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Environnement - Crise

Réouverture temporaire de la décharge de Jdeidé en attendant le Conseil des ministres de jeudi

La fermeture de la décharge, arrivée à saturation, avait été initialement annoncée pour le début du mois. Le président du conseil municipal de Jdeidé et des députés plaident pour l'envoi des déchets à Costa Brava.

Réouverture temporaire de la décharge de Jdeidé en attendant le Conseil des ministres de jeudi

Un hélicoptère de l’armée et un véhicule de la Défense civile éteignant un incendie qui s'était produit dans la décharge de Bourj Hammoud-Jdeidé, le 13 septembre 2024. Photo d’illustration Mohammad Yassine.

La société en charge de la collecte des déchets dans une partie du pays a annoncé, dans un communiqué publié mardi, la suspension de ses opérations à la suite de la fermeture de la décharge de Bourj Hammoud-Jdeidé, à l’entrée nord de Beyrouth, faute d’accord avec la municipalité concernée de Jdeidé et avec les autorités pour lancer des travaux d’agrandissement. La décharge a été fermée par la société SGK, qui gère le site.

Toutefois, suite au tollé provoqué par la fermeture soudaine de la décharge, le Conseil du développement et de la reconstruction (CDR), dans une circulaire dont L’Orient-Le Jour a pu consulter une copie, a demandé à la société SGK de rouvrir le site en attendant le Conseil des ministres de jeudi prochain, au cours duquel ce sujet devrait être abordé.

A son tour, la société de collecte Ramco a publié un communiqué dans lequel elle déclare avoir pris connaissance de la circulaire envoyée par le CDR. « Ramco reprend son travail à partir d’aujourd’hui (mardi), à 17h », confirme-t-elle.

Auparavant, Ramco avait publié le communiqué suivant : « En raison de la fermeture de la décharge de Jdeidé et de l’arrêt de l’accueil des déchets à partir de 4h du matin le 7 octobre, la société Ramco/TAS-B annonce la suspension de toutes les opérations de collecte des déchets dans les différentes régions des cazas du Metn et du Kesrouan, ainsi que dans la ville administrative de Beyrouth, et ce jusqu’à la réouverture de la décharge et la reprise de ses activités. La société informe les autorités concernées des conséquences de cette suspension, qui entraînera une accumulation des déchets indépendamment de sa volonté, et elle attend la notification officielle de la remise en service de la décharge pour reprendre ses opérations habituelles. »

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Fermeture imminente de la décharge de Jdeidé : vers une nouvelle crise ?

La fermeture de la décharge, arrivée à saturation, avait été initialement annoncée pour le début du mois. Le dossier est passé plusieurs fois devant le Conseil des ministres sans qu’une solution ne soit trouvée.

Cette décharge devait servir durant cinq ans, en parallèle de celle située à Costa Brava (Choueifat, au sud de Beyrouth) desservant le Mont-Liban sud et l’autre partie de Beyrouth, mais la gestion déficiente des déchets a causé la saturation précoce des deux sites et des agrandissements successifs, le dernier ayant eu lieu cette année dans le site de Choueifat.

Le Liban a connu plusieurs importantes crises de gestion des déchets dans son histoire récente, dont la dernière majeure date de 2015.

« Il y a une solution »

Contacté par L’Orient-Le Jour, Auguste Bakhos, président du conseil municipal de Jdeidé, s’est demandé si cette fermeture « n’est pas une sorte de pression sur la municipalité » vu que « la solution temporaire existe », selon lui.

« Nous avons accueilli les déchets devant se retrouver à Costa Brava durant quatre mois, période durant laquelle cette autre décharge a été fermée pour cause d’agrandissement, et ce site nous doit donc quatre mois de services qui peuvent commencer dès aujourd’hui », explique-t-il.

La décharge de Costa Brava est l’autre décharge officielle desservant le Mont-Liban sud et la deuxième partie de Beyrouth. Ces deux sites côtiers, Bourj Hammoud-Jdeidé et Costa Brava, ont été aménagés dans le cadre du plan de sortie de crise de 2016. Ils ont tous deux été saturés et agrandis plus d’une fois.

Les « pressions » évoquées par Auguste Bakhos s’inscrivent dans le cadre des négociations en cours entre la municipalité et les autorités concernées (ministères et Conseil du développement et de la reconstruction, CDR) en vue d’un agrandissement de la décharge qui donnerait un répit d’un an et demi à la région. Or cet agrandissement ne peut avoir lieu que sur un terrain que l’Etat avait cédé à la municipalité en contrepartie de toutes ces années d’accueil d’une décharge. Le conseil municipal demande donc des garanties et des conditions pour accepter cet énième agrandissement, très impopulaire auprès de la population, notamment le droit d’exploitation de toute la surface de la décharge après sa fermeture.

La fermeture de la décharge sans alternative début octobre, même si elle était prévue, serait-elle un moyen de pression en vue de pousser la municipalité à revoir ses conditions à la baisse ? M. Bakhos, en tout cas, dit tenir aux conditions qui sont dans l’intérêt de sa région et affirme avoir « mis en place un plan d’urgence pour collecter et stocker temporairement les déchets de la municipalité ».

« Qui a ordonné à Ramco d'arrêter de collecter les déchets ? »

Le député FL de Batroun, Ghayath Yazbeck, qui préside également la commission parlementaire de l’Environnement, n’a pas ménagé la ministre de l’Environnement Tamara el-Zein avec ses critiques. « Hier (lundi), mon confrère Razi el-Hage et moi, avons rencontré la ministre de l’Environnement Tamara el-Zein pour discuter de la fermeture de la décharge de Jdeidé, et nous avons convenu d’empêcher toute crise au Metn en recourant à l’envoi des déchets à Costa Brava durant trois mois et demi, en attendant la formation de l’Autorité de régulation des déchets ménagers qui sera en charge d’élaborer un plan global pour le secteur », a-t-il écrit.

Et d’ajouter : « Que s’est-il passé pour que quelqu’un ordonne soudain à Ramco de ne plus collecter les déchets et de noyer la région d’ordures ? Madame la ministre, il n’est pas possible de laisser les gens être victimes d’un chantage sur leur santé et celle de leurs enfants. Nous espérons que vous allez agir rapidement pour sauver la mise, sachant que nous sommes aux portes de la saison des pluies. »

L’Orient-Le Jour a tenté de contacter la ministre de l’Environnement et le directeur général de Ramco, sans succès jusqu’à présent.

A L’Orient-Le Jour, M. Yazbeck a réitéré que « la situation sur le littoral du Metn devenait intenable ». « La décharge fait désormais 37 mètres de hauteur, on ne sait jamais quand ce mur peut tomber, les odeurs sont nauséabondes, le site est peuplé de chiffonniers, et, plus grave encore, les quantités de méthane qui s’en dégagent sont énormes et peuvent provoquer des incendies à n’importe quel moment, comme cela a été le cas dans le passé », a-t-il expliqué, avant l'annonce de la réouverture de la décharge.

Le président de la commission de l’Environnement confirme que les députés du Metn de manière générale, et notamment ceux des FL, refusent l’agrandissement de la décharge, car ils craignent qu'il ne s'agisse pas du dernier. « Ou du moins, si agrandissement il y a, il faut qu’il soit lié à des conditions très strictes et à un délai précis et immuable », ajoute-t-il.

Pour ce qui est des contacts avec la ministre de l’Environnement, M. Yazbeck précise qu’elle attend la création de l’Autorité de régulation afin que celle-ci élabore un plan. Quand on lui demande si cette soudaine décision d’arrêt de la collecte a des allures de chantage à la population, le député acquiesce. « Il faut se diriger vers la solution temporaire de Costa Brava et mettre sur les rails une décision à plus long terme », insiste-t-il.

