
Chère lectrice, cher lecteur,
Choisir un événement marquant de l’année écoulée pour évoquer, avec vous, comment je l’ai vécu professionnellement d’abord, et personnellement ensuite : telle est la requête qui m’a été transmise pour cette newsletter. Difficile d’être sélective tant ces derniers mois ont été riches en développements. Mais si je ne devais en choisir qu’un, j’opterais pour la présidentielle de janvier 2025.
La guerre battait encore son plein, au Liban, - cette énième guerre « des autres » ou pour les autres née le 7 octobre 2023- quand a commencé à se faire de plus en plus audible le nom du commandant en chef de l’armée, Joseph Aoun, en tant que candidat consensuel à la présidence (vacante depuis 2022). Ce, avec l’appui clair des grandes puissances impliquées dans le dossier libanais.
Le 9 janvier 2025, ce fut chose faite.
Je n’oublierai jamais la joie avec laquelle j’écoutais le nouveau président prononcer son discours d’investiture, salué par une « standing ovation » des députés. Ce jour-là, un vent d’espoir, tant attendu, a soufflé sur le Liban. Ce jour-là, un certain nombre de Libanais se sont surpris à se laisser aller à une pointe d’optimisme.
Pour moi qui couvre la politique libanaise depuis plus d’une décennie au sein de L’Orient-Le Jour, l’événement avait un air de quasi jamais-vu. Accompagné d’un petit miracle. Pour la première fois depuis longtemps, j‘entendais de nouveaux mots dans la bouche des sources politiques à qui je parle quotidiennement. En lieu et place des mots « crise » ou « blocage » qui ponctuaient chacune de nos conversations, j’entendais alors « nouvel élan », « nouveau début », « opportunité que le Liban ne devrait pas rater ».
Travailler sur la politique libanaise m’a toujours enthousiasmée. Je comprends que cela puisse vous surprendre. Mais cette fois-ci, l’exercice a pris un autre goût. Pour une fois, il me semblait que nous pouvions enfin prendre part activement à la construction d’un nouveau Liban.
Depuis ce 9 janvier 2025, les mauvaises habitudes et manœuvres politiciennes ont retrouvé leur place, même si des avancées significatives ont été enregistrées.
Les lunes de miel, au Liban, ne durent jamais bien longtemps. Mais ceci ne pourrait suffire à entamer mon intérêt -mon enthousiasme oserais-je dire- pour la politique libanaise, dont je continuerai à décrypter les surprises, les anomalies, les turpitudes et les moments de lumière aussi.
Yara ABI AKL


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