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Politique - Liban

Présidentielle : Bassil menace de ne plus voter blanc

"Nagib Mikati n'aurait pas osé inviter les ministres, notre problème n'est pas avec lui, mais avec ceux qui lui donnent des consignes", déclare le chef du CPL au sujet du Conseil des ministres de lundi.

Présidentielle : Bassil menace de ne plus voter blanc

Le chef du Courant patriotique libre, Gebran Bassil, lors d'une conférence de presse, le 6 décembre 2022. Photo Ani.

Le chef du Courant patriotique libre (CPL, aouniste), Gebran Bassil, a déclaré lors d'une conférence de presse mardi que la réunion du gouvernement sortant la veille était "inconstitutionnelle, illégale et non conventionnelle", affirmant que son parti pourrait s'écarter de la stratégie du vote blanc de son allié chiite le Hezbollah dans les séances du Parlement consacrées à l'élection d'un président de la République.

Le gouvernement sortant de Nagib Mikati s'est réuni lundi au Grand sérail à Beyrouth, malgré le boycott de plusieurs ministres proches du CPL, le parti fondé par l'ancien président Michel Aoun, qui a accusé le Premier ministre de vouloir s’accaparer les prérogatives du chef de l'Etat. À l'issue de la réunion, M. Mikati a réaffirmé son désintérêt pour l'exercice des prérogatives présidentielles.

"Notre problème n'est pas lui"

"La réunion du gouvernement lundi est inconstitutionnelle, illégale et non conventionnelle", a estimé M. Bassil, selon lequel il s'agit "d'une condamnation à mort de la Constitution, un coup fatal à l'accord de Taëf et un coup de poignard à un accord national annoncé au Parlement."

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« Ministre roi », Bouchikian sauve la séance du Conseil des ministres

Dimanche, les ministres Abdallah Bou Habib, Henri Khoury, Maurice Slim, Amine Salam, Hector Hajjar, Walid Fayad, Walid Nassar, Georges Bouchikian et Issam Charafeddine (proche du leader druze, Talal Arslan) avaient affirmé, dans une déclaration commune, qu'ils boycottaient la réunion du gouvernement, la qualifiant de "violation de la Constitution".

Cette annonce avait fait craindre l'annulation de la réunion du gouvernement en raison de l'absence de quorum. Mais après l'arrivée de M. Bouchikian et M. Hajjar au Grand sérail lundi matin, cette réunion a pu se réunir malgré le boycott de sept des 24 ministres.

"Il y avait un accord préalable, sans cela M. Mikati n'aurait pas osé inviter les ministres, et notre problème n'est pas avec lui, mais avec ceux qui lui donnent des consignes, avec les (personnes) honnêtes qui ont rompu notre accord", a déclaré M. Bassil dans une allusion au Hezbollah et/ou au président du Parlement Nabih Berry, également le chef du Mouvement Amal, tous deux favorables à la tenue de la session du cabinet.

Le Hezbollah est soupçonné par certains observateurs d'avoir exercé des pressions sur les ministres récalcitrants pour qu'ils participent au Conseil des ministres. Mais après la réunion du cabinet lundi, au cours de laquelle une aide sociale a été approuvée, le ministre du Travail, Moustapha Bayram, qui est proche du Hezbollah, a déclaré aux journalistes que "l'ordre du jour portait sur la situation exceptionnelle du pays. Nous n'avons fait pression sur personne pour qu'il assiste à cette réunion". Le ministre des Transports, Ali Hamiyé, qui est lui aussi proche du Hezbollah, a également déclaré que ce parti "n'a contacté personne" avant la réunion.

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Après le départ de Aoun, Mikati a le vent en poupe

Plus tôt dans la journée, un responsable du CPL a déclaré à L'Orient-Le Jour, en référence peu déguisée au leader du Hezbollah, Hassan Nasrallah, que "s'il pense qu'il s'agit d'une manière indirecte de nous punir pour ne pas avoir soutenu leur candidat Sleiman Frangié (à l'élection présidentielle), il se trompe lourdement". "Nous ne serons pas réduits au silence", a ajouté ce responsable.

Le dirigeant du CPL a tenu tête au chef du Hezbollah, continuant à refuser de soutenir la candidature de M. Frangié à la présidence. "Le chef du Hezbollah a développé une idée stratégique selon laquelle il me fait confiance ainsi qu'à Sleiman Frangié .... (mais) on sait depuis le début que je ne soutiens pas Frangié. J'appelle à un accord sur un troisième candidat", avait déclaré M. Bassil.

Menace de mettre fin à la stratégie du vote blanc

Le chef du CPL a également menacé, lors de sa conférence de presse de mardi, de mettre fin à la stratégie du vote blanc, initiée par le Hezbollah - en attendant un accord plus large sur le prochain président - lors des prochaines séances électorales du Parlement visant à élire un nouveau chef de l'Etat.

