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Syrie

Le général Idriss, interlocuteur privilégié pour canaliser une future aide militaire ?

Le général Sélim Idriss apparaît comme un personnage modéré et l’interlocuteur privilégié des pays occidentaux. Ozan Kose/AFP

Le général Sélim Idriss, chef militaire le plus important au sein de la rébellion syrienne, apparaît comme un personnage modéré et l’interlocuteur privilégié des pays occidentaux pour canaliser une future aide militaire américaine.

 

Chef d’état-major de l’Armée syrienne libre (ASL) qui combat depuis deux ans les troupes du président Bachar el-Assad, cet homme de 55 ans contrebalance aux yeux des chancelleries occidentales la présence en Syrie de jihadistes se revendiquant d’el-Qaëda. Lorsque le sénateur républicain américain John McCain s’est rendu brièvement en mai en zone rebelle en Syrie et a rencontré le général Idriss, il a affirmé qu’il s’agissait d’une personnalité avec qui les États-Unis pouvaient travailler. « Le général Idriss et ses combattants partagent beaucoup de nos intérêts et valeurs », a indiqué M. McCain dans un communiqué début juin. « Ils combattent nos ennemis communs chaque jour en Syrie. Ils sont notre meilleur espoir pour une Syrie modérée libre (du président syrien Bachar el-Assad), de l’Iran et d’el-Qaëda », avait-il ajouté.

 

Ancien ingénieur militaire, Sélim Idriss avait fait défection en juillet 2012, avant d’être élu chef de l’état-major du Conseil militaire supervisant l’ASL en décembre dernier. Trilingue (arabe, anglais et allemand), il a étudié l’ingénierie à Damas et obtenu son doctorat en Allemagne. Il est père de cinq enfants, trois filles et deux garçons. Corpulent, moustachu et portant des lunettes, il est originaire de la province de Homs et est décrit comme un vrai leader par son entourage. « Il a une personnalité de leader, mais il est aussi connu pour son côté diplomatique », affirme Louaï Moqdad, coordinateur politique et chargé des médias au sein de l’ASL. « C’est un homme de consensus qui a le respect des insurgés de l’intérieur comme du leadership militaire rebelle », ajoute-t-il, précisant qu’« il essaie tout le temps d’arrondir les angles, d’éviter les conflits internes et de maintenir un équilibre entre les groupes sur le terrain ». « Il est perçu plus comme leader politique que commandant sur le terrain », écrivait en mars Elizabeth O’Bagy, analyste à Institute for the Study of War. « Il a été choisi non pas parce qu’il commande d’importantes forces sur le terrain ou pour son efficacité opérationnelle, mais en raison de sa capacité à servir de représentant politique et pour ses contacts personnels avec les responsables étrangers et surtout avec les fournisseurs d’armes », a-t-elle écrit.

 

D’ailleurs, le général rebelle a profité de son réseau de contacts à l’étranger pour réclamer à cor et à cri l’armement des rebelles, sous-équipés face à la puissance de feu de l’armée syrienne. Il estime également que l’inaction de la communauté internationale est à l’origine de la présence de combattants extrémistes au sein de la rébellion. « L’approche non interventionniste des États-Unis à l’égard de la Syrie ne fait qu’exacerber le conflit en permettant à des éléments antiaméricains et extrémistes de prendre de plus en plus pied dans le pays », avait-il écrit en mars dans un article publié par le magazine Foreign Policy. Avec la décision de Washington de fournir aux rebelles un soutien militaire, dont les contours restent vagues pour le moment, le général Idriss devrait donc être le principal interlocuteur pour la canalisation d’un éventuel arsenal. Selon des analystes, ce rôle lui donnerait une marge de manœuvre plus importante sur le terrain face à des groupes rebelles divisés et désorganisés. « Si les États-Unis décident d’envoyer des armes en Syrie via Idriss, cela va certainement accroître son rôle au sein de la rébellion », affirme Charles Lister, du IHS Jane’s Terrorism and Insurgency Centre. « En tenant les clés de la fourniture d’armes, Idriss sera au centre de l’attention de nombreux groupes rebelles », ajoute-t-il. Mais il prévient que la « montée en puissance » de groupes islamistes parmi les rebelles, avec chacun son soutien à l’étranger, « pourrait signifier une bataille d’influence entre modérés et groupes rebelles plus islamistes ».


(Source : AFP)


Le général Sélim Idriss, chef militaire le plus important au sein de la rébellion syrienne, apparaît comme un personnage modéré et l’interlocuteur privilégié des pays occidentaux pour canaliser une future aide militaire américaine.


 


Chef d’état-major de l’Armée syrienne libre (ASL) qui combat depuis deux ans les troupes du président Bachar el-Assad, cet...

commentaires (1)

"L'approche non interventionniste des Etats-Unis à l'égard de la Syrie, écrit le général Salim Idriss dans Foreign Affairs, ne fait qu'exacerber le conflit en permettant à des éléments antiaméricians et extrémistes de prendre de plus en plus pied dans le pays". Entendre que c'est la stupide passivité d'Obama qui a permis l'intrusion du front al-Nosra et ses similaires dans la révolution syrienne. A ne pas oublier qu'al-Nosra, à l'origine, est une création du régime criminel de Damas. Plus les Etats-Unis et l'Europe tardent à armer convenablement l'ASL, sous la houlette du général Idriss, plus l'ASL aura du mal à faire cesser la présence des islamistes extrémistes dans la révolution et la Syrie future. Obama a-t-il enfin compris ces données essentielles ?

Halim Abou Chacra

01 h 46, le 16 juin 2013

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Commentaires (1)

  • "L'approche non interventionniste des Etats-Unis à l'égard de la Syrie, écrit le général Salim Idriss dans Foreign Affairs, ne fait qu'exacerber le conflit en permettant à des éléments antiaméricians et extrémistes de prendre de plus en plus pied dans le pays". Entendre que c'est la stupide passivité d'Obama qui a permis l'intrusion du front al-Nosra et ses similaires dans la révolution syrienne. A ne pas oublier qu'al-Nosra, à l'origine, est une création du régime criminel de Damas. Plus les Etats-Unis et l'Europe tardent à armer convenablement l'ASL, sous la houlette du général Idriss, plus l'ASL aura du mal à faire cesser la présence des islamistes extrémistes dans la révolution et la Syrie future. Obama a-t-il enfin compris ces données essentielles ?

    Halim Abou Chacra

    01 h 46, le 16 juin 2013