Deux combattants rebelles syriens prennent une pause sur un canapé, le 14 juin 2013, à Deir ez-Zor. REUTERS/Khalil Ashawi
Plus de 70 officiers ont déserté l'armée du régime du président syrien Bachar el-Assad, un mouvement d'une ampleur inédite depuis plusieurs mois et qui intervient après la décision américaine de livrer une "aide militaire", dont la forme n'a pas encore été précisée, aux rebelles.
Plus de 70 officiers, dont six généraux et 22 colonels, ont déserté ces 36 dernières heures pour rejoindre la Turquie voisine, qui soutient l'opposition, a précisé une source officielle turque.
Les pays occidentaux, soutiens de l'opposition, se sont jusque-là refusés à franchir le pas de la livraison d'armes aux rebelles par crainte de les voir tomber entre les mains d'islamistes radicaux. Mais la récente avancée militaire du régime, appuyé par le mouvement chiite libanais Hezbollah, les a contraints à réétudier dans l'urgence cette possibilité.
Des représentants des pays qui soutiennent l'opposition ont rencontré vendredi et samedi à Istanbul son chef militaire, le général Sélim Idriss, pour évoquer de possibles livraisons d'armes.
(Lire aussi : Le général Idriss, interlocuteur privilégié pour canaliser une future aide militaire ?)
La décision américaine de fournir une aide militaire, un tournant dans la stratégie de l'administration Obama, intervient après celle de l'Union européenne en mai de lever l'embargo sur les armes à destination de l'opposition, ouvrant la voie à un soutien occidental accru aux rebelles.
La Syrie a été en outre au centre des discussions entre le président américain Barack Obama et ses homologues européens en prévision du sommet du G8 qui se tient lundi et mardi en Irlande du nord et où les puissances débattront des moyens d'en finir avec le conflit dévastateur qui a fait plus de 93.000 morts selon l'ONU.
M. Obama a également discuté de la question des armes chimiques, son administration ayant clairement accusé le régime syrien, pour la première fois, d'avoir eu recours à un tel arsenal, des affirmations récusées par Damas et jugées "peu convaincantes" par son allié russe.
(Eclairage : Que change la levée par l'UE de l'embargo sur les armes destinées aux rebelles syriens ?)
Vendredi soir, M. Obama s'est ainsi entretenu avec le Premier ministre britannique David Cameron, le président français François Hollande, le Premier ministre italien Enrico Letta et la chancelière allemande Angela Merkel, selon la Maison Blanche. Il rencontrera ces mêmes dirigeants lors du sommet du G8.
Les armes chimiques éloignent toute solution politique
Moscou, également membre du G8 et fournisseur d'armes au régime de Damas, a prévenu que l'aide américaine compromettait les efforts de paix en Syrie, alors que la Russie et les Etats-Unis tentent d'organiser à Genève une conférence internationale en présence de représentants du régime et de l'opposition.
Le président russe Vladimir Poutine aura l'occasion d'en parler avec M. Cameron dimanche à Londres et avec M. Obama lundi lors de deux rencontres bilatérales. Washington et Moscou divergent également sur la question des armes chimiques, la Russie affirmant samedi que le président Assad, fort de l'avancée de ses troupes sur le terrain, n'avait pas besoin de recourir à de telles armes.
Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a pour sa part, et pour la première fois, prévenu samedi, lors d'un entretien au téléphone avec son homologue irakien Hoshyar Zebari, qu'une éventuelle solution politique au conflit syrien risquait d'être compromise par l'utilisation avérée d'armes chimiques par le régime.
Le secrétaire d'Etat a réaffirmé que les Etats-Unis continuaient d’œuvrer inlassablement à une solution politique avec l'objectif d'organiser une deuxième réunion à Genève", après celle du 30 juin 2012 qui avait dessiné les contours d'un règlement politique jamais appliqué en Syrie. "Mais l'utilisation d'armes chimiques et l'implication croissante du Hezbollah sont la démonstration du manque d'engagement du régime pour des négociations et menacent de rendre hors d'atteinte tout règlement politique", a indiqué samedi le département d'Etat.
Le Pentagone a par ailleurs confirmé samedi que les Etats-Unis allaient laisser des chasseurs de combat F-16 et des missiles Patriot en Jordanie, pays frontalier de la Syrie, après des manœuvres communes qui doivent s'achever la semaine prochaine.
Le Caire coupe les ponts avec Damas
Sur le plan diplomatique, le président égyptien Mohamed Morsi a annoncé samedi soir avoir coupé "définitivement" les relations avec le régime en place en Syrie.
L'Egypte "a décidé aujourd'hui de rompre définitivement les relations avec le régime syrien actuel, de fermer l'ambassade du régime actuel en Egypte et de rappeler son chargé d'affaires" à Damas, a déclaré le chef d'Etat devant des milliers d'islamistes rassemblés dans un stade du Caire pour une conférence de "Soutien à la Syrie".
Exhortant la communauté internationale à mettre en place "une zone d'exclusion aérienne" au-dessus de la Syrie, le président issu de la puissante confrérie des Frères musulmans a en outre affirmé que son pays avait "entamé des contacts avec des Etats arabes et musulmans afin d'organiser une réunion d'urgence de soutien" au peuple syrien.
M. Morsi a dénoncé l'intervention du Hezbollah, dont la participation a récemment été déterminante pour les troupes syriennes, face aux rebelles.
Alors que le modéré Hassan Rohani a créé la surprise samedi en remportant la présidentielle iranienne, la Coalition de l'opposition syrienne l'a appelé à revoir la position de son pays, allié du régime Assad. Depuis qu'a éclaté en mars 2011 une révolte populaire devenue guerre civile, l'Iran s'est opposé aux "aspirations du peuple syrien en continuant à soutenir le régime meurtrier d'Assad par tous les moyens politiques, militaires et économiques", a-t-elle accusé.
Sur le terrain, l'aviation et l'artillerie du régime bombardaient comme chaque jour des poches rebelles à Damas et dans ses environs, où les insurgés maintiennent leurs positions, ainsi que dans d'autres régions, notamment celle de Homs (centre), selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
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Plus de 70 officiers, dont six généraux et 22 colonels, ont déserté ces 36 dernières heures pour rejoindre la Turquie voisine, qui soutient l'opposition, a précisé une source officielle turque.
Les pays occidentaux, soutiens de l'opposition, se sont jusque-là refusés à franchir le pas de la livraison d'armes aux rebelles par crainte de les voir tomber entre les mains d'islamistes radicaux. Mais la récente avancée militaire du régime, appuyé par le mouvement chiite libanais Hezbollah, les a contraints à réétudier dans l'urgence cette...


OK...OK...mais depuis le temps qu'il y a des défections d'officiers à tout va,doit plus y avoir que des caporaux dans cette armée,non?
19 h 52, le 17 juin 2013