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Économie - Tourisme

Le téléphérique de Jounieh rouvert au public

Le transfert de cette concession du ministère de l’Énergie à celui du Tourisme devra encore attendre.

Le téléphérique de Jounieh rouvert au public

Un technicien inspectant l'infrastructure du téléphérique surplombant la baie de Jounieh. Photo DR

Après la panne et la polémique, place à la réouverture du téléphérique de Jounieh.

Trois mois après sa fermeture dans la foulée de l’incident du 28 décembre qui avait entraîné le blocage de 44 personnes dans les airs, jusqu’à 5 heures pour certaines d’entre elles, et la polémique concernant l’entretien et la sécurité de cette remontée mécanique, le Conseil des ministres, réuni le 19 mars, a donné le feu vert à son redémarrage, à condition que tous les travaux de réparation nécessaires aient été effectués.

Cette décision survient après que la Compagnie libanaise du téléphérique et d’expansion touristique, responsable de ce moyen de transport aérien, a été considérée comme non responsable de ce qu’il s’est passé. Dans le compte rendu de la décision, le conseil a ainsi indiqué que le cabinet APAVE, mandaté par le ministère de l’Énergie et de l’Eau – de qui dépend la concession de cette société – pour enquêter sur l’incident, avait conclu que l’équipe et la direction du téléphérique n’avaient pas manqué à leurs responsabilités.

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Contactée par L’Orient-Le Jour, la direction de cette attraction touristique indique être prête après un dernier test effectué mercredi 27 mars, à rouvrir. Et, après quelques procédures administratives, c'est le vendredi 5 avril que le téléphérique a été officiellement rouvert au public.

Abrasion d’une pince

« Les experts étrangers venus inspecter le matériel ont déduit qu’un frottement au niveau d’une pince l’avait abrasée, causant une perte de métal à ce niveau et un abaissement au niveau du guide métallique des cabines à l’entrée d'une station fixe, qu’une cabine a percuté à la descente, aboutissant à l’arrêt du téléphérique », résume Joe Boulos, PDG de la société.

« Nous avons bien évidemment remplacé la pince qui a lâché. Par précaution, nous avons aussi remplacé les 7 autres pinces similaires, installées à différents niveaux », poursuit-il. Et d’ajouter : « Nous avons aussi effectué des réparations sur le câble, endommagé par le freinage automatique ». Un travail de titan qui a nécessité le remplacement de près de 200 mètres de câblage, alors que la partie endommagée ne fait que quelques centimètres. «L’équipe de la société française Tec-Câbles, chargée de cette mission, a dû réaliser deux épissures sur toute la longueur du câble pour le remettre en état», précise M. Boulos. Des travaux dont la facture s’élève à plus de 100 000 dollars.

Un membre de l’équipe de la société française Tec-Câbles, réalisant une épissure sur un des câbles du téléphérique. Photo DR

Après une première visite d’inspection début février, l’équipe du cabinet international Bureau Veritas, référence en la matière, est retournée au Liban pour vérifier les travaux réalisés et l’état de l’infrastructure, et effectuer tous les tests nécessaires avant de donner son approbation. « Depuis près de 60 ans, nous avons toujours été très stricts en termes de sécurité et d'entretien, et comptons encore redoubler de vigilance à tous les niveaux », assure le PDG.

Transfert de concession

Mandaté pour effectuer une visite d’inspection annuelle de l’infrastructure, Bureau Veritas va désormais le faire 2 à 3 fois par an. Les équipes locales, responsables de l’entretien quotidien et hebdomadaire, auront une liste de vérifications plus fournie, souligne également Joe Boulos. Des représentants de la compagnie du téléphérique devraient d’ailleurs partir prochainement à Grenoble, la plus grande métropole des Alpes, à l’occasion du « Mountain Planet », le plus grand Salon au monde dédié à l'aménagement en montagne, afin d’y étudier les possibilités de développement.

Cette démarche pourrait-elle mener à remplacer l’ancienne infrastructure par une plus récente ? Pas de sitôt, souligne la société. « Tous les experts internationaux qui visitent notre installation s'accordent sur le bon état et la qualité d'une telle remontée mécanique de construction allemande », précise le PDG, pour qui le téléphérique de Jounieh, dans cette forme, fait partie de l’héritage touristique du Liban. « Pour encore mieux servir nos visiteurs, nous étudions avec plusieurs experts les moyens d’améliorer et de moderniser certains de ses aspects », ajoute-t-il. 

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Dans tous les cas, la société attend de voir plus clair avant d’entreprendre tout chantier majeur, que ce soit en ce qui concerne la situation sécuritaire dans le pays, en raison de la guerre à Gaza et au Liban-Sud, qui plombe son activité, ou la durée de l'exploitation de cet espace qui arrive à terme en mai 2026.

Quant au transfert de la concession du téléphérique du ministère de l’Énergie à celui du Tourisme, évoqué à la suite de ce dernier incident, le Conseil des ministres a préféré reporter le dossier à plus tard. Dans son compte rendu, il est mentionné que le ministère de l’Énergie a proposé de « l’acter » une fois que cette concession expire. En attendant, ce ministère suggère l'établissement d'une coordination avec le ministère du Tourisme. 

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