
Chère lectrice, cher lecteur,
15 juillet 2015-15 juillet 2025 : il y a exactement dix ans, les Libanais se retrouvaient noyés, du jour au lendemain, dans leurs ordures. Une crise qui devait durer neuf longs mois sur fond de montagnes de déchets, de fumées toxiques et d’odeurs pestilentielles.
Pour le citoyen lambda, l’intrusion des déchets dans les rues, en cette chaude journée de l’été 2015, était soudaine et inexpliquée. Les observateurs avertis avaient, eux, vu venir la catastrophe, résultat inévitable de mauvaises décisions, de bras de fer politiques et de corruption endémique.
Je suivais le dossier de la gestion des déchets depuis la fin des années 90, au moment où naissait la tristement célèbre décharge de Naamé, dans le Chouf, dont la fermeture 17 ans plus tard – la raison officielle était la contestation des habitants des environs – a provoqué la crise de l’été 2015. À l’époque, mon rédacteur en chef m’avait demandé d’écrire l’article suivant : « Comment en est-on arrivé là ? ». La liste des raisons était longue et édifiante… Elle est toujours d’actualité. Avec une nuance : la crise ouverte s’est transformée en mini-crises larvées au quotidien.
Cette crise des déchets en 2015 fut un moment de prise de conscience politique non-négligeable, probablement précurseur de la « thaoura » qui devait suivre quatre ans plus tard.
Qu’est-il advenu de cette prise de conscience depuis ? Les rouages de la corruption et de l’imprévoyance – et pas que dans ce secteur - sont bien connus du grand public, mais provoquent des réactions de moins en moins vives. Malgré les promesses de réformes, le peuple fatigué – et divisé – continue de ressentir cette impression diffuse et familière d’être lâché dans le vide.
Et nous, nous continuons inlassablement non seulement de dénoncer ces crises à répétition, mais d’en décrypter les rouages.
Suzanne Baaklini, journaliste spécialisée dans l'environnement


Une chaîne israélienne a-t-elle tourné un reportage dans la banlieue sud de Beyrouth ?

Diffusé samedi dernier par la chaîne 12 israélienne, un reportage de 24 minutes sur le Hezbollah, tourné principalement à Beyrouth et intitulé « Hezbollah, le jour d’après au Liban », comprend plusieurs témoignages de Libanais dénonçant la récente guerre entre le Hezbollah et Israël. La chaîne affirme avoir tourné des séquences à l’intérieur de la banlieue sud de Beyrouth, fief du parti chiite où il est d’habitude difficile de filmer sans se faire repérer. Zeina Antonios fait le point

Hervé Magro à « L'Orient-Le Jour » : Il ne faut pas que le Liban rate le train syrien

L’ambassadeur de France affirme que Paris espère toujours tenir une conférence de soutien au pays du Cèdre à l'automne prochain. Mais Beyrouth devra acter une série de réformes d'abord. Découvrez l'interview qu'il a accordée à Jeanine Jalkh

Vote des expatriés libanais : quelques pistes pour un amendement de la loi électorale

Face à une loi électorale qui limite à seulement six sièges le vote des expatriés aux législatives de 2026, au lieu des 128 pour lesquels votent les Libanais résidents, des militants et groupes de la diaspora se mobilisent pour obtenir un amendement de la loi et instaurer l’égalité politique entre Libanais résidents et non-résidents. Voilà ce que vous pouvez faire pour peser sur la question.

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Les habitants de Kowaya vivent sur les hauteurs d’un paradis caché. Percé par la rivière Yarmouk, un écrin de verdure encastré dans la vallée éponyme permet à ce village d’agriculteurs situé aux confins méridionaux de la province de Deraa de cultiver des légumes tout au long de l’année. Mais depuis plusieurs mois, cette oasis leur a été confisquée par l’armée israélienne. Le reportage d'Emmanuel Haddad

À Beyrouth, les arbres résistent et une photographe les suit à la trace

Dans « Undergrowth », sa première exposition personnelle à No/Mad Utopia, la Libano-Lituanienne Ieva Saudargaite Douaihi explore un territoire imaginaire, à mi-chemin entre mémoire intime, urbanisme et formes végétales indociles. Le compte-rendu de Jim Quilty

Pourquoi le boom du « Made in Lebanon » risque de s'essouffler

Dopé par la dépréciation monétaire et la dégradation du pouvoir d’achat des Libanais, l'essor industriel libanais pourrait être en trompe-l'œil faute de stratégie. Les explications de Fouad Gemayel


Le secteur des déchets requiert plus que les autres secteurs l'attention et le financement de l'Etat car dans aucun pays au monde le secteur est autosuffisant financièrement si on veut respecter normes et bonnes pratiques. Il est au mieux, partiellement autosuffisant. Dans aucun cas de figure la valorisation des déchets aux prix actuels du marché de l'electricité et des recyclables peut couvrir l'investissement et l'exploitation (CAPEX et OPEX) des déchets (Waste Management). Le Liban n'a ni Gouvernance ni Argent. Il est logique que rien n'ai été fait. Heureusement la situation n'est pas pire
18 h 14, le 15 juillet 2025