Une « ligne rouge »

Sur X, un autre député des FL, Razi el-Hage, a dénoncé « un chantage manifeste envers les habitants du Metn, du Kesrouan et de Beyrouth (...) simplement parce que nous avons refusé l’extension de la décharge de Jdeidé ». Le député fait partie de ceux qui, avec la municipalité de Jdeidé, entrevoient avec circonspection l’éventualité d’un nouvel agrandissement de la décharge, dont les désagréments s’étendent sur une bonne partie du littoral du Metn-Nord

« Ils savent, tout comme nous, que nous disposons encore de quatre mois avec la décharge de Costa Brava (Beyrouth et Mont-Liban-Sud, Ndlr) et que la seule décharge opérationnelle au Liban aujourd’hui est celle de Naamé (Chouf, ndlr, fermée depuis 2016). »

Il a aussi appelé le chef du gouvernement, Nawaf Salam, à faire le nécessaire pour retirer les déchets des rues.

Le député du Metn, Michel Murr, a qualifié la fermeture de la décharge sans alternative de « parfait crime à l’encontre de la population et de l’environnement ». « L’accumulation des déchets devant les maisons est une ligne rouge, nous ne permettrons pas que la vie des gens devienne l’otage du chaos et des tiraillements ».

« Il faut décréter l’état d’urgence dans les 24 heures, et que chaque ministère assume ses responsabilités », a-t-il lancé, réclamant « une reddition des comptes à l’encontre de tous ceux qui sont coupables de négligence ».

Pour sa part, le député Farid el-Khazen (ex-CPL, Kesrouan) s’est insurgé contre la fermeture de la décharge sans alternative. Sur son compte X, il a écrit : « Fermer la décharge de Jdeidé de cette manière-là va noyer le Kesrouan dans ses déchets, ce que nous trouvons inacceptable. Nous appelons le Premier ministre Nawaf Salam, le ministre de l’Intérieur et tous les ministères concernés à trouver une solution immédiate à cette catastrophe environnementale. »

La société en charge de la collecte des déchets dans une partie du pays a annoncé, dans un communiqué publié mardi, la suspension de ses opérations à la suite de la fermeture de la décharge de Bourj Hammoud-Jdeidé, à l’entrée nord de Beyrouth, faute d’accord avec la municipalité concernée de Jdeidé et avec les autorités pour lancer des travaux d’agrandissement. La décharge a été fermée par la société SGK, qui gère le site.Toutefois, suite au tollé provoqué par la fermeture soudaine de la décharge, le Conseil du développement et de la reconstruction (CDR), dans une circulaire dont L’Orient-Le Jour a pu consulter une copie, a demandé à la société SGK de rouvrir le site en attendant le Conseil des ministres de jeudi prochain, au cours duquel ce sujet devrait être abordé.A son tour, la société de...
commentaires (3)

Par dessus les dechets menagers et animaliers, faites de la place de toute URGENCE aux PEGRES de toutes sortes dont il faut que le pays s,en debarrasse.

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

13 h 51, le 08 octobre 2025

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Commentaires (3)

  • Par dessus les dechets menagers et animaliers, faites de la place de toute URGENCE aux PEGRES de toutes sortes dont il faut que le pays s,en debarrasse.

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    13 h 51, le 08 octobre 2025

  • je n'aurais vraiment jamais voulu etre dans la peau de nawaf salam et de qqs uns de ses ministres. yaani devoir trouver des solutions a quasiment TOUS les secteurs problematiques de notre belle nation... qui representent quasiment TOUS les secteurs du pays.... Wowww ! effarante perspective. par ou commencer n'etant pas le seul probleme mais surtout COMMENT le faire aboutir.

    L’acidulé

    11 h 12, le 08 octobre 2025

  • tout ca est faux et sale...il faut "vendre "tous ces déchets!

    Marie Claude

    08 h 00, le 08 octobre 2025

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