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Liban - Éclairage

La Syrie au cœur d’un bras de fer régional et international

Comme c’est devenu une habitude, la classe politique libanaise a suivi avec attention le discours du président syrien Bachar el-Assad et comme prévu les réactions au discours ont varié selon le camp politique. Dans les milieux de la majorité, la tendance est à considérer les propos d’Assad comme ceux d’un homme qui tient encore les rênes du pouvoir et qui est déterminé à aller de l’avant dans les réformes, à condition de ne pas brader la souveraineté nationale. Ce sont aussi pour ces milieux les propos d’un homme sûr de l’importance stratégique de son pays et confiant dans son avenir. Du côté du 14 Mars, au contraire, les commentaires sont très critiques, qualifiant le discours d’Assad de « déjà entendu » et de provenant d’un homme dépassé par les événements, qui ne comprend pas que ses jours au pouvoir sont comptés. Les sources du 14 Mars estiment en effet que le régime syrien est sur le point de s’effondrer et elles annoncent « de bonnes nouvelles » pour les prochaines semaines, assurant que les efforts se multiplient à l’heure actuelle pour pousser des proches de Bachar el-Assad à faire défection. L’idée est d’isoler le président syrien en le privant de ses appuis au sein du régime. Mais pour cela, il faut trouver une personnalité en vue prête à se rallier à l’opposition. Jusqu’à présent, les figures qui l’ont fait occupaient des postes secondaires et ne pouvaient pas être considérées comme des vecteurs d’opinion.
Ceux qui veulent la tête du régime syrien considèrent à cet égard que celui-ci tient certes les rênes du pouvoir grâce à son armée qui a prouvé être une institution encore solide. Mais tout cet édifice peut s’effondrer du jour au lendemain comme un château de cartes à condition de trouver l’élément qui pourrait provoquer cette chute. Selon les sources du 14 Mars, ce ne serait plus qu’une question de semaines. Et à ce moment-là, la chute du régime syrien aura l’effet d’un séisme au Liban. Une fois ce régime parti, le Hezbollah serait forcément affaibli ainsi que son parrain iranien. D’autant que, toujours selon les mêmes sources, les Arabes, Qatar en tête, ont décidé de mettre le paquet dans ce but. Pour le 14 Mars, ce camp aurait déjà enregistré une victoire en réussissant à séparer le Hamas de l’Iran et en cherchant à ramener cette organisation dans son giron, après avoir longtemps refusé de lui accorder pignon sur rue, la poussant à s’installer à Damas et à trouver des financements en Iran. Désormais, c’est le processus inverse qui est en train de se dérouler, le Qatar proposant d’installer le Hamas à Doha et promettant des aides financières si cette organisation quitte la Syrie.
Les sources du 14 Mars reconnaissent que l’affaire n’est pas encore totalement conclue, mais elle serait en bonne voie et, de la sorte, le Hezbollah serait privé de la carte de la résistance qu’il brandit avec le Hamas et qui lui permet de gagner une grande popularité dans le monde arabe, dépassant ainsi sa propre communauté. Selon certaines informations, des contacts auraient même été entrepris avec des parties libanaises pour créer « une structure de résistance » parallèle au Hezbollah, quitte à revenir à une résistance « nationale » (comme c’était le cas entre 1982 et 1985), qui ne serait plus essentiellement chiite, pour couper l’herbe sous le pied de ce parti et le priver ainsi de sa légitimité populaire. Le Qatar, qui préside la commission arabe chargée du dossier syrien, serait le moteur de ce projet, cherchant ainsi à récupérer les mouvements de résistance arabes et confirmant la tendance actuelle de promouvoir les mouvements islamistes sunnites comme forces émergentes du monde arabe, face à l’Iran et aux chiites en général.
Pour les proches du Hezbollah, ce scénario s’inscrit dans le cadre des chimères véhiculées par le 14 Mars et ses alliés arabes et occidentaux, et montre l’incapacité des ennemis du régime syrien à obtenir sa chute, 11 mois après le déclenchement des protestations en Syrie. Pour ces milieux, le dossier syrien est devenu une question stratégique qui concrétise la nouvelle guerre froide entre, d’une part, les États-Unis et l’Europe, et, de l’autre, la Russie et les pays dits émergents. D’une part, le régime syrien jouit encore d’un large appui populaire et de la totalité de l’appareil de l’État et, de l’autre, ses appuis régionaux (l’Iran) et internationaux (la Russie) lui permettent de tenir le coup et de pouvoir résister de nombreux mois encore. Miser sur une défection d’une personnalité du cercle proche de Bachar el-Assad prouve que tous les autres moyens ont échoué, y compris le recours à la violence de la part de l’opposition. Pour les milieux proches du Hezbollah, le dossier syrien n’est donc pas une simple question de réformes et de protestations populaires, mais le terrain où se joue la nouvelle confrontation entre la puissance américaine et ses détracteurs. Le Moyen-Orient est le lieu qui montre le mieux que le monde est en train de changer. Si les États-Unis restent une grande puissance, ajoutent ces milieux, ils ne sont plus en mesure de décider seuls du sort du monde. Mais aucune puissance n’est encore en mesure de prendre ce rôle. D’où l’incertitude et la confusion dans lesquelles est plongée la région. C’est en Syrie que tout se joue, mais la partie est loin d’être terminée.
Comme c’est devenu une habitude, la classe politique libanaise a suivi avec attention le discours du président syrien Bachar el-Assad et comme prévu les réactions au discours ont varié selon le camp politique. Dans les milieux de la majorité, la tendance est à considérer les propos d’Assad comme ceux d’un homme qui tient encore les rênes du pouvoir et qui est déterminé à aller de l’avant dans les réformes, à condition de ne pas brader la souveraineté nationale. Ce sont aussi pour ces milieux les propos d’un homme sûr de l’importance stratégique de son pays et confiant dans son avenir. Du côté du 14 Mars, au contraire, les commentaires sont très critiques, qualifiant le discours d’Assad de « déjà entendu » et de provenant d’un homme dépassé par les événements, qui ne comprend pas que ses jours...
commentaires (7)

