L’étude a montré que les revenus trimestriels de ce secteur ont augmenté de 27 % sur les trois dernières années.
« Le secteur de la restauration continue de générer quelque 800 millions de dollars par an » (selon les derniers chiffres du ministère des Finances), a indiqué l’économiste Jad Chaaban à L’Orient-Le Jour après la publication d’une étude démontrant que la loi antitabac n’a pas grevé les revenus des restaurateurs libanais.
Selon le chercheur et auteur de l’étude publiée par l’Université américaine de Beyrouth (AUB), les revenus des restaurants libanais auraient même augmenté d’au moins 3 % quatre mois après l’entrée en vigueur.
« On s’attendait plutôt à une diminution de ces revenus, a ajouté M. Chaaban à L’OLJ, vu les conditions économiques et sécuritaires associées aux difficultés du secteur touristique. » Et pourtant, les restaurants ont affiché une hausse de 3 % de leurs revenus les quatre premiers mois (depuis l’application de la loi, à savoir le dernier trimestre de 2012), a ajouté le professeur en économie tout en précisant que le taux d’application de la loi était de 89 % (dans les établissements enregistrés auprès du ministère des Finances).
L’étude est basée sur les données compilées par la Lebanese Economic Association (LEA) à partir des données du bureau de la TVA au ministère des Finances.
Selon l’auteur, l’impact positif de la loi est dû à l’augmentation du nombre de clients « qui veulent boire, manger ou veiller dans une atmosphère non polluée par la fumée ». Ces nouveaux clients ont partiellement « compensé la baisse des revenus engendrée par les interdictions de voyage au Liban imposées par les pays du Golfe » en raison de l’instabilité politique et sécuritaire, a-t-il expliqué.
Par ailleurs, l’étude a montré que les revenus trimestriels de ce secteur ont augmenté de 27 % sur les trois dernières années. « Cela contredit les allégations faites par le syndicat des restaurateurs concernant la détérioration de la situation de ce secteur ces dernières années », note le chercheur, qui poursuit : « Malgré une fluctuation dans les revenus, la courbe générale était en hausse ces trois dernières années. »
(Pour mémoire : Loi antitabac : « L’anéantissement de la nightlife libanaise et de sa réputation... »)
De son côté, le président du syndicat des restaurateurs, Paul Ariss, s’est dit « étonné de ces chiffres vu les difficultés du secteur et le boycott du Liban par les monarchies du Golfe ». « Mais si cette étude dit vrai, cela démontre la vivacité des investissements dans les restaurants, a-t-il ajouté, rappelant que son syndicat est depuis le début pour une application stricte de la loi antitabac mais avec une dérogation pour les restaurants à caractère particulier comme ceux proposant des narguilés ou encore les boîtes de nuit. »
Depuis son entrée en vigueur, la loi antitabac suscite de vives réactions de la part des restaurateurs. En novembre dernier, le syndicat des restaurateurs indiquait que les pubs, cafés et établissements de nuit avaient accusé une baisse de plus de 60 % de leur chiffre d’affaires en deux mois d’application de la loi 174.
Les employés du secteur ont manifesté à plusieurs reprises, mais le gouvernement libanais est jusqu’à présent resté ferme et s’est engagé à faire appliquer la loi à travers le pays.
(Enquête : La loi antitabac vue par les étudiants)
Il n’en demeure pas moins que certains établissements ne l’appliquent pas, alors que d’autres l’ont « aménagée », instituant des zones fumeurs et non-fumeurs, alors que la loi interdit totalement la cigarette ou le narguilé dans un espace public fermé.
En décembre 2012, les observateurs de la campagne civile pour l’application de la loi 174 avaient relevé que « 62 % seulement des établissements visités appliquent la loi, le plus grand taux de violation étant enregistré par les cafés de narguilé, en raison sans doute de l’appel clair du syndicat des restaurateurs à ne pas respecter la 174 ».
Pour mémoire
Loi antitabac : la colère des professionnels
Selon le chercheur et auteur de l’étude publiée par l’Université américaine de Beyrouth (AUB), les revenus des restaurants libanais auraient même augmenté d’au moins 3 % quatre mois après l’entrée en vigueur.« On s’attendait plutôt à une diminution de ces revenus, a ajouté M. Chaaban à L’OLJ, vu les conditions économiques et sécuritaires associées aux difficultés du secteur touristique. » Et pourtant, les restaurants ont affiché une hausse de 3 % de leurs revenus...

