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Chère lectrice, cher lecteur,
Deux jeunes hommes filent d’un pas pressé à travers les ruelles étroites d’al-Qeimarriyeh, en direction de la mosquée des Omeyyades. Ils sont largement en retard : la prière a déjà commencé, et Ahmad el-Chareh a sans doute regagné sa voiture. Peu importe.
Ce lundi 8 décembre 2025, à six heures du matin, ils savourent – comme des milliers d’autres – cette liberté toute neuve de marcher dans la pénombre alors que l’aube peine à se faufiler entre les vieilles pierres. Quelques minutes plus tard, trois silhouettes croisent leur chemin dans le sens inverse. On les avait déjà vues la veille à la frontière syro-libanaise : trois étudiants de Wharton, le premier d’origine syrienne, accompagné d’un ami palestinien et d’un ami hondurien, « le premier à entrer en Syrie (nouvelle) », s’enorgueillit même le douanier en tamponnant le passeport. Eux aussi semblent grisés par cette atmosphère presque mystique qui flotte sur la ville.
Damas est une fête.
Un an après la chute du régime, chaque coin de rue de la capitale palpite au rythme des chants révolutionnaires et pro Syrie, Abdelbasset al-Sarout (janna, janna, janna), Ahmad al-Qassim (enta Souri hor)…
Sur la célèbre place des Omeyyades, ils sont des dizaines de milliers à s’être réunis pour accueillir la parade militaire qui démarre par des parapentes -vision étrange post-7 octobre 2023-, suivis d’hélicoptères lâchant des banderoles aux couleurs du nouveau drapeau.
D’autres, en revanche, dans les quartiers kurde, druze, ou chez les alaouites, n’ont pas le cœur à la fête.
À moins d’une centaine de mètres, dans l’immense lobby feutré de l'hôtel Sheraton, des journalistes étrangers enfilent les cafés noirs en expédiant leurs photos à leur rédaction, des « Idlibis, », les nouveaux maîtres des lieux, discutent enfoncés dans un sofa. Une table de Saoudiens conversent avec un membre d’un ministère, et un groupe de touristes américains est rameuté par leur guide pour suivre les célébrations.
Tout va vite, très vite dans la nouvelle Syrie.
Libérés d'une dictature comme on n’en fait plus, les Syriens et Syriennes ont déjà largement pris le train en marche, même si la route est cahoteuse. Leurs regards plein d’espoir, malgré les défis, en dit long. On aimerait voir un jour la même flamme dans ceux des Libanais et Libanaises, dont le pays, lui, stagne, voire recule…
Caroline Hayek


À Damas, le chemin de la libération passe par Ahmad el-Chareh

Un an s'est écoulé depuis la chute du régime de Bachar el-Assad et une majorité de syriens a célébré cet anniversaire en grande pompe. Le 8 décembre dernier, Ahmad el-Chareh est redevenu Abou Mohammad el-Jolani, le temps d'une journée. Pour le reste tout a changé depuis l'effondrement du régime Assad, ou presque. Explications de Stéphanie Khouri.

Trafic de nourrissons au Mont-Liban : pourquoi les suspects ont été arrêtés un an plus tard

Le 26 novembre et 8 décembre dernier, deux suspects d'un trafic de nourrissons -un gynécologue et un ancien moukhtar- ont été arrêtés par la Sécurité de l'État, dans la région de Saïda, au sud du Liban. Ils étaient pourtant visés par deux mandats d'arrêts par coutumace depuis avril 2024 et faisaient l'objet d'inculpations émises par le juge d'instruction du Mont-Liban, le 13 novembre cette même année. Alors comment expliquer que les deux suspects, impliqués dans une affaire aussi grave, aient pu rester si longtemps en liberté ? Reportage de Nemtala Eddé.

L’attaque de l’EI contre des soldats américains met Damas à l’épreuve

Deux soldats de l'armée américaine et un interprète civil américain ont été tués samedi dernier, alors qu'ils participaient à des opérations antiterroristes contre le groupe État islamique (EI) près de Palmyre, au centre de la Syrie. Il s'agit des premières victimes américaines depuis la chute de Bachar el-Assad l'année dernière. L'attaque n'a pas été revendiquée pour le moment, mais selon le commandement central américain, les premières informations suggèrent qu'elle aurait probablement été commanditée par l'Etat islamique. Une attaque à laquelle les États-Unis ont promptement réagi, mettant Damas à l'épreuve. Clara Hage vous explique.

Augmentation du nombre de voyageurs attendus au Liban pour les fêtes de fin d’année

A l'approche des fêtes, le taux de remplissage des avions se situe autour des 90% et devrait augmenter dans les prochains jours. Un regain d'intérêt pour visiter le Liban, malgré les incertitudes sécuritaires liées à l'escalade des tensions avec Israël et à l'enjeu du désarmement du Hezbollah. Compte-tenu de la tendance actuelle, le Liban devrait enregistrer une augmentation du nombre de visiteurs en cette période de fin d'année, comprise entre 5 et 10% par rapport à 2024. L'analyse de Fouad Gemayel.

« Antar wa Abla » à Abou Dhabi : l’ambition libanaise d’un opéra arabe aux standards internationaux

Du 12 au 14 décemblre, le stade de tennis de Zayed Sports City est spécialement aménagée en une scène spectaculaire de 600 m² pour accueillir « Anta wa Abla », un opéra arabe aux standards internationaux. Un pari rendu possible notamment grâce au travail du compositeur Nadim Tarabay. Maya Ghandour Hert vous présente cette nouvelle production.

