Rechercher
Rechercher

Politique - Focus

Conférence de soutien à l’armée : un message français à Washington et Tel-Aviv ?

Une réunion préparatoire est prévue le 17 septembre à Paris, mais l'événement principal pourrait se tenir ailleurs.

Conférence de soutien à l’armée : un message français à Washington et Tel-Aviv ?

Le président français, Emmanuel Macron, et son homologue libanais, Joseph Aoun, à Nicosie, le 24 avril 2026. Photo tirée du compte X de la présidence

Et six mois plus tard, le chantier est relancé. Paris accueillera le 17 septembre prochain une réunion préparatoire en vue de la conférence de soutien à l’armée et aux forces de sécurité intérieure libanaises. Celle-ci devait se tenir en mars dernier mais avait finalement été reportée sine die dans la foulée de la guerre au Moyen-Orient. L'annonce intervient alors que l’institution militaire est appelée à jouer un rôle crucial, en se déployant au Liban-Sud et en œuvrant au désarmement du Hezbollah. Mais il s’agit aussi d’une façon pour la France d’affirmer sa présence au Liban, à l’heure où les États-Unis et – surtout – Israël semblent hostiles à un rôle français dans la solution du conflit au Sud.

Selon nos informations, la France n’est pas la seule à s’impliquer dans le chantier de préparation de la réunion, la Jordanie étant de la partie. Mais à l’heure où Amman ne fournit à ce stade aucun détail sur l’évènement, une source diplomatique occidentale souligne que l’implication du royaume hachémite dans ce chantier témoigne d’une volonté arabe et internationale de voir l’armée libanaise renforcer ses capacités dans la perspective du rôle crucial qu’elle doit jouer. « Le renforcement de l’armée est devenu une nécessité à l’heure actuelle », dit la source. L’OLJ a appris, dans ce cadre, que l’institution militaire avait déjà établi un inventaire de ses besoins peu de temps avant la réunion tenue au Caire fin février, en vue de la conférence de soutien.

Une source informée indique que si la participation du président de la République, Joseph Aoun, à cette réunion préparatoire est certaine, l’identité du représentant de l’armée n’est pas encore tranchée. Mais des sources concordantes soulignent qu’il s’agirait très probablement du numéro un de l’institution, Rodolphe Haykal, ou de son adjoint, Hassane Audi, chef d’état-major. La représentation des autres pays devrait également être de haut niveau, « du moment que l’on y convie le président de la République en personne », souligne une source diplomatique occidentale.

« La France tente de sauver son rôle »

L’identité des participants ne sera pas tranchée tant que la liste des pays souhaitant contribuer à ce chantier n’est pas finalisée. À la tête de ceux-ci figure naturellement la France, à l’origine de cette initiative. Paris cherche à « affirmer qu’il est présent au Liban et se tient à ses côtés », pour reprendre les termes d’un diplomate libanais qui a requis l’anonymat.

« La France tente de ‘‘sauver’’ sa présence au Liban à travers les aides à l’armée avec laquelle elle entretient des relations depuis des décennies », souligne Sami Nader, politologue.

L'annonce de cette réunion préparatoire intervient à l'heure où Israël et les États-Unis ne souhaitent pas que la France participe à la force multinationale qui pourrait être déployée au Liban-Sud après le départ de la Force intérimaire des Nations unies (Finul). Les plans français pourraient donc, encore une fois, se heurter au veto américano-israélien. D’autant plus que des informations parvenues à L’OLJ indiquent que la conférence de soutien à l’armée risque de ne pas se tenir dans la capitale française. L’évènement pourrait même être organisé à Rome, capitale italienne qui accueille depuis plusieurs semaines les négociations directes libano-israéliennes.

Une source proche du Sérail indique que l’Italie figure parmi les pays les plus enthousiastes à être présents sur le terrain pour superviser le désarmement du Hezbollah, ce qui ne dérange pas Tel-Aviv. Israël oppose cependant un veto à toute implication de l’Espagne dans ce chantier. Il n’empêche que Madrid entendrait participer à la conférence de soutien à l’armée comme à la réunion du 17 septembre.

Autre inconnue, la participation de l’Arabie saoudite. Pour le moment, aucune information n’a filtré à ce sujet de Riyad. L'ambassadeur saoudien à Beyrouth, Fahd al-Doussari, qui mène une tournée depuis quelques jours, n’a pas évoqué cette question auprès de ses interlocuteurs. « Tout le monde sait que l’Arabie saoudite soutient le duo Joseph Aoun-Nawaf Salam. Je crois donc qu’elle participera à tout ce qui serait à même de renforcer l’État et son institution militaire », commente un député qui s’est récemment entretenu avec le nouvel ambassadeur.

De même, la participation de Washington n’est pas assurée. « Sans les Américains, nous ne pourrons rien faire », déplore un proche du Sérail.

Et six mois plus tard, le chantier est relancé. Paris accueillera le 17 septembre prochain une réunion préparatoire en vue de la conférence de soutien à l’armée et aux forces de sécurité intérieure libanaises. Celle-ci devait se tenir en mars dernier mais avait finalement été reportée sine die dans la foulée de la guerre au Moyen-Orient. L'annonce intervient alors que l’institution militaire est appelée à jouer un rôle crucial, en se déployant au Liban-Sud et en œuvrant au désarmement du Hezbollah. Mais il s’agit aussi d’une façon pour la France d’affirmer sa présence au Liban, à l’heure où les États-Unis et – surtout – Israël semblent hostiles à un rôle français dans la solution du conflit au Sud.Selon nos informations, la France n’est pas la seule à s’impliquer dans le chantier de...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut