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Économie - Lutte Anti-Blanchiment

Des banques libanaises inquiètes d’un contrôle de K2 Integrity sur les transferts

Cette possibilité a été évoquée lors de réunions avec le cabinet américain, mandaté par la BDL pour l’aider à sortir de la liste grise du Gafi et qui compte plusieurs anciens fonctionnaires du Trésor dans ses rangs.

Des banques libanaises inquiètes d’un contrôle de K2 Integrity sur les transferts

Un distributeur de billets à Beyrouth. Photo d’archives L’Orient-Le Jour

Si le dossier de la restructuration bancaire et de la résolution de la crise financière reste au premier rang de leurs préoccupations, une autre inquiétude agite discrètement les milieux bancaires libanais ces derniers mois : voir K2 Integrity, le cabinet américain mandaté par la banque centrale (BDL), dépasser son rôle de conseil pour intervenir, directement ou indirectement, dans le suivi des transferts entrants et sortants du pays.

Le débat intervient près d’un an après la signature, en juillet 2025, d’un accord de coopération entre la BDL et K2 Integrity, destiné à aider le Liban à remédier aux lacunes identifiées par le Groupe d’action financière (Gafi) et à soutenir ses efforts pour sortir de la liste grise, à travers une assistance technique et consultative. Placé sur cette liste des pays non coopératifs en matière de blanchiment d’argent en octobre 2024, le Liban reste sous pression pour montrer des progrès lors des réunions de juin ou d’octobre du Gafi.

L’accord a ensuite fait l’objet d’un recours judiciaire. Le 2 septembre, l’experte en criminalité financière et corruption Nathalie Rita Sabbagh a demandé au parquet financier d’annuler le contrat et de suspendre son exécution, estimant qu’il violait les règles relatives aux marchés publics. Le recours est resté sans suite.

« Les préoccupations de certaines banques ont émergé après plusieurs réunions avec des représentants de K2 Integrity, dont une récente rencontre à Londres réunissant l’Association des banques du Liban (ABL), la BDL et le cabinet américain », indique à L’OLJ un banquier sous couvert d’anonymat. « Elles portent en particulier sur l’éventualité d’un rôle de K2 dans le suivi des transferts dans un cadre acceptable pour le Trésor », dans un contexte où Washington ne cesse de resserrer l'étau sur le financement du Hezbollah, en plus des sanctions infligées à un certain nombre de ses membres et alliés politiques. K2 Integrity est réputée entretenir des liens étroits avec le Trésor américain, plusieurs de ses cadres de l’entreprise ayant précédemment occupé des fonctions au sein de ce département. Contacté, le cabinet n’a pas répondu à nos sollicitations dans les temps.

Coûts et délais supplémentaires

« Nous ne sommes pas opposés au travail consultatif de cette société ni au fait qu’elle puisse proposer ce type de services», résume l’un d’eux. « Toutefois, certaines banques appliquent déjà toutes les normes internationales de diligence raisonnable et traitent leurs transferts via de grandes banques correspondantes, et n’ont donc pas besoin d’un niveau supplémentaire de surveillance. »

Un autre indique que les banques s’inquiétaient principalement du coût que pourrait représenter toute surveillance supplémentaire, qu’il soit facturé sous forme de montant forfaitaire ou par transaction, ainsi que des retards que cela pourrait entraîner pour les transferts. « Nous demandons soit un manuel de normes et de lignes directrices, avec une inspection ultérieure de la conformité par la BDL, soit un système de notation exemptant les banques déjà conformes de toute surveillance supplémentaire », plaide-t-il.

Position unanime à l’ABL

Certains des banquiers interrogés ont indiqué avoir eu des interrogations sur la nature obligatoire des prestations évoquées par K2 integrity, dans le cadre du contrat passé avec le régulateur. Contactée, la BDL a déclaré qu’elle « ne s’immisce pas dans les affaires commerciales entre une société et une banque », ajoutant qu’elle « n’impose rien à personne ».

« La BDL n’est jusqu’à présent ni intervenue ni ne nous a imposé quoi que ce soit», confirme un banquier. « Si les choses sont restées floues, c’est parce que la communication a été insuffisante entre le conseil d’administration de l’ABL et les banques membres », dit un autre. « Désormais, et depuis une réunion sur le sujet la semaine dernière, la position au sein de l’ABL est unanime : les banques soutiennent pleinement les consultations, recommandations, orientations et la coopération avec K2 Integrity, mais s’opposent à la signature d’un contrat avec le cabinet pour surveiller les transferts. »

« En tant que banques, nous ne sommes pas comparables aux sociétés de transfert d’argent, aux bureaux de change ou aux fournisseurs de portefeuilles numériques, dont les activités sont davantage exposées à l’économie du cash, qui représente près de la moitié du PIB. C’est là que les transactions suspectes ont lieu », ajoute-t-il. « C’était important de dissiper les malentendus et d’afficher notre unité sur ce sujet, mais honnêtement, dans le contexte actuel, si les États-Unis veulent faire comme en Irak et imposer un contrôle supplémentaire sur les transferts via cette société, on devra s’y plier », glisse l’un des professionnels interrogés - le cabinet américain collaborant avec plusieurs institutions financières depuis 2023.

