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Environnement - Polémique

Terre-Liban dénonce la reprise des travaux près de la grotte du phoque moine à Amchit

Cette espèce de mammifère marin est considérée comme menacée. L’affaire de la construction de cette villa individuelle secoue l'opinion publique depuis des années.

Terre-Liban dénonce la reprise des travaux près de la grotte du phoque moine à Amchit

Un bulldozer sur le chantier controversé à Amchit, au-dessus de la grotte qui abrite le phoque moine, le 17 octobre 2025. Photo fournie par Terre-Liban

L’association Terre-Liban dénonce depuis mercredi la reprise des travaux sur un terrain côtier dans la ville de Amchit (caza de Jbeil), considéré comme une zone écologique sensible car elle surplombe une grotte naturelle considérée par les scientifiques comme l’un des refuges du phoque moine de la Méditerranée, une espèce menacée.

Ces travaux, qui consistent en des excavations sur le terrain, ont été entrepris mercredi à l’aube et documentés par un activiste local, Farid Abi Younès, toujours selon l’association. « Cette reprise du chantier a été fortement dénoncée par les environnementalistes et les habitants », précise le communiqué. Les travaux d’excavation sont toujours en cours, selon Terre-Liban.

Le chantier est celui d’une villa individuelle qui fait polémique parce qu’elle se situe juste au-dessus d’une grotte où un phoque moine, espèce méditerranéenne placée sur la liste des espèces menacées par l’Union internationale de conservation de la nature (UICN), est régulièrement observé. Le chantier était à l’arrêt depuis le 14 mars 2024, date à laquelle le Conseil d’État a pris la décision de geler le permis de construire suite à un recours présenté par Terre-Liban, sur fond de craintes d’un impact négatif de cette construction sur la grotte fréquentée par ce mammifère marin, connu pour revenir à l'endroit de sa naissance au cours de sa vie. Or il semble que le Conseil d’État ait rejeté ce recours en mai dernier.

À L’Orient-Le Jour, Paul Abi Rached, président de Terre-Liban, reconnaît que « le Conseil d’État a rejeté le recours pour la forme, car nous n’avions pas respecté le délai de deux mois pour le présenter ». « Mais cela ne signifie en aucun cas qu’il a justifié le bien-fondé de cette construction dans un endroit aussi sensible », poursuit-il.

Des experts sur place

M. Abi Rached ajoute avoir présenté au nouveau conseil municipal (élu lors du scrutin de mai 2025), en date du 16 juin dernier, une liste des entorses au permis commis, selon lui, par les propriétaires du projet, estimant que « cela donne assez d’arguments au président de la municipalité pour retirer le permis ».

Pour mémoire

« Arzé », phoque moine de Méditerranée emblématique de Amchit, a eu un petit

Interrogé par L’OLJ, le président du conseil municipal de Amchit, Joseph Khoury, rappelle qu’il est fraîchement élu et que tous ces permis ont été délivrés du temps de son prédécesseur. « Je suis un défenseur de la nature, mais je ne peux que constater que les propriétaires du chantier possèdent des permis du Conseil d’État et du ministère de l’Environnement, et qu’il n’est pas dans mes prérogatives d’arrêter les travaux », dit-il. Il ajoute : « Pour l’instant, la municipalité envoie un ingénieur régulièrement inspecter les travaux parce que nous sommes soucieux de nous assurer que les permis sont respectés. »

Est-il vrai, comme l'affirme l’élu, que le ministère de l’Environnement a accordé les permis nécessaires à ce projet, sachant que Terre-Liban dénonce le fait qu'il n’est pas doté d’une étude d’impact environnemental ? De source du ministère de l’Environnement, on apprend que sous le précédent gouvernement, cette administration avait demandé aux propriétaires du chantier de préparer un plan de gestion environnementale pour le projet (moins développé qu’une étude d’impact environnemental, NDLR). Celui qui avait alors été présenté au ministère n’était pas suffisant, et des remarques ont été formulées pour l’améliorer. De ce fait, et au vu de la reprise des travaux sur le chantier, le ministère compte, selon la source précitée, envoyer incessamment ses experts sur le chantier pour vérifier que les remarques formulées au sujet du plan de gestion environnementale ont bien été respectées.

L’association Terre-Liban dénonce depuis mercredi la reprise des travaux sur un terrain côtier dans la ville de Amchit (caza de Jbeil), considéré comme une zone écologique sensible car elle surplombe une grotte naturelle considérée par les scientifiques comme l’un des refuges du phoque moine de la Méditerranée, une espèce menacée.Ces travaux, qui consistent en des excavations sur le terrain, ont été entrepris mercredi à l’aube et documentés par un activiste local, Farid Abi Younès, toujours selon l’association. « Cette reprise du chantier a été fortement dénoncée par les environnementalistes et les habitants », précise le communiqué. Les travaux d’excavation sont toujours en cours, selon Terre-Liban.Le chantier est celui d’une villa individuelle qui fait polémique parce qu’elle se situe juste...
commentaires (4)

« Envoyer incessamment ses experts sur le chantier pour vérifier » Incessamment = à la fin des travaux. Dégoutant OUI. Que dire de ceux qui mènent une campagne d’opposition au projet en prétendant la sauvegarde du PHOQUE MOINE ? Pour cela espérons qu’ILS savent il faut aller en Turquie (!)ou Grèce, Mauritanie …Liban : grotte aux Pigeons LAST SEEN 1950-1960. Surtout pas d’histoire d’une nouvelle naissance , sœur d’Arzé …SNOUBRA. Avec des bases sûres, INCESSANT pourrait devenir IMMEDIAT.

aliosha

20 h 12, le 18 octobre 2025

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Commentaires (4)

  • « Envoyer incessamment ses experts sur le chantier pour vérifier » Incessamment = à la fin des travaux. Dégoutant OUI. Que dire de ceux qui mènent une campagne d’opposition au projet en prétendant la sauvegarde du PHOQUE MOINE ? Pour cela espérons qu’ILS savent il faut aller en Turquie (!)ou Grèce, Mauritanie …Liban : grotte aux Pigeons LAST SEEN 1950-1960. Surtout pas d’histoire d’une nouvelle naissance , sœur d’Arzé …SNOUBRA. Avec des bases sûres, INCESSANT pourrait devenir IMMEDIAT.

    aliosha

    20 h 12, le 18 octobre 2025

  • Qui est ce propriétaire si influent pour outrepasser les lois en détruisant notre environnement déjà saccagé, sans être inquiété. Le ministre de l’environnement se contente de jouer au contrôleur des travaux finis? Non Monsieur, votre rôle est de punir tout contrevenant et faire détruire les biens illégaux, même une fois le chantier terminé. C’est le principal rôle d’un état de droits que vous ne cessez de nous vendre en jouant à l’autruche pour ne jamais froisser les destructeurs de notre pays à tous les niveaux. Allez, du nerf et que ça saute.

    Sissi zayyat

    11 h 17, le 18 octobre 2025

  • pauvre, pauvre, pauvre LIBAN !

    L’acidulé

    10 h 46, le 18 octobre 2025

  • Qui est ce propriétaire ? Un nouveau riche ?

    Tamimtamim

    10 h 09, le 18 octobre 2025

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