Des élèves dans une école publique de Bazouriyé, au Liban-Sud, le 3 juillet 2024. Photo d’illustration Matthieu Karam/L’Orient-Le Jour
La ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Rima Karamé, a publié mercredi une circulaire autorisant les universités privées à organiser des sessions de rattrapage pour leurs étudiants issus des régions visées par les bombardements israéliens, ou soumis à des déplacements forcés, n’ayant pas pu passer leurs examens de fin d’année.
Cette mesure vise à garantir « l’égalité des chances » entre les étudiants et à éviter que ceux vivant dans ces zones à risque aient à effectuer des déplacements pour se rendre à leurs examens « au risque de leur sécurité », indique la circulaire. « Les étudiants concernés doivent être dispensés de l’obligation de se présenter aux examens finaux dès lors qu’ils estiment être exposés à un danger réel, et aucune forme d’incitation ou de pression ne doit être exercée pour les pousser à se rendre dans les centres d’examen », a plaidé la ministre.
Ces examens de rattrapage se tiendront en présentiel, et devront être organisés au plus tard le vendredi 30 octobre 2026, précise la circulaire. Celle-ci invite également les universités privées à mettre à disposition tous les moyens d’enseignement possibles, notamment à distance, afin de permettre aux étudiants de poursuivre leur cursus durant cette période.
« Les universités privées doivent suivre la situation des étudiants concernés et de documenter chaque cas, tout en leur fournissant l’accompagnement et le soutien nécessaires sur les plans académique, psychologique, social et financier, afin de les aider à surmonter les circonstances exceptionnelles auxquelles ils sont confrontés et à maintenir un niveau de préparation comparable à celui de leurs camarades », ajoute le texte.
Report dans les branches de l’UL à Saïda et dans le Sud
De son côté, la présidence de l’Université libanaise a décidé de « reporter les examens dans toutes les branches des facultés et instituts de l’université à Saïda et dans le Sud pour une semaine supplémentaire, jusqu’au soir du dimanche 21 juin, en raison de l’instabilité sécuritaire ».eCes mesures interviennent une semaine après le meurtre d’une étudiante de l’Université libanaise (UL), Théodossia Karam, originaire du village de Qlayaa, près de la « ligne jaune » au Liban-Sud. Celle-ci avait été tuée le 2 juin par une frappe israélienne de drone sur son véhicule aux côtés de son père, James Karam, et de son frère Tony, alors que la famille rentrait de Beyrouth, où l’étudiante venait de passer ses examens de fin d’année.
Le calendrier du baccalauréat encore inconnu
Une réunion de la commission parlementaire de l’Éducation, chargée d’examiner le sort des examens du baccalauréat, jusqu’ici maintenus, s’est tenue jeudi en présence de la ministre. À l’issue de cette réunion, Mme Karamé a annoncé avoir décidé de réexaminer le plan d’organisation des examens officiels à la lumière de la recommandation des députés membres de la commission qui stipule que la situation présente ne permet pas leur tenue. Elle a également indiqué qu’elle « se conformera à toute décision prise par les députés concernant le baccalauréat ».
De son côté, le président de la commission de l’Éducation, Hassan Mourad, a affirmé que « nous avons souligné l’existence de conditions inéquitables entre les élèves, en raison des déplacements de population et des risques sécuritaires », précisant que « cela concerne aussi bien le baccalauréat que le brevet ».aLe mois dernier, le ministère français de l’Éducation nationale avait quant à lui pris la décision d’annuler les épreuves écrites et orales du brevet pour les élèves de troisième et du bac français au Liban pour les élèves de terminale. Celles-ci ont été remplacées par les notes du contrôle continu ou la moyenne annuelle de l’année.