"Nous n'assisterons pas aux (séances) du Parlement si nous ne voyons pas un impératif national qui nous y oblige, et nous chercherons de plus en plus rapidement à sortir de la stratégie du vote blanc et à nous diriger vers un candidat à la présidence", a déclaré M. Bassil, poursuivant : "Tous les moyens sont à notre disposition pour nous opposer : politiquement, juridiquement et populairement".

Le Parlement s'est réuni huit fois depuis septembre pour élire un successeur à Michel Aoun, mais sans succès. La prochaine session électorale est prévue pour  jeudi. M. Bassil a également déclaré que "lorsque le partenariat national et partisan est rompu, ce partenariat devient nul", ajoutant que le rôle de son parti "est une arme, et nous ne l'abandonnerons pas (...) personne ne peut nous imposer un autre choix que le nôtre".

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Quelle marge de manœuvre pour le gouvernement Mikati ?

Au cours de la réunion de lundi, le gouvernement a approuvé le financement de l'armée libanaise, l'importation de médicaments, les frais de traitement des patients assurés par le ministère de la Santé et l'entretien des routes, dans pays en plein naufrage économique et financier. Pour M. Mikati, la tenue de cette réunion était une question de "responsabilité", faisant référence aux dommages potentiels causés par les factures non réglées aux patients assurés par l'Etat qui reçoivent des dialyses et des traitements contre le cancer.

"Celui qui se soucie de la douleur des gens, qu'il approuve les lois de contrôle des capitaux et les réformes, qu'il arrête ceux qui ont volé l'argent du peuple (...) et qu'il s'occupe de sa ville, Tripoli, et de la pauvreté et de la douleur de ses habitants", a lancé Bassil, dans une référence à M. Mikati qui est originaire de Tripoli, la ville la plus pauvre du Liban.

Le gendre de l'ancien président Aoun a également déclaré : "Ce qui s'est passé confirme que ce qu'on demande à Nagib Mikati de faire, c'est de ne pas former de gouvernement, et c'est ce que nous avons averti tout le monde lorsque nous avons refusé de le nommer" comme premier ministre désigné à la suite des élections législatives de mai dernier.


Le chef du Courant patriotique libre (CPL, aouniste), Gebran Bassil, a déclaré lors d'une conférence de presse mardi que la réunion du gouvernement sortant la veille était "inconstitutionnelle, illégale et non conventionnelle", affirmant que son parti pourrait s'écarter de la stratégie du vote blanc de son allié chiite le Hezbollah dans les séances du Parlement consacrées à...

commentaires (18)

Il prend lui même ses consignes de la même adresse , il nous fait une crise de jalousie le gendre ?

hawath nathalie

09 h 20, le 08 décembre 2022

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Commentaires (18)

  • Il prend lui même ses consignes de la même adresse , il nous fait une crise de jalousie le gendre ?

    hawath nathalie

    09 h 20, le 08 décembre 2022

  • On n’oublie pas ses réunions avec le HB avant ses apparitions tonitruantes. Son discours et ses fanfaronnades sentent le bluff et la magouille à plein nez. Jamais un mec de sa carrure n’oserait s’opposer à son faiseur s’il n’avait pas le feu vert de sa part pour brouiller les pistes et faire croire à un supposé sursaut de conscience. Ils se croit plus futé que tous les autres mais finira comme il a commencé son parcours politique, insignifiant et ridicule, avec la honte indélébile marquée a jamais sur son front. Puisqu’il a daigné trahir son pays.

    Sissi zayyat

    12 h 25, le 07 décembre 2022

  • On a envie de lui dire chiche, mais quel nom vont porter les bulletins de ce parti traître? Espérons que les forces libanaises et les kataeb ne tomberont pas dans son piège qui ressemble au scénario de l’accord de Mar Michael, parce que pour moi il s’agit d’une connivence avec le HB pour leur faire croire que le nabot a quitté le navire des vendus pour mieux les berner et arriver quand même à imposer leur candidat. Que du cinéma auquel quelques uns croient pour les faire tomber dans le piège. Il est et restera dévoué aux vendus quoiqu’il déclare. Sans eux il n’est rien. Avis à tous les patriotes, ne tombez pas dans son piège mille fois répétés et bien rôdé pour arriver à faire gagner ses alliés de toujours, les fossoyeurs de la république.

    Sissi zayyat

    11 h 59, le 07 décembre 2022

  • Et combien de fois il a menace et rien fait contre le Hezb? Il ne fera rien cette fois ci encore.

    Estefan Nabil

    10 h 50, le 07 décembre 2022

  • QUI PEUT DEBARRASSER LE PAYS DE TOUTES LES CLIQUES MAFIEUSES VENDUES ? SEUL LE PEUPLE LE PEUT. MAIS LE PEUPLE SOUFFRE, CRAINT POUR SON DEVENIR, GROGNE ET DORT D,UN SOMMEIL PROFOND.

