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Lifestyle - This is America

Exit les signes extérieurs de richesse, place à la « stealth wealth »

Cachez tout ce clinquant hors de prix que l’on ne veut plus voir... L’heure est à l’esthétique feutrée et au look plus discret arboré par les célébrités sur les podiums et dans une série télévisée qui cartonne, à mille lieues de l’étalage de « Dallas » et « Dynasty ».

Exit les signes extérieurs de richesse, place à la « stealth wealth »

La série « Succession », le nouveau « rich and famous », sur HBO.

Pour reprendre son souffle après le tsunami provoqué par le Covid-19, le monde a choisi un mode de vie en demi-teinte, suivi par un haro sur les signes extérieurs de richesse illustré surtout par la stealth wealth, synonyme de richesse cachée, noyée dans un brouillard de discrétion. Ce refus d’afficher son capital est une tendance récente. En témoigne la fascination du public pour une série télévisée, Succession, qui cartonne en mettant en scène une famille de magnats de la presse se disputant le contrôle prochain de l’entreprise. Les ingrédients nécessaires à la réussite d’une sitcom ont été certes bien fignolés, mais ce qui a attiré l’attention générale, c’est une vision inattendue du mode de vie de ce clan appartenant en principe à ceux que l’on appelle les rich and famous. Au lieu de les voir évoluer dans le luxe de leur niveau social, ils sont filmés dans la sobriété la plus totale, qu’il s’agisse de leur mobilier de tonalité neutre ou de leur garde-robe en apparence sans relief. En fait, une sobriété haut de gamme sans ostentation. Cet aspect de la série a été si frappant qu’il a été largement évoqué dans les médias et les réseaux sociaux.

Bill Gates, milliardaire et philantrope. Photo AFP

Des vêtements qui chuchotent

La revue The New Yorker s’en est fait l’écho dans un long article intitulé « Let’s talk about the clothes on Succession ». « Ici, les vêtements sont coûteux mais discrets, casquettes de baseball en laine sans logo, cabans et vestes Barbour (de sport très haut de gamme), pulls en cachemire, costumes bien taillés, peut-on lire. Le tout dans une ambiance de tons neutres où se retrouvent les codes subtils de classe et de pouvoir. » La critique de mode du New York Times Vanessa Friedman écrit à son tour : « Les podiums milanais ont évolué vers des vêtements qui ne crient pas, mais chuchotent. » Elle décrit cette nouvelle tendance à la discrétion comme « un genre qui s’appuie sur la qualité des matériaux et la pureté des lignes plutôt que sur les informations d’influenceurs ». On apprend aussi que, côté mode, le label Max Mara a notamment baptisé une de ses collections « The Camelocracy », qui illustre la domination du légendaire beige camel dans toutes ses nuances.

La First Lady, Jill Biden, en Reem Acra. Photo tirée du compte Instagram de Reem Acra

Pour Jill Biden, l’élégance calme de Reem Acra

La Maison-Blanche s’y est mise aussi avec la First Lady Jill Biden qui, lors d’un dîner d’État donné en l’honneur du président sud-coréen Yoon Suk-yeol, était apparue vêtue d’une robe en soie gris mauve à l’élégance subtile, portant la griffe de la créatrice libanaise Reem Acra. Ou l’éloge de la simplicité élaborée. TikTok a lui aussi pris ce train en marche avec le #stealthluxe qui a attiré des millions de visiteurs, alors que des designers dévoilent comment obtenir, à un moindre coût, un style super luxueux qui n’en ait pas l’air. Dans ce contexte, rappelons que ce style de vie qui ne cherche pas à être un genre a toujours été l’apanage des classiques grandes fortunes américaines. L’exemple le plus frappant cultivant cet esprit de modestie demeure Warren Buffet, milliardaire américain classé l’homme le plus riche du monde dans le domaine de la finance et des investissements avec une fortune qui s’élève à 111,6 milliards de dollars. À aujourd’hui 93 ans, il ne déroge pas à une vieille habitude : prendre tous les matins son café et son petit déjeuner chez McDonald’s pour une addition matinale variant entre 5 et 8 dollars, comme il l’a confié dans un documentaire diffusé par la chaîne HBO et intitulé Becoming Warren Buffet.

Illustration du rituel McDo du milliardaire Warren Buffet. Photo tirée de son compte Twitter

Buffet, Gates, Bloomberg, ces milliardaires invisibles

Son ami Bill Gates, 114,7 milliards de dollars au compteur, avec lequel il partage un grand sens philanthropique, est quant à lui souvent aperçu en train de faire la queue pour acheter un café dans un fast-food. Et, on a peine à le croire, le magnat de la presse mondiale Michael Bloomberg s’enorgueillit d’avoir utilisé uniquement... deux paires de chaussures (de travail) durant dix ans. Tout naturellement, ce club privé des plus nantis apparaît comme celui des précurseurs de l’actuelle tendance de la stealth wealth qui sont dans l’être et non pas le paraître. À leur instar, souligne le site luxurycolumnist : « Soyez humble, gracieux et courtois. » Sans pour autant aller jusqu’à appliquer le dicton français « Pour vivre heureux, vivons cachés ». Ni prendre pour modèle l’aristocratie britannique experte, dit-on, dans l’art d’être riche sans le montrer, préférant conduire d’anciennes Land Rover et porter des vestes en tweed mitées…

Pour reprendre son souffle après le tsunami provoqué par le Covid-19, le monde a choisi un mode de vie en demi-teinte, suivi par un haro sur les signes extérieurs de richesse illustré surtout par la stealth wealth, synonyme de richesse cachée, noyée dans un brouillard de discrétion. Ce refus d’afficher son capital est une tendance récente. En témoigne la fascination du public pour une...
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