Robert, ne dis pas que nous ne rions pas bien aujourd'hui, comme hier, et comme toujours... Anastase Tsiris

Anastase Tsiris

06 h 07, le 12 janvier 2012

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Commentaires (7)

  • Robert, ne dis pas que nous ne rions pas bien aujourd'hui, comme hier, et comme toujours... Anastase Tsiris

    Anastase Tsiris

    06 h 07, le 12 janvier 2012

  • Oh ! Je ne l'avais pas lue celle-là (les voies de Bachar...). C'est énorme !

    Robert Malek

    12 h 50, le 11 janvier 2012

  • Une chose de positif dans tout ce micmac c'est que pour une fois le Liban n'est pas le champ de bataille. Du moins pas pour l'instant. Prions pour que le Hezbollah ne commet pas de bêtises comme en 2006 car cette fois le Liban ne pourra que crier a la "défaite maligne" pour la justifier. Nous avons aujourd'hui une occasion de rêvée de mettre le Liban a flot et certain préfère nous voir mouillé jusqu'au coup. Scarlett a bien mentionné que le régime s’écroulera comme un château de carte, eh bien attendez et vous verrez! Tous les régimes dictatoriaux résistent ainsi. Combien a-t-il fallu aux Sandinistes pour renverser leur dictateur? Idem au Salvador. Patience et ce sera pour bientôt. La guerre des médias fait rage et c'est naturel. Mais il n'existe qu'une vérité toute simple: Le régime de Damas a tue, emprisonne et torture des milliers de gens, vous croyez qu'avec le temps il laissera faire? La Syrie est entrée dans un long tunnel noir sans fin que celle du régime. Aujourd'hui, demain ou après c'est le résultat qui compte: Le Nouveau Moyen Orient! Quand a la cause Palestinienne, cher Kamel, elle ne concerne plus qu'eux comme tu peux le constater et c'est ce qui aurait du être depuis le début. Nous aurions évité tant de morts et de catastrophes chez nous!

