Rechercher
Rechercher

Politique - Diplomatie

Le ministère libanais des AE à Araghchi : La « rationalité » entre pays passe par le respect de la souveraineté

Le chef de la diplomatie iranienne avait dernièrement reproché au Palais Bustros de manquer de rigueur, alors qu’il accueillait le cheikh Ali el-Khatib à Téhéran.

Le ministère libanais des AE à Araghchi : La « rationalité » entre pays passe par le respect de la souveraineté

Des drapeaux de la République islamique d’Iran et du Hezbollah lors d’une manifestation à Téhéran, en 2024. Photo d’archives AFP

Le ministère des Affaires étrangères a répondu dans un communiqué à des propos récents du chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi, qui l’accusait en substance de « manquer de rationalité ». La rationalité passe par « le respect de la souveraineté », a rétorqué le Palais Bustros, dans une allusion claire aux ingérences de Téhéran par le biais de son allié le Hezbollah dont l’accuse régulièrement une grande partie des Libanais.

« Le ministère adopte une approche rationnelle, ouverte et constructive à toute épreuve, et attend de tous ses homologues une approche similaire », souligne le communiqué. Et d’ajouter : « La rationalité dans les relations entre pays suppose en premier lieu de passer par les institutions officielles et légales, et non d’entretenir des relations avec des ‘parties’ ou ‘factions’ dans ces pays. Tout comme l’Iran, ou toute autre nation hôte, n’accepterait pas que l’ambassadeur du Liban ignore ses institutions officielles pour traiter directement avec des parties ou des factions indépendamment d’elles, le Liban ne peut l’accepter non plus. »

Le communiqué des AE répondait à des propos tenus le 28 août par le chef de la diplomatie iranienne qui recevait à Téhéran le vice-président du Conseil supérieur chiite, le cheikh Ali el-Khatib, venu lui présenter un bilan des attaques israéliennes au Liban-Sud, et demander notamment un soutien financier à la population de cette région. La dernière guerre du Hezbollah contre Israël avait débuté le 2 mars lorsque le parti chiite a lancé une salve de missiles en direction de l’État hébreu, ouvrant ainsi un front de soutien à Téhéran, sous attaque américano-israélienne depuis le 28 février. Le Liban-Sud a été largement détruit et partiellement occupé durant ce conflit, qui a fait jusque-là plus de 4 000 morts.

M. Araghchi avait déclaré à Ali el-Khatib que son pays ne peut « oublier le Liban », réaffirmant l’attachement de l'Iran « à la souveraineté et l’intégrité territoriale » de ce pays. Il n’a pas non plus manqué de critiquer la position officielle libanaise, évoquant de manière directe le ministère libanais des Affaires étrangères, espérant qu’il « fera preuve d’un peu plus de rationalité ».

Ce qui a envenimé les relations diplomatiques et mené à cette passe d’armes, c’est la décision du Palais Bustros de considérer l’ambassadeur d’Iran Mohammad Reza Chibani persona non grata fin mars, en raison de soupçons d’ingérence dans les affaires libanaises via le Hezbollah. Certes, un compromis a été atteint fin août avec le renouvèlement du visa de M. Chibani sans pour autant qu’il retrouve son statut de représentant diplomatique. Le ministre des Affaires étrangères Joe Raggi a pour sa part maintenu jusqu’au bout sa position intransigeante à l’encontre du diplomate iranien.

« Les relations entre les pays se construisent avec et par l'intermédiaire des États, et le respect de la souveraineté est un principe mutuel qui ne souffre ni sélectivité ni transgression », conclut le communiqué du Palais Bustros.

Les relations entre les deux pays se sont dégradées depuis que la nouvelle équipe au pouvoir, formée du président de la République Joseph Aoun et du Premier ministre Nawaf Salam, a affiché sa volonté de désarmer les milices et notamment le Hezbollah. Les deux hommes ont proclamé illégales les activités militaires du parti chiite, entamant des pourparlers directs avec Israël dans l’espoir d’y mettre fin.

Le ministère des Affaires étrangères a répondu dans un communiqué à des propos récents du chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi, qui l’accusait en substance de « manquer de rationalité ». La rationalité passe par « le respect de la souveraineté », a rétorqué le Palais Bustros, dans une allusion claire aux ingérences de Téhéran par le biais de son allié le Hezbollah dont l’accuse régulièrement une grande partie des Libanais.« Le ministère adopte une approche rationnelle, ouverte et constructive à toute épreuve, et attend de tous ses homologues une approche similaire », souligne le communiqué. Et d’ajouter : « La rationalité dans les relations entre pays suppose en premier lieu de passer par les institutions officielles et légales, et non d’entretenir des relations avec des ‘parties’ ou...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut