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À La Une - L'orient Littéraire

Lire ! Oui, mais quoi ?

Quand on est née pratiquement entre les livres et qu’on a passé son enfance à dormir dans la bibliothèque de papa, lire est aussi naturel que son premier biberon. Sur les étagères de verre soigneusement fermées à clé afin de préserver mon innocence d’enfant, un titre entre tous m’intriguait : Les Fleurs du mal d’un certain Charles Beaudelaire.

L’accolade de ces deux mots « fleurs » et « mal » m’empêchait de dormir. Comment les fleurs si belles, si pures, pouvaient-elles être mal ? Je commençai ainsi à appréhender, sans vraiment le comprendre, la force esthétique du paradoxe...

 

Plus tard, pour ma première communion, on m’a offert un grand livre intitulé La Légende dorée. Il y était question de sainte Blandine, une belle jeune fille blonde aux longs cheveux, affrontant les lions de l’arène pour ne pas renier sa foi chrétienne. Enflammée par le courage de la sainte et par les oraisons vibrantes de la mère supérieure, je rêvai de mourir en héroïne, déchiquetée par les crocs de la bête, sous les vivats admiratifs de mes camarades de classe.

 

À l’âge des premiers émois amoureux pour un beau cousin venu de France, c’est auprès d’André Maurois qu’on trouve du réconfort. Ah ! Climats, les jeux délicats de l’amour, les chassés-croisés fuite-haine, le spleen, le vague à l’âme et la mort si romantique du héros jamais remis de la perte de la femme qu’il aime.

 

Avec la maturité, vint Mauriac. Son cynisme, ses personnages âpres au gain, ses tableaux impitoyables de la bourgeoisie bordelaise, Thérèse Desqueyroux « si laide le jour de son mariage, mais on ne demande pas à une fille qui possède dix acres de landes d’être jolie ».

 

Aujourd’hui, on aime tout autant lire. On fouille les librairies à la recherche d’un roman, d’un vrai. D’une vraie histoire, avec un début et une fin. On tombe systématiquement sur « un nouveau roman », nauséeux, généralement écrit à la première personne, sur un ton désespéré – et désespérant – où l’auteur conte ses déceptions, ses échecs et ses malheurs, sans compter les moindres détails futiles d’une vie étriquée.

 

Le roman vous tombe des mains très vite pour cause d’absence de talent. Et vous vous retrouvez à minuit en train de fouiller dans votre bibliothèque à la recherche du Crime de l’Orient-Express dans lequel vous vous plongez avec délice.

Chère Agatha Christie ! Dearest Agatha !

 

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L’accolade de ces deux mots « fleurs » et « mal » m’empêchait de dormir. Comment les fleurs si belles, si pures, pouvaient-elles être mal ? Je commençai ainsi à appréhender, sans vraiment le comprendre, la force esthétique du paradoxe...
 
Plus tard, pour ma première communion, on m’a offert un grand livre intitulé La Légende dorée. Il y était question de sainte Blandine, une belle jeune fille blonde aux longs cheveux, affrontant les lions de l’arène pour ne pas renier sa foi chrétienne. Enflammée par le courage de la sainte et par les oraisons vibrantes de la mère supérieure, je rêvai de mourir en héroïne, déchiquetée par les crocs de la bête, sous les vivats admiratifs de mes camarades de classe.
 
À l’âge des premiers émois amoureux pour un beau cousin venu de France, c’est auprès...
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