    Pierre Hadjigeorgiou

    07 h 30, le 11 janvier 2012

  • Oh putain,là je suis écroulé de rire!!!!les voies du Seigneur sont impénetrables comme celles de Bachar....Bachar,s'il a lu çà doit être mort de rire aussi!Sacré André!Le nouveau Messie....Bachar...écoute,s'il ta plait,arrête,arrête!Tu es too much,là dis donc!

    GEDEON Christian

    06 h 58, le 11 janvier 2012

  • Il est naif de se contenter de constat et d'emettre des absurdités du genre le Liban doit rester en dehors du conflit syrien,apaiser les esprits etc..., quand on voit le qatar, par procuration agir au nom d'israel. Scarlett parle d'une récupération du qatar des forces des résistances arabes pour les former contre qui? l'Iran et le hezbollah ! mais la résistance a de tout temps été contre israel, nom de Dieu et non contre aucune force arabe ! On se trompe de combat.Le problème est que les sio/yanky ont déclenché une guerre en Syrie et ils ne savent pas comment la finir, ça rappelle un certain juillet 2006 où 33 jours plus tard les agresseurs racistes se rendent compte que la partie n'était pas aussi aisée que ça, pour finalement battre en retraite et se réorganiser en force de trouble régional avec la complicité des bensaoud/qatar.Personne ne peut prétendre connaitre l'issu du conflit, pas plus les 14 mars qui annoncent la fin dans quelques semaines il y a plusieurs semaines de ça, ni le 8 mars qui parle de triomphe quand les éléments perturbateurs sont encore actifs, mais une chose est étrange, à quoi sert l'armada russe qui mouille au port de Tartous, à ce qu'on parte tous ??

    Jaber Kamel

    05 h 19, le 11 janvier 2012

  • - - Non seulement la partie est loin d'être terminée , mais le président Syrien Bachar sera toujours là , quand d'autres chefs d'états occidentaux auraient été dégagés par la voie des urnes , et d'autres chefs , rois et émirs arabes aussi , par la grâce d'allah , de leur âge certain , et de l'usure ! ça fait un an qu'ils ont mis le paquet pour le déloger , sans compter les nombreuses années de préparation avec leur trésor de guerre , sans qu'ils ne puissent pénétrer ne serait-ce qu'une seule voie sensible du pouvoir ou de l'appareil de l'état ! Les voies de Bachar sont impénétrables comme celles du Seigneur ! Il a déjà gagné , ils ont perdu , la Roche Tarpéienne les attend .

    JABBOUR André

    01 h 30, le 11 janvier 2012

  • Avec le plus grand respect pour Mme Scarlett Haddad et comptant sur sa tolérance, je voudrais dire une chose que je ne sais pas si je vais bien exprimer. En ce moment de très grande répercussion au Liban de la situation et de ses développements, hélas, chaque jour plus négatifs en Syrie, des Eclairages basés sur les dires les plus antagonistes et nerveux de "sources" du 8 et du 14 Mars, n'ont-ils pas comme unique effet l'exacerbation de la polarisation, de la radicalisation et de la tension entre ces deux camps ? Plus que jamais les forces politiques de ce pays sont appelées à adopter le calme, la modération et la responsabilité dans leurs attitudes et leurs propos, et on sait que malheureusement ils n'en font pas preuve. Même au sein du principe sacré de la liberté d'opinion et de la presse, ne faudrait-il pas éviter en ce moment ce en quoi ils imagineraient des motifs pour s'exciter encore davantage ?

    Halim Abou Chacra

    23 h 23, le 10 janvier 2012

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