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Lifestyle - This is America

Les jeunes Amérindiens célèbrent le « powwow » ancestral pour garder la flamme

Au pays de l’Oncle Sam, le printemps s’annonce avec un roulement de tambours, des plumes, des totems, des danses et des chants incantatoires. Une réminiscence du legs des habitants originels de ces terres que leurs descendants ne veulent pas oublier.

Les jeunes Amérindiens célèbrent le « powwow » ancestral pour garder la flamme

Une jeune Amérindienne célébrant à l’ancienne. Photo tirée du compte Instagram Pow Wow Celebration

« Autochtones » et « Indiens », c’est par ces deux dénominations que les colons européens désignaient les premiers habitants du territoire devenu les États-Unis. Aujourd’hui, ils sont appelés « American Indians » par souci de reconnaître leurs droits de citoyens à part entière et faciliter leur intégration dans ce Nouveau Monde.

On connaît aujourd’hui les tourments et massacres que les Indiens ont subis, sous le coup des vagues d’immigrés venus d’outre-Atlantique qui s’approprient leur immense pays, avec pour principale conséquence de disséminer leurs tribus. Sur les terres où ils se sont rassemblés – souvent dans des conditions restrictives –, les Indiens sont parvenus à garder leur flamme ancestrale vivante en organisant, notamment, une fois par an, des rassemblements baptisés « powwow ».

Deb Halaand, actuelle ministre US de l’Intérieur, arborant les couleurs de sa tribu. Photo tirée du compte Facebook de Deb Halaand

Une façon pour eux de rester connectés avec leurs traditions et de resserrer les rangs. Ces réunions, qui ont parfois été interdites dans le passé, ont subsisté, surtout après que les Indiens ont cessé de voir leur vie gérée par la politique des réserves. Aujourd’hui, la nouvelle génération amérindienne a fait siens ces powwows, particulièrement dans les universités américaines fréquentées de plus en plus par certains de ses membres pour exprimer la fierté de leurs origines. La semaine dernière, l’Université du Maryland a accueilli un powwow qui a rassemblé plus de 700 jeunes et moins jeunes Amérindiens qui n’ont rien oublié de ce rituel qui leur a été transmis et qu’ils veulent à leur tour communiquer aux autres. Au programme : des danses interprétées aux sons d’un tambour que l’on dit toujours en osmose avec les interprètes. Les danseurs et les danseuses, arborant des costumes à grand effet, répondent ainsi de tout leur corps et leur esprit aux rythmes de cette musique. Leurs ancêtres étaient un peuple fort de spiritualité et de créativité. Les Amérindiens sont traditionnellement connus pour utiliser le chant et la danse pour célébrer, accueillir, honorer et créer des liens. Le tambour utilisé lors de ces cérémonies était considéré comme le battement de cœur de l’âme, leur permettant de trouver un équilibre entre eux, et puis entre eux et la Terre-Mère.

Du stigmate « Peaux-Rouges » au ministère US de l’Intérieur

Encore minoritaires dans ce campus, ils aspirent à multiplier leur présence et à étendre leurs activités dans tous les secteurs de la vie du pays, comme le font leurs aînés. Notamment six d’entre eux qui ont réussi à remporter des sièges au Congrès américain. Cependant, leur grande victoire dans le domaine politique a été la désignation par le président Joe Biden de Deb Haaland à la tête du très important ministère US de l’Intérieur. Mme Haaland, 62 ans et ancienne membre du Congrès américain, est en effet issue de la tribu Laguna Pueblo, implantée au Nouveau-Mexique, où elle a également occupé des postes officiels. Le temps où l’on se référait à cette communauté en termes de « Peaux-Rouges » est bien (heureusement) fini, avant qu’il ne soit banni du langage en raison de sa portée offensive et stigmatisante. Dans ce contexte qui bouge, pas étonnant donc que les étudiants aient aujourd’hui l’œil braqué sur un meilleur avenir tout en ayant leur propre culture à cœur. Pour preuve, le powwow de l’Université du Maryland. Une vraie célébration que d’autres universités s’apprêtent à lancer.

Le National Museum of the American Indian de Washington, D.C. Photo Creative Commons/the Carol M. Highsmith Archive, Library of Congress, Prints and Photographs Division

2,6 % de la population US

Depuis leurs débuts et jusqu’au milieu des années 1900, les powwows sont restés des rassemblements tribaux non accessibles au public. Ils ont rapidement augmenté en taille et en nombre au cours des années 1960 et 1970. D’abord en opérant une plus vaste mobilisation au sein même de leur formation, et en accueillant un public ayant d’autres origines. Leurs styles de danses et les caractéristiques de chaque cercle ont évolué vers des formes panindiennes, mélangeant des détails et des traditions tirés de nombreuses tribus.

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Toutes les tribus de souche, regroupées sous le nom de Nations, totalisaient en 2021, selon le Bureau du recensement américain, 8,75 millions de personnes. Soit 2,6 % de la population des États-Unis pour qui le concept de l’égal respect et compréhension des diversités qui les composent (quelle que soit leur envergure) est primordial. Dans cet esprit, la Smithsonian Institution leur a dédié un « double » musée baptisé National Museum of the American Indian, l’un situé dans la capitale fédérale Washington et l’autre à New York. Le premier a ouvert ses portes le 21 septembre 2004, après quinze ans de préparation. Ce bâtiment curviligne de cinq étages et de 23 000 m2 est revêtu d’un calcaire kasota de couleur dorée conçu pour évoquer les formations rocheuses naturelles façonnées par le vent et l’eau au cours de milliers d’années. Un rappel de ce qui avait constitué l’environnement de la population originelle d’Amérique du Nord. À New York, le musée amérindien a été baptisé du nom d’un grand collectionneur américain, George Gustav Heye (1874-1957), qui avait sillonné l’Amérique du Nord et du Sud pour collecter des objets indigènes. Sa collection a été assemblée durant 54 ans, à partir de 1903. Il avait créé un premier Musée des Indiens d’Amérique en 1916. Après plusieurs réaménagements, celui-ci est aujourd’hui chapeauté par la Smithsonian Institution. Situé à Manhattan, il occupe deux étages d’un magnifique bâtiment de style Beaux-Arts, conçu par l’architecte Cass Gilbert et achevé en 1907. Aujourd’hui classé monument historique national, il est l’un des symboles de la ville de New York et en même temps l’étendard de la première et immense culture américaine. Elle s’y expose de différentes manières dans un espace d’environ 2 000 m2. La collection permanente est présentée sous l’intitulé « Infinity of Nation », soulignant bien son importance saisie par George Gustave Heye, à qui un hommage est rendu sur une plaque commémorative : « Il était riche et sa fortune lui a permis de réaliser toutes ses envies à grande échelle. Il aimait les cigares, les grands restaurants, les galas à Broadway et les voitures rapides. Plus que toute autre chose, il aimait tout ce que faisait le peuple indien. »

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