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Société - Migrants Syriens

Un premier convoi de « retours volontaires » vers la Syrie, encadré par le HCR, traverse Masnaa

Au total, 17 000 personnes se sont inscrites auprès du HCR pour rentrer dans leur pays d'origine.

Un premier convoi de « retours volontaires » vers la Syrie, encadré par le HCR, traverse Masnaa

Une famille de réfugiés syriens sur le chemin du retour le 29 juillet 2025 près du poste-frontière de Masnaa. Photo transmise par notre correspondante Sarah Abdallah/L'Orient-Le Jour

Comme annoncé début juillet, la première étape du programme de « retour volontaire » des migrants et réfugiés syriens du Liban, encadré par le Haut-Commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR) depuis la chute du régime de Bachar el-Assad, a été officiellement lancée mardi sous la supervision des autorités libanaises.

En coordination avec l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), la Sûreté générale libanaise a encadré le retour de 71 personnes, faisant partie de 16 familles différentes, a confirmé à L'Orient-Le Jour une source de sécurité. Ce premier convoi composé de trois bus a ainsi traversé le matin la frontière libano-syrienne via le poste-frontière de Masnaa, dans l'est de la Békaa, qui constitue le seul point de passage ouvert pour mener à bien cette « phase pilote » du programme. « Trois bus transportant 71 réfugiés ainsi que trois camions chargés de leurs effets personnels ont quitté la vallée de la Békaa pour rejoindre Damas, le rif de Damas et Homs », a détaillé Lisa Abou Khaled, la porte-parole du HCR au Liban.

Quelque 200 000 retours depuis le Liban

Cette mise en marche doit s'inscrire dans un processus plus large auquel plus de 17 000 réfugiés ont jusqu'ici exprimé leur intérêt un mois après son lancement, le 1er juillet. « L’opération d’aujourd’hui constitue une étape importante dans la facilitation du retour volontaire des Syriens qui demandent un soutien pour rentrer chez eux, a déclaré Mathieu Luciano, chef de mission de l'OIM au Liban. Nous avons veillé à accompagner ce mouvement à chaque étape, avec une attention particulière portée à la sécurité, à la dignité et aux besoins individuels. »

La date de départ des prochains convois n'a pas encore été fixée, ajoute-t-on de même source, alors qu'aucun calendrier précis n'a pour l'instant été dévoilé par Beyrouth. Sollicité, le ministère des Affaires sociales, chargé avec celui de l'Intérieur de la gestion de ce dossier, n'a pu répondre à temps. « C’est un bon début, avait estimé la ministre Hanine Sayed, révélant l'existence de ce programme le 9 juillet dans un entretien donné à l’agence Reuters. Nous sommes toujours en discussion avec nos homologues syriens pour la coordination. Je pense que les chiffres vont augmenter dans les semaines à venir », avait-elle alors prédit, alors que 170 réfugiés supplémentaires ont ajouté leurs noms à la liste ces deux dernières semaines.

En soirée, une source officielle libanaise citée par Sky News a affirmé qu'il n’y aura plus au Liban d’ici à janvier 2026 « aucun Syrien portant le statut de déplacé ». Le terme « déplacés syriens » est utilisé par les officiels libanais pour parler de ceux qui ont dû quitter la Syrie après le début de la révolution syrienne en 2011.

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En tout, plus de 126 000 réfugiés syriens ont été retirés des registres du HCR depuis la chute du régime Assad le 8 décembre 2024, précise l'agence onusienne. « De nombreux réfugiés ont déjà quitté le Liban de leur propre initiative, souvent avant même de bénéficier de l’aide du HCR, poursuit Lisa Abou Khaled. Fin juin, plus de 700 000 Syriens sont retournés en Syrie depuis les pays voisins, dont environ 200 000 via le Liban. »

D'autres vagues de retour, également décrites comme « volontaires » par les autorités libanaises, ont été organisées depuis le début de l'année. Plusieurs centaines de familles de réfugiés avaient par exemple été rapatriées depuis le village frontalier de Ersal (caza de Baalbeck-Hermel) via le poste-frontière de Zamrani entre fin avril et début mai.

Plus de sept mois après le changement de régime à Damas, la Syrie comptait encore début juin quelque 13,5 millions de réfugiés et déplacés internes cumulés, causés par les 14 années de guerre civile ayant fait plus de 610 000 morts, selon les estimations de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), dont 160 000 civils et 25 000 enfants.

