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Société - Liban

Bourse d'études « exclusives » aux LGBTQ+ ? : l'AUB dément

Les informations erronées ont été relayées par le site VDL News il y a quelques jours.

Bourse d'études « exclusives » aux LGBTQ+ ? : l'AUB dément

Le campus de l'Université américaine de Beyrouth. Photo Mario Doueiry

Les polémiques portant sur les questions relatives à la communauté LGBTQ+ sont au cœur de plus en plus de malentendus et de prises de bec dans une société libanaise décidément très clivée sur ces sujets.

Dernier épisode en date : l’Université américaine de Beyrouth (AUB) a été obligée de démentir en fin de semaine dernière des informations erronées relayées par le site La Voix de tout le Liban (VDL News, ne pas confondre avec VDL, La Voix du Liban) selon lesquelles la direction de l'université avait pris le parti d’accorder des bourses « en exclusivité aux homosexuels » ainsi qu’aux « étudiants qui suivent des études de genre ». L’article de VDL News a circulé en masse sur les groupes de messagerie instantanée.

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L’histoire a été remis au premier plan de l’actualité de mardi après que Raëd Rida, chef du Rassemblement médico-social libanais, une association locale, a appelé le ministre sortant de l'Éducation Abbas Halabi à prendre des mesures pour clarifier la situation. Dans une déclaration relayée par l’Agence nationale d’information (ANI, officielle), le médecin a jugé inacceptable qu’une université opérant au Liban puisse conditionner l’octroi de bourse d’études à de tels critères, évoquant une violation des articles 9 et 10 de la Constitution qui consacrent la liberté de conscience et l’enseignement libre tout en interdisant les atteintes à la « dignité » des confessions religieuses.

Contacté par L'Orient-Le Jour, une source au sein du Bureau de communication de l'Université américaine de Beyrouth (AUB) a une nouvelle fois rejeté les accusations portées à son encontre, les qualifiant de « décontextualisées et infondées ». Selon l'université, ces allégations émanent de « personnes inconnues cherchant à profiter de la notoriété de l'AUB ».

Dialogue de sourd

Pour corroborer ses griefs dans son article paru vendredi, VDL News avait publié une capture d’écran présentée comme l’extrait – sans en-tête et incomplet – d’un email attribué à l’AUB et qui aurait été envoyé aux étudiants par la direction de l’établissement. Le courrier annonçait l’ouverture du processus d’admission à des bourses couvrant une année d’étude dans le cadre d’un programme spécifique, en précisant que le fait d’avoir suivi au préalable « des cours sur l’identité de genre n’était pas un prérequis mais était néanmoins reconnu dans le processus de sélection ».

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Les mentions expliquant clairement de quel programme il s’agit ne figurait pas dans l’extrait relayé.

Autant d’éléments qui ont suffi à VDL News pour conclure que « les bourses scolaires sont devenues une exclusivité pour les déviants sexuels » et que « Fadlo Khoury, président de l'AUB, faisait la promotion de l'homosexualité au Liban » via un programme financé par l’Agence des États-Unis pour le développement international (USaid).

Dans un communiqué daté du 30 septembre, l'AUB s’est défendu en présentant les grandes lignes du programme en question, baptisé US Middle East Partnership Initiative (MEPI) – Tomorrow’s Leaders Program, qui est précisément centré sur les études de genre. Ce programme, dont la précédente session a été clôturée en juillet dernier, est justement financé par la MEPI, qui puise elle-même ses fonds auprès de l’USaid.

L’AUB explique que le programme « prépare les leaders de demain à plaider en faveur de réformes politiques qui privilégient la diversité et l'inclusivité, à faciliter des transitions démocratiques inclusives et à encourager la participation des femmes sur le marché du travail ». Le communiqué précisait également qu'il a été « partagé avec l'Université libano-américaine (LAU) et l'Université américaine du Caire (AUC) et a accordé à ce jour plus de 500 bourses académiques complètes à des étudiants méritants, rien qu'à l'AUB ».

« L'AUB reste fermement attachée à ses principes de droits de l'homme et de dignité », souligne le communiqué qui conclut : « C'est uniquement grâce à l'éducation que nous pouvons remettre en question la désinformation et créer des espaces ouverts et des opportunités pour la jeunesse du Liban et de la région ». L'Orient-Le Jour n’a pas pu joindre le responsable du site VDL News pour revenir sur ses conclusions faites à partir de l’extrait incomplet de l’e-mail publié.

Il reste que c’est le deuxième programme financé via une structure américaine tournant autour de thèmes considérés comme progressistes qui est attaqué par les médias en quelques semaines. Fin septembre, l’ONG américaine Hardwired – fondée par un membre du parti Républicain américain et investie dans la lutte contre l’injustice sociale et les discriminations dans le monde – a mis fin à un programme un programme sur « l'inclusivité », mené en collaboration avec le ministère de l'Éducation après avoir été pris à parti dans le cadre d’une polémique similaire.

Les polémiques portant sur les questions relatives à la communauté LGBTQ+ sont au cœur de plus en plus de malentendus et de prises de bec dans une société libanaise décidément très clivée sur ces sujets. Dernier épisode en date : l’Université américaine de Beyrouth (AUB) a été obligée de démentir en fin de semaine dernière des informations erronées relayées par le site La...
commentaires (4)

Il n' y a pas de fumée sans feu. Dans les pays occidentaux, on pratiquera bientôt ouvertement la discrimination inversée et il faudra s'excuser d'être juste hétéro!

Politiquement incorrect(e)

16 h 45, le 04 octobre 2023

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Commentaires (4)

  • Il n' y a pas de fumée sans feu. Dans les pays occidentaux, on pratiquera bientôt ouvertement la discrimination inversée et il faudra s'excuser d'être juste hétéro!

    Politiquement incorrect(e)

    16 h 45, le 04 octobre 2023

  • LGTBQ+ collective hysteria in the country.

    Murad Mazen

    14 h 29, le 04 octobre 2023

  • Il faut être très vigilant dans ce type d'action: Autant les lgbtq peuvent avoir le droit de vivre comme ils l'entendent autant le favoritisme social et éducatif lgbt est á déplorer : L'egalité des chances est inscrite dans la constitution. DANS TOUTES LES CONSTITUTIONS. Favoriser les lgbtq détruit ce principe. L'AUB et les sponsors de la cause lgbtq doivent en prendre conscience. Sans parler du fait de la propagande forcée que certaines ONG et les Nations Unies imposent dans les écoles á une majorité sociale qui n'y adhère pas. L' HUMANITE EST A MAJORITE HETERO.

    Moi

    10 h 54, le 04 octobre 2023

  • Autant qu'on puisse en juger d'après les éléments fournis dabs cet article, l'accusation de réserver des bourses aux LGBTQ etc... est totalement infondée. Elle est d'ailleurs peu vraisemblable. Toutefois, le démenti de l'AUB paraît un peu embarrassé. Il parle de données "décontextualisées", ce qui signifierait que tout n'est pas imaginaire. Il semblerait tout de même (encore une fois, à la lecture de l'article. Je ne possède aucune autre donnée) que , dans un certain cadre, des bourses pourraient être accordées préférentiellement à des étudiants ayant manifesté leur foi en la théorie du genre. Le mot "foi" étant utilisé ici intentionnellement car il s'agit bien du fait de croire aux dogmes d'une religion, même lorsque, comme c'est le cas ici, cette croyance se heurte aux données scientifiques, qu'il s'agisse de physiologie, psychologie, sociologie, histoire ...

    Yves Prevost

    07 h 27, le 04 octobre 2023

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