Un homme vend des brouettes devant son magasin endommagé dans la ville de Douma, à l'est de la capitale syrienne Damas, le 15 décembre 2024. Photo AFP/SAMEER AL-DOUMY
Ils avaient été chassés de chez eux quand le Hezbollah, soutien de l'armée de Bachar el-Assad, s'était emparé de Qousseir. Près de 10 ans plus tard, les habitants de cette ville de l'ouest de la Syrie retrouvent leurs maisons en ruine.
« La plupart des quartiers de Qousseir nous étaient interdits d'accès. Même les commerçants et les résidents n'avaient pas le droit d'y aller », explique à l'AFP Ali Khleif, un habitant de cette ville frontalière avec le Liban.
« C'est parce que les combattants du Hezbollah utilisaient (ces bâtiments) comme des entrepôts d'armes et de munitions, mais grâce à Dieu, après la libération, les habitants ont pu récupérer leurs commerces, leurs maisons, leurs terres. Et ils les reconstruiront », assure le jeune homme de 22 ans.
Les anciennes permanences du Hezbollah ont été saccagées et les photos de l'ancien secrétaire général Hassan Nasrallah, tué par Israël le 27 septembre dans un bombardement sur la banlieue sud de Beyrouth, déchirées.
La plus grande partie des habitations de la localité ont été détruites par des années de violence. Le Hezbollah s'était installé dans une école, une station de pompage d'eau et d'autres bâtiments.
La formation pro-iranienne avait annoncé en 2013 être intervenue aux côtés des forces gouvernementales syriennes pour les aider face aux rebelles qui gagnaient du terrain dans le pays.
Il s'était alors emparé en juin de cette même année de la ville clé de Qousseir, où la formation pro-iranienne avait mis en place une base militaire et un camp d'entraînement.
« Occupation »
Les habitants ont été déplacés vers des zones autour de Qousseir où le conflit faisait moins rage, ainsi qu'au Liban.
« Durant les années d'occupation de Qousseir (par des combattants du Hezbollah, NDLR), notre ville a été considérée comme un couloir pour le transport d'armes de Syrie et d'Iran, via l'Irak, en passant par le Liban », dit Ayman Soweid, un avocat de 30 ans.
La région a été souvent visée par l'aviation israélienne qui bombardait les positions du Hezbollah en Syrie.
Mais avec la fuite de Bachar el-Assad face à la progression de la coalition de groupes rebelles dominés par les islamistes de Hayat Tahrir al-Cham (HTC), les combattants du Hezbollah, lourdement affaiblis après plus d'un an d'hostilités avec Israël, se sont empressés de déserter la ville.
Samar Harfouch, une autre habitante de Qousseir, se désole face aux ruines qu'elle découvre. « Nous sommes revenus (samedi) pour découvrir nos maisons détruites », dit cette femme de 38 ans.
« Ca, c'est ma maison. Et là, ce sont les trois maisons de mes beaux-frères. Derrière, c'est la maison de mon frère, puis encore plus loin, celle de ma belle-mère, de mes deux soeurs, et encore une maison appartenant au frère de mon mari », énumère-t-elle, sidérée. « Toutes, réduites en poussière », ajoute Mme Harfouch.


Partout où cette organisation passe, tout trépasse. Ils ne connaissent que la barbarie et n’ont ni dieu ni maître. Il était tant que quelqu’un leur montre leurs limites. Ils ont eu le gros melon face à des populations qui étaient non armées et aux abois. Enfin ils ont pu réaliser leur lâcheté face à une vraie armée pour les réduire au silence
10 h 35, le 16 décembre 2024