE CE QUI SE PASSE CHEZ EUX... LE DIALOGUE ET L'ENTENTE AUJOURD'HUI AVANT DEMAIN ! SINON ON EST PLUS CRIMINELS QUE LES CRIMINELS QUI SÈMENT LES VOITURES PIÉGÉES ET CHERCHENT À EMBRASER LE PAYS !

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