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Culture

Salle Pleyel, Ibrahim Maalouf marie le jazz à l’Orient

Jazz Il faut avoir vu et écouté Ibrahim Maalouf sur la scène prestigieuse de la salle Pleyel pour témoigner du mariage heureux
du maqâm oriental avec le jazz, quand il est porté par un souffle aussi inspiré, puissant et beau.
04/05/2013
Le jeune trompettiste franco-libanais de 33 ans Ibrahim Maalouf s’est forgé un nom parmi les plus grands jazzistes contemporains, non seulement par son immense talent, mais aussi par sa présence chaleureuse sur scène, où il décline avec bonheur son humour et noue un lien spontané, complice, avec un public conquis.
Son succès est indissociable de sa fameuse trompette à quarts de tons, inventée par son père, le virtuose Nassim Maalouf. Ce dernier, élève de Maurice André à Paris, revient au pays où il invente la trompette à quatre pistons afin de pouvoir jouer naturellement les quarts de tons des maqâms arabes et restituer au folklore musical libanais la justesse de ses notes. Ce grand musicien transmet sa passion à son fils Ibrahim quand celui-ci atteint l’âge de 9 ans. Après avoir suivi un cursus classique jusqu’au Conservatoire national supérieur de musique de Paris, Ibrahim à son tour donne une nouvelle dimension à cet instrument inédit en élargissant son répertoire au monde du jazz. Il réussit à imprimer sa signature unique dans cet univers exigeant, où seuls les grands perdurent.
Ce soir-là, à Pleyel, avec son quintette de musiciens doués, parmi lesquels un pianiste exceptionnel, Frank Woeste, et un saxophoniste de premier plan, Franck Turner, Ibrahim Maalouf s’est dépensé avec une grande générosité, faisant chanter le vent de son album de grande qualité Wind, sorti à l’automne dernier. Un album qui se veut un hommage à Miles Davis, notamment pour sa musique enregistrée pour le film de Louis Malle, Ascenseur pour l’échafaud. Mais Maalouf va bien au-delà dans l’originalité qui lui est propre. Capable de donner à la trompette le son velouté, profond, qui restitue une ambiance tantôt proche du grand saxo Stan Getz, tantôt rappelant le «Girl talk» du célèbre trompettiste Neal Hefti, mais avec ce quelque chose de plus, où tressaille l’âme de l’Orient. Provoquant le rire avec des notes ludiques pour aussitôt faire monter l’émotion dans la douceur d’un son apaisé. Alliant une liberté d’être à une folle créativité, une rare élégance dans la mise en valeur de ses musiciens à une capacité d’improvisation étonnante.
Pendant deux heures et demie, Ibrahim Maalouf a su emporter son auditoire vers le monde envoûtant de sa trompette magique, dont l’écho perdure longtemps après la fin du concert.

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Charles Fayad

En tournée avec son groupe, Ibrahim Maalouf a également donné un très beau concert à Bruxelles, à guichets fermés. Ce musicien de génie se défend d’être ""un trompettiste de jazz, mais c’est comme ça que ma musique est vendue… je ne suis pas un jazzman"", disait-il lors d’une interview. Etonnant non, mais quel que soit le genre, (Fusion ?), cette musique divine nous apporte du bonheur. J’ai beaucoup aimé le morceau "Suspicions" de son dernier cd WIND.

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