Béchara Roumieh a été enlevé en 1978 à Rayak.
Le jeune homme était accompagné de deux amis, Daniel Obeidi et Georges Kiwan, qui ont été relâchés peu de temps après. « Mon frère était combattant dans les rangs du Parti national libéral », raconte Élie Roumieh.
Lorsqu’elle a reçu la terrible nouvelle de l’arrestation de son fils, sa mère s’est rendue le soir même à Rayak. « On lui avait annoncé qu’on le relâcherait dans les vingt-quatre heures qui suivent, se souvient Élie Roumieh. Mais il y est resté quinze jours avant d’être transféré à la prison de Masnaa, où il est resté deux ans. Ma mère, ma sœur, mon frère et moi lui rendions visite toutes les deux semaines. En 1980, Béchara a été transféré à la prison de Mazzé en Syrie. »
Malgré tous les efforts déployés pour le rencontrer, la famille Roumieh n’a pu avoir de ses nouvelles que par le biais d’anciens détenus. En 1998, toutefois, lors de la libération de 121 détenus des prisons syriennes, « mon oncle l’a vu à Masnaa, affirme Élie Roumieh. Mais, arrivés au poste de la police militaire à Kfarchima, nous avons perdu sa trace ».
Refusant de céder à la fatalité, la famille a poursuivi son enquête. Elle a même intenté un procès contre Geryès Abdel-Ahad, qui aurait dénoncé Béchara aux SR syriens, « mais le procès n’a pas abouti ».
Brandissant des évidences « prouvant que mon frère est toujours en Syrie », Élie Roumieh s’insurge contre le gouvernement « qui n’a rien fait » pour ses fils. « Je ne baisserai pas les bras avant de le retrouver », conclut-il.


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