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Politique - En toute liberté

La richesse invisible du vivre-ensemble

On a pu voir, pendant le forcing diplomatique qui a précédé la conclusion de l’accord sur la délimitation des frontières maritimes, les trois premiers commis de l’État se retrouver toutes affaires cessantes au palais présidentiel de Baabda, pour y rencontrer le médiateur américain. Mais le gaz offshore n’est pas la seule richesse du Liban qui mérite que l’on se retrouve toutes affaires cessantes. Le vivre-ensemble mérite – au moins – le même empressement. Lui aussi est une richesse invisible et inappréciable, qu’il est nécessaire de « pomper à la surface » pour en alimenter notre vie nationale et, éventuellement, l’exporter.

« Aucun système constitutionnel ne se prolonge sans être soutenu par une volonté de vivre ensemble qui est un acte de chaque jour, même si on l’oublie. Lorsque ce vouloir s’effondre, toute l’organisation politique se défait, très vite (…) Jamais la cité n’existe par la seule inertie de son système institutionnel (…) La continuité et la rénovation de ce vouloir font l’objet de notre responsabilité », dit le philosophe chrétien Paul Ricœur (Philosophie, éthique et politique – Seuil, p. 70). Non, la grand-messe de l’Unesco sur l’accord de Taëf ne s’est pas tenue en vain. Elle a joué un rôle d’aide-mémoire et de ciment de cette volonté de vivre en commun dilapidée.

L'éditorial de Issa Goraïeb

Le méchoui du dialogue

Quelle grande chose ce serait d’organiser, sur ce vivre-ensemble si précieux et dont la vie nationale dépend, un débat parlementaire où les députés se demanderaient raison, les uns aux autres, des violences que chacun d’eux inflige à l’État de droit et des institutions, qui est notre « Maison commune »!

« La seule possibilité réaliste aujourd’hui pour sortir le Liban de la zone rouge est sur le point d’être perdue (…) par manque de volonté de compromis », a affirmé le collectif d’ambassadeurs de l’Union européenne dans un message du 27 septembre 2022. En arabe, le terme « compromis » prête à équivoque. Il est polysémique et a mauvaise presse, parce qu’on le confond avec la compromission, « l’arrangement à l’amiable », dont « la sécurité à l’amiable » est l’exemple-type. La compromission est un marchandage, un « arrangement » au profit exclusif de l’une des parties prenantes. Ainsi, le patriarche maronite redoute que le « compromis », tel que le réclame le Hezbollah, ne soit un jeu de dupes dont la souveraineté de l’État ferait les frais, et qui laisserait irrésolu l’existence au Liban d’une force armée indépendante du commandement militaire et obéissant à des considérations étrangères aux intérêts du pays.

En revanche, en raison même de son pluralisme confessionnel, force est d’admettre que la logique du compromis s’impose, dans la situation actuelle, à condition que tous les dossiers soient examinés dans un processus conforme à celui que prônent tous les professionnels de la médiation ou de l’arbitrage.

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Nul et non avenu

« Le compromis, écrit Ricœur dans l’ouvrage cité plus haut, loin d’être une idée faible, est une idée au contraire extrêmement forte (…) Nous n’atteignons le bien commun que par le compromis entre des références fortes, mais rivales », qui ajoute que « le compromis est une barrière entre l’accord et la violence (…) Nous pourrions même dire que le compromis est notre seule réplique à la violence, en l’absence d’un ordre reconnu par tous, et en quelque sorte unique dans ses références ».

Il y a dans la notion de compromis une des clés de sortie de la crise que nous traversons. Le niveau d’alerte du « mal vivre-ensemble » est désormais atteint, et un compromis s’impose comme « barrière à la violence » que l’armée a promis, par la bouche du général Joseph Aoun, de réprimer. Fort bien, mais cette violence est déjà là sous diverses formes : déliquescence des institutions, guérilla contre les banques, criminalité et trafic de drogue en forte hausse. La pauvreté, la malnutrition sont aussi des formes de violence, ainsi que la détresse sociale, l’accès de plus en plus difficile à l’éducation et aux soins de santé. La dégradation de l’infrastructure routière, l’inhumanité croissante du système carcéral et la multiplication des cas d’évasion sont autant de formes de violence ouverte ou rentrée qui préfigurent certainement des violences plus grandes, si la barre n’est pas redressée et si un compromis n’est pas trouvé.

On a pu voir, pendant le forcing diplomatique qui a précédé la conclusion de l’accord sur la délimitation des frontières maritimes, les trois premiers commis de l’État se retrouver toutes affaires cessantes au palais présidentiel de Baabda, pour y rencontrer le médiateur américain. Mais le gaz offshore n’est pas la seule richesse du Liban qui mérite que l’on se retrouve toutes...
commentaires (1)

SEUL LE MODELE SWISSE SERAIT UN VRAI VIVRE ENSEMBLE POUR LE LIBAN ET GARDERAIT LE PAYS UNI. LES SYSTEMES CONSENSUELS SONT LA PARALYSIE. TAEF EST BON SI TOUT LE NMONDE EST DE BONNE FOI CE QUI N,EST POINT LE CAS ET NE LE SERAIT JAMAIS AVEC LES VENDUS AYANT LEUR MOT A DIRE.

JE NE COMMENTE PAS. JE PARLE AU PEUPLE.

09 h 36, le 09 novembre 2022

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Commentaires (1)

  • SEUL LE MODELE SWISSE SERAIT UN VRAI VIVRE ENSEMBLE POUR LE LIBAN ET GARDERAIT LE PAYS UNI. LES SYSTEMES CONSENSUELS SONT LA PARALYSIE. TAEF EST BON SI TOUT LE NMONDE EST DE BONNE FOI CE QUI N,EST POINT LE CAS ET NE LE SERAIT JAMAIS AVEC LES VENDUS AYANT LEUR MOT A DIRE.

    JE NE COMMENTE PAS. JE PARLE AU PEUPLE.

    09 h 36, le 09 novembre 2022

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