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Société - guerre au liban 2026

« Les Israéliens sont dans l'embarras » : comment un combattant libanais a pu franchir la frontière avant d'être abattu

« S'il faisait partie du Hezbollah, nous en aurions été fiers et nous l'aurions annoncé », assure un porte-parole du parti chiite à « L'Orient-Le Jour ».

« Les Israéliens sont dans l'embarras » : comment un combattant libanais a pu franchir la frontière avant d'être abattu

Des militaires israéliens patrouillent le 9 juin 2026 dans le secteur de la crète de Ramim, en Haute-Galilée, après l'infiltration d'un combattant en provenance du Liban, qui a été abattu. Photo Jalaa Marey/AFP

Muni d'un couteau et d'une arme à feu, un Libanais a réussi mardi, en pleine guerre entre Israël et le Hezbollah, à traverser des villages occupés du Liban-Sud, avant de franchir la frontière et d'être abattu par l'armée israélienne. Hamza Hammoud, originaire du village de Markaba dans le caza de Marjeyoun, a pu s'infiltrer en territoire israélien, malgré les combats actifs dans la zone et la présence de l'armée israélienne qui occupe environ 600km2 du Liban-Sud, décrétés « zone de sécurité », après y avoir rasé des villages entiers et chassé les populations locales. Repéré dans les environs de la « crête de Ramim », près de la localité israélienne de Manara, qui fait face au village libanais de Houla, il a finalement été abattu par les militaires israéliens.

Hamza Hammoud était-il affilié au Hezbollah ? A-t-il agi pour le compte du parti chiite ? Comment un individu armé a-t-il pu entrer en territoire israélien, alors que l'armée de l'État hébreu est lourdement déployée en profondeur au Liban-Sud depuis des semaines ?

Âgé de 25 ans, Hamza Hammoud habitait le quartier de Bir Abed, dans la banlieue sud de Beyrouth, fief de la formation chiite, selon la presse libanaise. Mais il n'était « pas affilié au Hezbollah », assure un porte-parole de la formation, contacté mercredi par L'Orient-Le Jour. Selon certaines informations en ligne que nous n'avons pas pu confirmer, Hamza Hammoud portait un uniforme militaire avec des insignes du Hezbollah. « S'il faisait partie du Hezbollah, nous en aurions été fiers et nous l'aurions annoncé », lance le porte-parole. « Il a sans doute agi en réaction à l'occupation. Peut-être qu'il a perdu sa maison... » analyse ce responsable qui affirme que le jeune homme portait sur lui « une arme personnelle et un couteau ». Pour lui, « les Israéliens sont dans l'embarras. Cet incident montre qu'il y a certainement des lacunes du côté israélien ».

Sur les réseaux sociaux, des internautes pro-Hezbollah saluent un « héros », baptisé parfois « l'infiltré en Haute-Galilée, dans la colonie de Margaliot ». Hamza Hammoud aurait réussi à se rapprocher de cette localité israélienne, selon la presse de l'État hébreu, sans toutefois pouvoir pénétrer dans des zones habitées par des civils. Un internaute sur X, qui affirme être issu de la même région que le combattant, raconte que ce dernier aurait appelé ses parents lorsqu'il est arrivé au Liban-Sud pour leur annoncer son intention de traverser la frontière. Sur des photos non vérifiées qui circulent en ligne depuis mardi, on voit Hamza Hammoud posant avec des armes à feu à divers endroits, dont un bâtiment en ruine.

« À moto de Bir Abed jusqu'à la zone frontalière »

La journaliste Roqayah Chamseddine, correspondante au Liban du média en ligne The Cradle, qui se revendique indépendant et qui est connu pour son opposition à Israël, affirme que l'homme a parcouru à moto la distance entre Bir Abed et la zone frontalière, soit plus de 100 kilomètres. Il se serait ensuite « caché dans une vallée pendant la nuit avant de rejoindre Markaba », puis traverser la frontière. L'homme aurait ensuite été repéré par des soldats israéliens, alors qu'il se trouvait dans une zone militaire.

« L'enquête préliminaire révèle qu'un soldat du génie, arrivé sur les lieux suite à un signalement d'incendie, a identifié un individu suspect en uniforme et a décidé de faire appel à une unité d'intervention qui a neutralisé le terroriste. L'armée israélienne indique qu'il n'a pas encore été possible de déterminer son appartenance à une organisation », rapporte la radio de l'armée israélienne GLZ, dans une publication sur X. Quant au chef d'état-major de l'armée israélienne, Eyal Zamir, il a assuré qu'il se chargera « personnellement de l'enquête », toujours selon GLZ.

« Cette opération a démontré que la frontière n'est pas hermétique. Elle a provoqué une mobilisation militaire massive de l'armée israélienne et ravivé les inquiétudes concernant les infiltrations terrestres, qu'Israël considère comme l'une des menaces les plus sérieuses sur son front nord », analyse le général libanais à la retraite Mounir Chehadé, dans un entretien avec notre publication. « Un individu seul ne peut pas modifier l'équilibre des forces, mais il peut tester le niveau de préparation sécuritaire et semer l'inquiétude dans les localités frontalières », estime l'ancien haut gradé connu pour ses positions favorables au parti chiite. « Quant à l'implication directe du Hezbollah dans cette opération, elle reste, à ce jour, une conclusion non étayée par des preuves publiques suffisantes », prévient-il.

« Je ne sais pas à quel point il est crédible de dire que cet homme n'est pas du tout affilié au Hezbollah », estime, a contrario, le journaliste Ali el-Amine, directeur du site d'informations Janoubia et opposant farouche au parti chiite. « Il était armé et a fait preuve d'un certain professionnalisme sur le terrain, en réussissant quand même à traverser plusieurs kilomètres jusqu'à la frontière. Mais il a sans doute planifié son action tout seul », pense le journaliste. Interrogée par L'OLJ, une source au sein de l'armée libanaise dit « ne pas pouvoir confirmer que l'homme était bien affilié au Hezbollah », mais pense que cela est « probable », au vu des circonstances de l'incident.

Le 9 octobre 2023, deux jours après l'opération du Hamas « Déluge d'al-Aqsa » en Israël, et la guerre de Gaza qui a suivi, des éléments armés du Jihad islamique palestiniens au Liban avaient réussi à traverser la frontière et assassiner un officer israélien, avant d'être tués par des soldats israéliens. L'année suivante, en janvier 2024, alors que la guerre entre Israël et le Hezbollah était encore de basse intensité, trois hommes armés en provenance du Liban avaient été abattus par l'armée israélienne dans le secteur des fermes occupées de Chebaa, minuscule territoire au cœur d'un litige entre le Liban et la Syrie.

Muni d'un couteau et d'une arme à feu, un Libanais a réussi mardi, en pleine guerre entre Israël et le Hezbollah, à traverser des villages occupés du Liban-Sud, avant de franchir la frontière et d'être abattu par l'armée israélienne. Hamza Hammoud, originaire du village de Markaba dans le caza de Marjeyoun, a pu s'infiltrer en territoire israélien, malgré les combats actifs dans la zone et la présence de l'armée israélienne qui occupe environ 600km2 du Liban-Sud, décrétés « zone de sécurité », après y avoir rasé des villages entiers et chassé les populations locales. Repéré dans les environs de la « crête de Ramim », près de la localité israélienne de Manara, qui fait face au village libanais de Houla, il a finalement été abattu par les militaires israéliens. Hamza Hammoud...
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