Une frappe israélienne sur la banlieue sud de Beyrouth le 13 novembre 2024, vue depuis Hazmiyé. Capture d’écran d'une vidéo prise ce jour-là. Philippe Hage Boutros/L’Orient-Le Jour
L’information est encore informelle, mais elle est déjà reprise en boucle par les médias. La facture définitive des dégâts provoqués par les affrontements entre le Hezbollah et Israël, qui ont dégénéré en guerre quasi totale à la fin de l’été jusqu’au cessez-le-feu entré en vigueur le 27 novembre, tourne autour de 14 milliards de dollars.
Un montant relayé par des sources ministérielles à la chaîne LBCI et qui provient de l’évaluation des dégâts, des pertes et des besoins de financement que la Banque mondiale est en train de finaliser. L’Orient-Le Jour a pu confirmer cette estimation, qui englobe les dégâts matériels ainsi que les pertes économiques, auprès d’une source bien informée, qui a précisé que le rapport devrait être rapidement publié. La Banque mondiale n’a pas communiqué sur le sujet.
L’information a commencé à être diffusée en marge d’une réunion programmée à 15h au Grand Sérail, présidée par le Premier ministre Nawaf Salam et consacrée à « l’évaluation des dommages causés par la récente guerre israélienne », selon le communiqué de la présidence du Conseil des ministres publié sur X la veille. Selon un autre communiqué publié le jour même, plusieurs ministres ont participé à la réunion, dont celui des Finances, Yassine Jaber, celui de l'Énergie, Joe Saddi, ainsi que celui des Travaux publics, Fayez Rassamny.
Une délégation de la Banque mondiale, présidée par son directeur régional pour le Moyen-Orient, Jean-Christophe Carret, a également participé à la réunion, selon le Grand Sérail. L'institution avait effectué une première prise de contact lundi avec Fayez Rassamny. Les besoins de financement pour la reconstruction se chiffreraient autour de 12 milliards de dollars, toujours d’après ces sources. S'exprimant à l'issue de la réunion, Yassine Jaber n'a pas confirmé le montant relayé par les sources ministérielles et a simplement indiqué que la facture se chiffrait « en milliards de dollars ».
En novembre dernier, avant le cessez-le-feu, la Banque mondiale avait estimé à 8,5 milliards de dollars le montant cumulé des dégâts (3,4 milliards) et des pertes économiques (5,1 milliards) provoqués par la guerre sur une période allant du 8 octobre 2023, date à laquelle les hostilités ont été déclenchées, jusqu’à fin octobre.
Fonds pour la reconstruction
Le dernier mois du conflit a été particulièrement violent, l’armée israélienne rasant des villages entiers au Liban-Sud et aplatissant des immeubles dans la banlieue sud de Beyrouth et le sud de la capitale. La Békaa n’a pas non plus été épargnée. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, Israël a effectué un certain nombre de frappes, et ses soldats ont dynamité de nombreuses maisons au Liban-Sud. Plus de 4 000 personnes ont, en outre, perdu la vie sous les bombes israéliennes, et les recherches se poursuivent toujours pour retrouver les personnes encore disparues sous les décombres.
Pour financer la reconstruction, le Liban ne pourra faire autrement que de compter sur la communauté internationale. La délégation a également recommandé au Liban de créer un fonds pour la reconstruction et de mettre en place des réformes garantissant la transparence dans l’utilisation des fonds qui y seront versés. « Il est certain qu'il y aura des contributions d'autres pays », a déclaré Yassine Jaber, selon le communiqué du Grand Sérail publié sur X, ajoutant que la participation de la Banque mondiale constituait un gage de « crédibilité ». Il a également confirmé que la Banque mondiale avait déjà un premier projet d'aide prévoyant une enveloppe de 250 millions de dollars, projet évoqué lundi avec le ministre des Travaux publics. Il a enfin souligné que la priorité était de rétablir les services de base (routes, eau, électricité) dans les zones dévastées.
La fuite de l’estimation quasi définitive de la facture de la guerre survient alors que les Nations unies, l’Union européenne et la Banque mondiale ont annoncé jeudi que plus de 50 milliards de dollars seront nécessaires pour reconstruire Gaza après 15 mois de conflit entre Israël et le Hamas dans l’enclave palestinienne, selon une évaluation employant la même méthodologie que celle que la Banque mondiale est en train de finaliser au Liban (Interim Rapid Damage and Needs Assessment, Irdna).



Maybe they should send the bill to Naim Kassem.
11 h 50, le 21 février 2025