Des combattants tribaux bédouins se rassemblent dans la partie nord de la ville de Soueida du sud de la Syrie, le 19 juillet 2025. Bakr ALkasem / AFP

Malgré les massacres sanglants contre la population alaouite en mars dernier, les affrontements meurtriers à Jaramana en mai ou encore les attentats contre les minorités, malgré toutes les fragilités structurelles, « la Syrie d’Ahmad el-Chareh semblait enfin prendre la voie d’une forme de stabilisation, avec, d’une part, la levée des sanctions américaines et, de l’autre, l’accélération des négociations pour un accord (a minima) de sécurité avec Israël », écrivait, cette semaine, notre corédacteur en chef Anthony Samrani.
Le conflit qui a éclaté à Soueida, dans le sud de la Syrie, ce 13 juillet entre la communauté druze et les tribus bédouines - et dans lequel les forces gouvernementales se sont immiscées - a changé la donne. Dans les coulisses du pouvoir, il faut désormais calmer le jeu avec Tel-Aviv sans éveiller l’animosité dans les rangs plus radicaux. Déjà, dans la rue, l’inquiétude d’un retour en arrière commence à monter.
Des origines du conflit à Soueida à ses conséquences pour la Syrie, mais aussi le Liban et au-delà, nos journalistes vous racontent et décryptent les événements des derniers jours en Syrie.


Après Soueida, retour à la case départ pour Chareh

Depuis la chute du régime Assad, le nouveau pouvoir syrien a vacillé plus d’une fois.Mais la séquence survenue à Soueida marque sa première vraie défaite. Car après les frappes israéliennes, l'aveu de faiblesse du pouvoir central pourrait être rédhibitoire pour sa base sunnite, et les franges les plus radicales de ses soutiens. L’éclairage de Noura Doukhi.

« Nos frères sont pris au piège… » : au Liban, la colère des villages druzes

« Si les routes étaient ouvertes, on serait déjà à Soueida.» Pendant quelques jors, les druzes du Liban ont bouillonné de colère devant les images de massacres et d'humiliations qui ont visé leurs coreligionnaires. Alors que certains appellent à la résistance armée, Lyana Alameddine et Dany Moudallal sont allés sur place.

En Syrie, le fossé se creuse entre Washington et Tel-Aviv

C’est le théâtre du Moyen-Orient où les divergences entre Israël et les US sont le plus marquées. Car dans la région et en Syrie, Netanyahu et Trump n'ont pas les mêmes objectifs. Mais que se passera-t-il si Tel-Aviv continue de tester les limites des États-Unis ? Éléments de réponse, avec Amélie Zaccour.

Syrie : ce que l’on sait des exactions commises à Soueida

Exécutions sommaires, bombardements sur des zones civiles, massacres de familles, pillages, scènes d’humiliation… Emmanuel Haddad, Stéphanie Khouri et Clémentine Mariuzzo, faisaient le point sur les exactions commises à Soueida, quelques jours après le début du conflit.

À Damas, « le rappel à l’ordre » israélien réveille les traumatismes communautaires

Il y a l’humiliation, qui est « trop grande ». Et il y a aussi « la peur de repartir pour un tour » en Syrie. À travers la capitale, deux sentiments s’entrechoquent. Celui d’avoir subi un « rappel à l’ordre israélien », mais aussi celui d’un divorce de plus en plus marqué entre les communautés. Caroline Hayek et Ahmad Roumi étaient sur place.

Soueida, minorités, Israël : la triple faute d'Ahmad el-Chareh

Alors que la Syrie semblait enfin prendre la voie d’une forme de stabilisation, tout cela semble être parti en fumée. Une chose est sûre, l'épisode sanglant des derniers jours laissera des traces, et « plaider l’erreur ne suffira plus », écrit notre co-rédacteur en chef, Anthony Samrani. Retrouvez son analyse.

Ennemi ou pas ? Les Syriens du Sud tiraillés face à Israël

L’État hébreu se pose en protecteur des druzes tout en occupant des pans entiers de la zone frontalière, possibles cartes de négociations pour conserver le Golan annexé. Dans le sud de la Syrie, la communauté n’est donc pas unanime sur la main tendue de Tel-Aviv. Le reportage d’Emmanuel Haddad.

« Netanyahu veut une Syrie neutralisée en tant que menace pour Israël, comme l'Égypte ou la Jordanie »

Que cherche Tel-Aviv en Syrie, et pourquoi ? Comment cette vision pourrait-elle être conciliée avec celle de Chareh ? Noura Doukhi fait le point avec Nicholas Heras, directeur de la stratégie au New Lines Institute.

À Soueida, « c’est le chaos dehors, il y a des terroristes dans les rues »

« C’est dur de dormir avec les bombes et la peur ». En trois jours à peine, les combats à Soueida avaient déjà fait près de 150 morts et ravivé les craintes existentielles de la communauté druze. Effusions de sang, pillages, scènes d'humiliation... Des habitants s’étaient confiés à Amélie Zaccour au tout début des conflits.

