Liban

Les messages du pape feront l’objet d’un suivi dès son retour au Vatican

Dans les coulisses de la diplomatie
17/09/2012
L’accueil réservé au pape Benoît XVI a rassuré le Saint-Siège qui a pu constater l’enthousiasme manifesté par l’ensemble des communautés musulmanes et chrétiennes. Le souverain pontife a pu noter, à travers ses rencontres libanaises, que le pays du Cèdre a été épargné par la vague d’extrémisme religieux qui s’est renforcé au lendemain du printemps arabe.
D’après les commentaires recueillis auprès d’un ambassadeur européen qui a pris part aux cérémonies réservées au pape, que ce soit l’accueil à l’aéroport ou au palais présidentiel, ou encore lors de la célébration de la messe en bord de mer, ce sont autant de rendez-vous qui ont été marqués par une chaleur humaine exceptionnelle et un dynamisme et une sincérité inédits, le tout orchestré par un cortège impressionnant des forces de l’ordre, dont près de 5 000 officiers et membres de la garde présidentielle qui se sont attelés à la tâche d’assurer la sécurité du pape.
Selon des ambassadeurs libanais à qui l’on demandait comment allaient se traduire les messages politiques prononcés par Benoît XVI lors de sa visite, il faut s’attendre sur ce plan à un suivi soutenu dès le retour du pape à Rome, d’autant que le Saint-Siège a eu l’occasion de prendre connaissance des inquiétudes exprimées par ses interlocuteurs libanais, notamment les officiels et les personnalités religieuses qu’il a rencontrés et qui ont insisté, à l’unisson, sur l’importance de la coexistence pacifique entre chrétiens et musulmans.
Pour les diplomates précités, si l’un des objectifs du pape était de soutenir les chrétiens au Liban et dans le reste des pays du Machrek arabe, à savoir la Syrie, l’Irak, la Jordanie, la Palestine et l’Égypte, il est apparu que Sa Sainteté n’est pas inquiète au sujet de la sécurité des chrétiens du Liban, mais qu’elle est plutôt préoccupée par l’augmentation notoire de l’immigration parmi les jeunes, à la recherche d’opportunités de travail à l’étranger.
Pour ce qui est du deuxième objectif visé par cette visite, il consiste à protéger le Liban de la contagion de la crise syrienne, laquelle, à ce jour, s’est soldée par des destructions monstres et des massacres intercommunautaires, sans compter les 66 000 réfugiés qui ont fui au Liban.
Le troisième objectif du Vatican est d’œuvrer à épargner au pays du Cèdre toute confrontation militaire avec Israël, qui serait inéluctable si ce dernier venait à attaquer les installations nucléaires iraniennes, et ce en dépit des objections exprimées par le président américain, Barack Obama, qui ne peut que prendre en considération les capacités militaires iraniennes qui ne sauraient être ignorées, sans oublier qu’un tel affrontement ne manquera pas de viser les intérêts militaires américains dans la région, notamment les bases US installées dans un certain nombre de pays du Golfe arabe.
Des sources gouvernementales libanaises assurent que le Vatican peut jouer un rôle bien précis dans un tel cas de figure, sauf que la question relève d’une équation bien plus complexe, à savoir en premier lieu le conflit israélo-iranien ouvert et la crainte du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de voir l’Iran développer des armes nucléaires à but militaire, d’autant qu’il reste convaincu que l’Iran n’hésitera pas attaquer l’État hébreu en vue de l’anéantir.
Ceci, à la nuance près que le président Obama n’a pas été convaincu de l’ampleur des craintes affichées par le chef du gouvernement israélien, d’où une montée de la tension entre les deux hommes qui ne manquera pas de rejaillir lors de leur rencontre prochaine à New York, à l’occasion de l’Assemblée générale de l’ONU qui se tiendra dans une semaine.
Les sources diplomatiques affirment cependant que le Liban et le Vatican partagent les mêmes craintes au sujet d’une confrontation éventuelle entre l’Iran et Israël à la lumière surtout des informations que détiennent les cercles du Vatican aussi bien que les responsables libanais faisant état d’une riposte inévitable de la part du Hezbollah si l’État hébreu devait attaquer les installations nucléaires iraniennes. Dans ce cas de figure, le parti chiite ne se privera pas d’orienter ses fusées vers l’intérieur d’Israël, ce qui entraînera inévitablement une riposte israélienne dont l’armée a annoncé déjà la couleur, notamment à l’occasion des multiples manœuvres militaires effectuées à la frontière des deux pays.

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