Chère lectrice, cher lecteur
« La semaine dernière, Abou Ibrahim a assisté à la destruction de sa maison et de celle de ses fils à Mansouri. »
Depuis la signature de l’accord-cadre entre le Liban et Israël, le 26 juin, sous l’égide des États-Unis, le Liban-Sud n’est toujours pas sorti de la guerre. Une grande partie de ce territoire est toujours occupée par l’armée israélienne, qui y procède à des bombardements et opérations de destruction. Comme à Mansouri, un village en bordure duquel se sont rendus nos reporters.
Les bombardements dépassent le cadre de la zone occupée. Jeudi, Arabsalim, un village non évacué se trouvant hors de la zone occupée, a été la cible d’un bombardement causant la mort d’une femme. Un peu plus tôt, l’armée israélienne avait accusé le Hezbollah d'avoir lancé « deux drones piégés » en direction de ses troupes, sur la colline d’Ali Taher, que les Israéliens encerclent et dans laquelle se trouverait une base du parti.
Dans ce contexte, l’équation posée par les Américains est claire, rapporte Mounir Rabih « et revient à laisser aux Israéliens la latitude de poursuivre leurs opérations militaires jusqu’à ce que le Hezbollah accepte de rendre ses armes ».
Ci-dessous, une sélection d’articles pour comprendre ce qu’il se passe, aujourd’hui, au Liban-Sud.
L’Orient-Le Jour


Les habitants de Mansouri assistent à la destruction de leur village, une maison après l’autre

Chassés une énième fois de cette localité du caza de Tyr, une poignée de déplacés se regroupent au plus près pour être témoins de sa démolition méthodique par Israël, dans un mélange de colère et d’impuissance face à la destruction de leurs maisons. Reportage d’Emmanuel Haddad.

Israël prépare l’après-1701 : ce qui se joue derrière la bataille de Ali Taher

Mercredi dernier à Dar el-Fatwa, l’ambassadeur américain Michel Issa déclarait « Nous attendons de voir ce qui se passera à Ali Taher dans les deux prochains jours ». Quelques heures plus tard, Israël annonçait que le Hezbollah avait lancé deux drones dans la région de Ali Taher, et intensifiait ses opérations et ses frappes. Pendant ce temps, l’équation américaine revient à laisser aux Israéliens la latitude de poursuivre leurs opérations jusqu’à ce que le Hezbollah accepte de rendre ses armes. Le décryptage de Mounir Rabih.

En carte : Ali Taher et sa région, au cœur des tensions

Israël s’acharne depuis des semaines, sur la région des hauteurs de Ali Taher, une crête montagneuse en bordure nord de la « zone tampon » établie de facto au Liban-Sud et qui surplombe la région de Nabatiyé. L’Orient-Le Jour vous propose un retour en carte, sur les principaux lieux et enjeux de la bataille pour cette colline de Ali Taher.

Ankara à la manœuvre pour faire sortir les gardiens de la révolution de Ali Taher

Les tensions entre Israël et la Turquie s’exacerbent à mesure que Tel-Aviv intensifie ses opérations en Syrie. Une rivalité qui révèle surtout d’une divergence profonde sur la manière de contenir l’Iran et de mettre un terme à l’escalade régionale. En parallèle, Tom Barrack, ambassadeur des États-Unis en Turquie et émissaire spécial pour la Syrie, aurait tenté, par l’intermédiaire des Turcs et de Nabih Berry, de transmettre des messages au Hezbollah et aux Iraniens. L’analyse de Mounir Rabih.

Conférence de soutien à l’armée : un message français à Washington et Tel-Aviv ?

Paris accueillera le 17 septembre prochain, une réunion préparatoire en vue de la conférence de soutien à l’armée et aux forces de sécurité intérieure libanaises. L'annonce intervient alors que l’institution militaire est appelée à jouer un rôle crucial, en se déployant au Liban-Sud et en œuvrant au désarmement du Hezbollah. Mais il s’agit aussi d’une façon pour la France d’affirmer sa présence au Liban, à l’heure où les États-Unis et – surtout – Israël semblent hostiles à un rôle français dans la solution du conflit au Sud. Yara Abi Akl fait le point.

Sanctions US : Washington veut « neutraliser l'économie politique » liant le Hezbollah à sa base

Jeudi dernier, les Etats-Unis ont émis une nouvelle salve de mesures contre le Hezbollah. Une décision qui ouvre un long débat autour de la nature hybride du parti téléguidé depuis Téhéran mais comptant des centaines de milliers de partisans au Liban. Alors que les États-Unis le considèrent désormais de facto comme un groupe iranien, le parti-milice dit ne pas avoir besoin d'un « certificat » attestant de son appartenance libanaise. Explications de Salah Hijazi.

De la « Victoire divine » à la « Nakba chiite »

Hana’ Jaber, chercheuse et directrice de la Fondation Lokman Slim, analyse dans « L’Orient-Le Jour » les fractures structurelles libanaises dévoilées par la guerre de juillet 2006. Découvrez son commentaire.

Accord-cadre : Beyrouth devrait constater l’impasse et appeler à des négociations entre les véritables belligérants

Dans son point de vue, Jean Clam analyse plusieurs ruptures entre les projections stratégiques qu’Israël avait avant l’attaque du Hamas du 7-Octobre et celles d’aujourd’hui. Dans la situation actuelle, il en conclut l’inanité de l’effort de paix de l’Etat. Retrouvez son point de vue.

À Kfar Remmane, la mémoire de la famille el-Zein sous les ruines

Le 9 mai dernier, une frappe israélienne pulvérise la maison historique de Saad el-Zein, petit-fils de l’un des treize rédacteurs de la Constitution de 1926. Dans le même temps, une série de frappes efface tout un pan de l’histoire de Kfar Remmane, ce village de la caza de Nabatieh. Caroline Hayek s’y est rendue.