Si le dossier de la restructuration bancaire et de la résolution de la crise financière reste au premier rang de leurs préoccupations, une autre inquiétude agite discrètement les milieux bancaires libanais ces derniers mois : voir K2 Integrity, le cabinet américain mandaté par la banque centrale (BDL), dépasser son rôle de conseil pour intervenir, directement ou indirectement, dans le suivi des transferts entrants et sortants du pays.Le débat intervient près d’un an après la signature, en juillet 2025, d’un accord de coopération entre la BDL et K2 Integrity, destiné à aider le Liban à remédier aux lacunes identifiées par le Groupe d’action financière (Gafi) et à soutenir ses efforts pour sortir de la liste grise, à travers une assistance technique et consultative. Placé sur cette liste des pays non...
commentaires (5)

La BDL qui est censé piloter la politique monétaire de notre pays maisdéclare qu’elle « ne s’immisce pas dans les affaires commerciales entre une société et une banque », ajoutant qu’elle « n’impose rien à personne ». On voit le résultat. Alors en quoi consiste son rôle? Faire des accords avec les banques afin de subtiliser l’argent des épargnants,pour le partager avec aux mafieux au pouvoir et puis s’en laver les mains en jouant aux innocents qui n’ont rien vu venir? Ils veulent un contrôle de l’intérieur disent ils? Un voleur ne peut pas être le gardien d’une banque. Trêve de balivernes

Sissi zayyat

09 h 56, le 29 mai 2026

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Commentaires (5)

  • La BDL qui est censé piloter la politique monétaire de notre pays maisdéclare qu’elle « ne s’immisce pas dans les affaires commerciales entre une société et une banque », ajoutant qu’elle « n’impose rien à personne ». On voit le résultat. Alors en quoi consiste son rôle? Faire des accords avec les banques afin de subtiliser l’argent des épargnants,pour le partager avec aux mafieux au pouvoir et puis s’en laver les mains en jouant aux innocents qui n’ont rien vu venir? Ils veulent un contrôle de l’intérieur disent ils? Un voleur ne peut pas être le gardien d’une banque. Trêve de balivernes

    Sissi zayyat

    09 h 56, le 29 mai 2026

  • C'est très bizarre : ABL préfère que le Liban demeure sur la liste grise (avec un risque qu'il passe sur la liste noire) plutot que d'avoir un organisme qui controle les transactions ce qui permettra de sortir de la liste grise. De deux choses l'une : Soit les banques libanaises arrivent à contourner l'écueil de la liste grise, soit elles continuent à blanchir le fric de la criminalité internationale et ne souhaitent pas plus de controles que ça.

    Moi

    11 h 11, le 27 mai 2026

  • article tres interessant . je ne releve qu'une phrase des plus significatives, des plus droles dans l'histoire des financier/banquiers libanais : ""Nous demandons soit un manuel de normes et de lignes directrices, avec une inspection ultérieure de la conformité par la BDL,..... "" IMAGINEZ la drolerie : INSPECTION ULTERIEURE DE LA CONFORMITE..... hahahaha ! C com si un chat promettait ne pas bouffer une souris ....

    L’acidulé

    10 h 04, le 24 mai 2026

  • Les crapules bancaires estiment que c'est au niveau de l'economie du cash que se trouvent les transferts douteux ? 1- C'est suite a leurs agissements et au blocage de l'epargne que l'economie du cash s'est devellopee. 2- Ils oublient tous les pots de vin, tous les detournements "legaux", toutes les fuites de capitaux qui ont transite par leurs comptes avant d'etre exportes a l'etranger, parfois sur leurs propres comptes. Il sera impossible de faire confiance a cette engeance tant qu'ils n'ont pas ete punis pour le VOL de l'epargne des Libanais.

    Michel Trad

    09 h 52, le 24 mai 2026

  • C’est drôle, mais dès que nos chers banquiers s’opposent à quelque chose, on est inconsciemment sur nos gardes ! L’expérience peut-être. On a appris à se méfier de ces requins gourmands, surtout lorsqu’ils sont tous du même avis. Le contrôle sur les transferts, c’est bien avant qu’il fallait le faire, mais ça , seuls les malheureux déposants honnêtes le disent.

    NG

    09 h 32, le 24 mai 2026

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