    LA LIBRE EXPRESSION

    10 h 37, le 07 décembre 2022

  • Retenez moi, ou je fais un malheur!

    Alexandre Husson

    10 h 00, le 07 décembre 2022

  • A l’encontre de la constitution et pour voter Aoun, L’élection d’un président a été gelée durant plus de deux ans á cause du CPL et de son allié et maître, le hezbollah. Alors pleurnicher maintenant parceque ses chances d’être choisi sont minces devient ridiicule. Si la fonction de Président n’est plus repectée c’est á cause du CPL et autres frangieh qui font passer leurs ambitions personnelles avant l’intérêt du pays. Deux soumis faisant allégeance à la Syrie et á l’Iran. Triste état des lieux. Réduire le choix d’un président á deux minables ne présage rien de bon pour notre pays

    Goraieb Nada

    08 h 46, le 07 décembre 2022

  • Pauvre Pitchounet...il panique, car il réalise que sa taille ne correspond pas aux mesures du fauteuil de Baabda ! Alors il menace et accuse, tout en s'improvisant expert en l'accord de Taëf et de la Constitution libanaise. On ne peut que souhaiter qu'il atteigne l'âge adulte et de raison...d'ici...50 ans... ??? - Irène Saïd

    Irene Said

    08 h 28, le 07 décembre 2022

  • "Nous n'assisterons pas aux (séances) du Parlement si nous ne voyons pas un impératif national qui nous y oblige". Parce que, bien évidemment. é;ire un président n'est pas un "impératif national". Très bonne idée de mettre Bassil en colère. C'est alors qu'il "menace" de faire son devoir! Aujourd'hui, il "menace" de voter pour un président. On l'avait déjà vu "menacer" de ne pas partciper à la formation d'un gouvernement. Dommage qu'il ne mette pas plus souvent ses "menaces" à exécution!

    Yves Prevost

    06 h 07, le 07 décembre 2022

  • Ah, tu ne vas plus voter, blanc, bec?? Iznogoud s'excite...Il tient l'accord de Taef au coeur maintenant!?? Il menace de ne plus suivre les consignes de son parrain barbu, le gendrillon!!! Quelle giroutette opportuniste a la courte vision.....Sors toi d'abord des sanctions.....

    Sabri

    04 h 19, le 07 décembre 2022

  • Woow... il a apprit à écrire ??

    Wlek Sanferlou

    01 h 08, le 07 décembre 2022

  • Bassil "menace" de ne plus voter blanc. En clair, il menace de faire, enfin, son devoir de depute. Drole de parlement ou la canaille se menace mutuellement de ne plus se comporter en canaille....

    Michel Trad

    00 h 34, le 07 décembre 2022

  • Un petit air de BHL à Maidan, Lol.

    Christine KHALIL

    23 h 30, le 06 décembre 2022

  • En bon dialecte libanais on dit : bassil 3am bi KHABESS… PANIQUE A BORD. Désormais sans le « pouvoir » présidentiel de son ammo. Ce ammo qui avait l’appui du Hezbollah… Bassil réalise à ses dépens que l’appui inconditionnel des barbus envers Aoun a disparu et n’est plus le même à son égard. Le Hezbollah supportait Bassil mais ne l’a jamais apprécié. Yalla… il est rejeté de la part de la majeure partie des libanais. Boycotté voire banni de la part des USA et de la communauté internationale dont il est la risée ( rappelez vous l’interview avec la journaliste US qui l’a ridiculisé). Bref… hormis quelques fanatiques aveuglés ( ées) … ce bonhomme est détesté et isolé. Aujourd’hui, pour se renflouer, il est même prêt à s’allier avec GEAGEA. En espérant que ce dernier, qui a prouvé son incompétence en stratégie politique, ne tombe pas dans le piège.

    radiosatellite.co

    22 h 26, le 06 décembre 2022

  • VA Y BASSILO, IL FAUT METTRE CES PAROLES EN ACTES ET VOTER POUR MICHEL MOUAWAD. TU DEVIENDRAS UN HÉROS AU LIBAN.

    Gebran Eid

    21 h 23, le 06 décembre 2022

  • On ne lui demande pas son avis

    Staub Grace

    21 h 22, le 06 décembre 2022

  • Du bla bla bla de Bassil qui n'ose pas bouger dans le sens contraire au parti iranien.

    Esber

    21 h 14, le 06 décembre 2022

  • Quel homme! Quel leader! Quel … euh … gendre! Dommage qu’il soit tout petit. Où est-il? Ah oui, il est là. Hassan Nasrallah doit trembler comme une feuille devant tant de détermination. D’ailleurs la rumeur veut que si Nasrallah ne sort pas de son trou, c’est par crainte de Bécile, pas des israéliens.

    Gros Gnon

    20 h 41, le 06 décembre 2022

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