« 100 dollars au départ, jusqu'à 400 à l'arrivée »

Pour inciter au retour dans un pays encore instable, récemment marqué par une nouvelle vague de violences intercommunautaires dans la région à majorité druze de Soueida, le plan offre aux participants une compensation financière versée au départ et à l'arrivée du convoi. « Les personnes choisissant de rentrer peuvent bénéficier d’un appui de subsistance de 100 dollars par personne au Liban. Une fois en Syrie, les familles vulnérables pourront recevoir jusqu’à 400 dollars par famille pour les aider à se réintégrer », détaille le HCR, alors que de nombreux réfugiés se retrouvent, une fois rentrés, dans l'incapacité de retrouver leurs anciens domiciles, souvent détruits ou occupés par d'autres habitants durant leur exil. De plus, les frais de transport sont pris en charge par les agences de l'ONU, tandis que les autorités aux frontières ont également supprimé les tarifs de passage.

« Du point de vue du HCR, si un réfugié prend la décision de retourner volontairement en Syrie avec l’intention de s’y réinstaller de manière permanente, toute assistance qu’il recevait au Liban sera suspendue et son dossier sera radié », ajoute Lisa Abou Khaled, alors que la ministre Hanine Sayed avait mentionné dans cette même interview que des permis de résidence pourraient éventuellement être octroyés à certains « chefs de famille » souhaitant conserver leur emploi actuel au Liban. Ainsi, plus de 120 000 dossiers ont été ôtés des registres du HCR au Liban en raison de retours confirmés ou présumés, abonde le HCR.

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Avant le renversement de Bachar el-Assad par une alliance de groupes rebelles à majorité islamistes, des vagues de retours volontaires avaient déjà été organisés au compte-gouttes par les autorités libanaises. Les chiffres officiels du HCR faisaient alors état d'environ 770 000 réfugiés syriens officiellement enregistrés au Liban, vivant comme de nombreux Libanais dans des conditions extrêmement difficiles. Des estimations officieuses évaluaient toutefois ce chiffre à près de 1,5 million de personnes, ce qui faisait du Liban le pays au monde comprenant la plus grande proportion de réfugiés par rapport à sa population.

La pression sur les réfugiés syriens s’est fortement accrue ces dernières années au Liban, frappé par une guerre de plusieurs mois avec Israël en 2024, et plongé depuis 2019 dans une grave crise économique qui a alimenté un sentiment d'hostilité croissante à l'égard des ressortissants du pays voisin. Une vague de violences antisyriennes avait notamment éclaté au Liban l’année dernière à la suite du meurtre d’un responsable local du parti chrétien des Forces libanaises, Pascal Sleiman.

Mais en Syrie, de vastes zones restent détruites, avec des infrastructures publiques en ruine (centrales électriques, écoles, réseaux d’eau) et des millions de personnes sans-abri, alors que l'ONU a estimé le coût de la reconstruction du pays à plus de 400 milliards de dollars. Par ailleurs, plus de 106 000 Syriens sont arrivés dans le nord du Liban depuis le début de l’année, pour la plupart issus de la minorité alaouite, pour fuir les massacres perpétrés en mars sur le littoral syrien.

Comme annoncé début juillet, la première étape du programme de « retour volontaire » des migrants et réfugiés syriens du Liban, encadré par le Haut-Commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR) depuis la chute du régime de Bachar el-Assad, a été officiellement lancée mardi sous la supervision des autorités libanaises.En coordination avec l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), la Sûreté générale libanaise a encadré le retour de 71 personnes, faisant partie de 16 familles différentes, a confirmé à L'Orient-Le Jour une source de sécurité. Ce premier convoi composé de trois bus a ainsi traversé le matin la frontière libano-syrienne via le poste-frontière de Masnaa, dans l'est de la Békaa, qui constitue le seul point de passage ouvert pour mener à bien cette « phase pilote » du programme. «...
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Bon debarras! Dont call us well call you.

Robert Moumdjian

02 h 24, le 30 juillet 2025

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Commentaires (1)

  • Bon debarras! Dont call us well call you.

    Robert Moumdjian

    02 h 24, le 30 juillet 2025

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