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Le silence ne passera pas

Chère lectrice, cher lecteur,

Pas besoin de s’éloigner du béton brûlant pour sentir le monde vaciller. Cet été, l’art ne cherche plus l’évasion, il colle à l’actualité comme une seconde peau. Dessins rageurs, théâtre sous pression, musique en transe ou pénurie d’électricité érigée en manifeste visuel : la création s’empare de nos fissures collectives. Le silence ne passera pas.

Mazen Kerbaj expose ses dessins de guerre au Beirut Art Center, perdant en chemin son légendaire humour noir. À Avignon, le rideau s’ouvre sur un cri : Tiago Rodrigues fait entrer Gaza sur scène, sans filtre ni euphémisme. À Art Basel, Joyce Joumaa transforme les coupures de courant libanaises en chorégraphie lumineuse et décroche un prix prestigieux.

Pendant ce temps, Beirut Art Days secoue la capitale avec plus de 250 artistes et 130 événements. Le groupe jordanien Autostrad branche ses guitares à Beyrouth et fait danser les ruines.

En contrepoint, Abdel Rahman el-Bacha convoque Chopin comme un frère d’âme, et Majida el-Roumi, voix tremblante de patriotisme, s’interroge sur les puissants et leur emprise.

Et tandis que le présent vacille, un article revient sur un rugissement de mode resté dans les mémoires : Azzedine Alaïa, en 1991, faisait défiler ses « Panthères » dans une collection sauvage et sculpturale qui célébrait la puissance féminine sans compromis.

Aujourd’hui encore, le silence ne défile plus. Il se fait tailler sur mesure…

Bonne lecture !

Maya Ghandour Hert

Cheffe du service culturel 

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