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Politique - Décryptage

Le retour du Liban dans le giron arabe ?

La réunion qui s’est tenue mercredi dernier à Amman entre les ministres de l’Énergie du Liban, de Jordanie, de Syrie et d’Égypte n’est pas anodine et ne constitue pas un détail purement humanitaire pour venir en aide au Liban. Contrairement à tout ce qui se dit sur une éventuelle augmentation de l’influence iranienne au Liban, cette réunion – et tout le processus qui l’accompagne – marque le retour du Liban dans le giron arabe et le retour en force du monde arabe au Liban.

Selon des sources diplomatiques arabes, le soudain élan des pays proches du Liban pour aider ce pays ne peut pas être dissocié des grands changements régionaux et internationaux qui se profilent à l’horizon. Brusquement, le projet d’amener du gaz égyptien au Liban, en passant par la Jordanie et la Syrie, qui avait été lancé il y a plusieurs années avant d’être bloqué par les effets de la loi César américaine qui interdisait toute transaction avec les autorités syriennes, a été relancé. Brusquement aussi, les autorités libanaises, qui n’osaient pas avoir des contacts officiels avec le régime syrien, limitant les relations entre eux à leur strict minimum et à une coordination réduite au domaine sécuritaire, ont décidé de relancer ouvertement les négociations avec lui. Certes, certains milieux libanais proches de la Syrie ont immédiatement crié victoire et des analyses ont commencé à se multiplier dans les médias sur le retour de l’influence syrienne au Liban. Des voix se sont mêmes élevées pour dénoncer la nouvelle « tutelle syro-iranienne » sur ce pays. Ces accusations se sont d’ailleurs intensifiées après l’annonce du coup de fil entre les présidents français et iranien, qui reconnaissait le rôle de l’Iran au Liban, ainsi que celui du Hezbollah, lequel était clairement mentionné dans le communiqué officiel publié à la suite de cet entretien.

Les sources diplomatiques arabes estiment toutefois que toutes ces allégations sont dénuées de fondement. D’abord, la relance des relations officielles entre le Liban et la Syrie ne s’est pas faite spontanément, mais à la suite d’un feu vert américain qui s’est concrétisé par la décision annoncée par l’ambassadrice des États-Unis à Beyrouth de laisser passer le gaz égyptien vers le Liban via la Jordanie et la Syrie. Autrement dit, il ne s’agit nullement d’une décision autonome libanaise de renouer ouvertement avec le régime syrien en raison d’un nouveau rapport des forces régionales, mais plutôt d’une décision américaine, qui est peut-être dictée par certains changements, mais qui montre aussi que les Américains ne veulent pas abandonner le Liban aux Iraniens. En dépit donc du triomphalisme affiché par certains milieux proches de la Syrie au Liban, les sources diplomatiques arabes estiment que l’on est encore loin d’un éventuel retour de la tutelle syrienne et encore moins de la consécration de la tutelle iranienne.

D’ailleurs, selon ces mêmes sources, ce sont les pays arabes qui cherchent aujourd’hui à aider le Liban, encouragés en cela par les États-Unis. Il y a eu d’abord l’arrivée du fuel irakien qui doit être adapté aux besoins libanais par une compagnie émiratie après des négociations menées depuis quelques mois par le directeur de la Sûreté générale, Abbas Ibrahim, et l’ancien ministre de l’Énergie Raymond Ghajar. Ensuite, il y a le projet d’acheter de l’électricité de Jordanie qui a été actuellement relancé et qui devrait commencer à être exécuté dans les plus brefs délais et, enfin, il y a le projet d’envoyer du gaz égyptien vers le Liban. Cela signifie qu’après s’être enfoncé dans la crise, en se sentant pratiquement abandonné de tous, le Liban revient petit à petit dans le giron arabe, par le biais de projets d’approvisionnement en carburant et énergie.

Il faut noter, dans ce contexte, que les bateaux iraniens chargés de carburant, sollicités par le secrétaire général du Hezbollah, sont devenus une information secondaire et leurs cargaisons, aussi importantes soient-elles, ne peuvent pas concurrencer le gaz, le fuel et le courant attendus des pays arabes au cours des prochaines semaines, voire des prochains mois. Pour les mêmes sources diplomatiques, ce serait même la raison pour laquelle le secrétaire général du Hezbollah aurait décidé d’annoncer publiquement dans un discours l’arrivée de la cargaison du premier navire iranien...

Le Liban est donc revenu en tête des priorités arabes, selon les sources diplomatiques précitées. Même si les pays du Golfe sont restés discrets au cours de la grave crise que traverse actuellement le pays, la Ligue arabe a, elle, publié un communiqué en ce sens, et plusieurs pays se sont mobilisés pour aider le Liban. Le courant électrique qui devrait arriver bientôt aux Libanais vient donc du monde arabe, dans sa provenance, ses installations et une partie de son financement. En même temps, et pour la première fois depuis longtemps, les crises actuelles du Liban ont permis aux différents pays arabes de surmonter leurs conflits avec les autorités syriennes qui n’ont cessé de s’envenimer depuis 2011, pour renouer avec elles. Le Liban a donc en quelque sorte servi de prétexte à la reprise officielle des relations entre la Syrie d’une part, l’Égypte, la Jordanie et l’Irak de l’autre. Ce qui, toujours selon les mêmes sources diplomatiques, permet de court-circuiter toutes les tentatives iraniennes d’augmenter l’influence de ce pays au Liban et de s’y présenter comme un sauveur. Tout comme la reprise des relations arabes, suite à la crise libanaise, avec la Syrie s’inscrit dans la volonté de réduire l’influence de l’Iran sur ce pays.

Finalement, les Arabes, qui sont restés longtemps en retrait du Liban (et de la Syrie), sont en train de reprendre l’initiative dans ce pays... Reste à savoir si cette tendance va se préciser et s’élargir aux pays du Golfe. Une affaire à suivre.


La réunion qui s’est tenue mercredi dernier à Amman entre les ministres de l’Énergie du Liban, de Jordanie, de Syrie et d’Égypte n’est pas anodine et ne constitue pas un détail purement humanitaire pour venir en aide au Liban. Contrairement à tout ce qui se dit sur une éventuelle augmentation de l’influence iranienne au Liban, cette réunion – et tout le processus qui...

commentaires (5)

Mais ce que on ne discute pas c'est la provenance du gaz egyptien! Surement en provenance d'Israel, puisque l'Egypte a un contrat de fourniture de gaz Israelien. Donc, tout ca sous le nez et la barbe de la Moumanaa

IMB a SPO

15 h 24, le 14 septembre 2021

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Commentaires (5)

  • Mais ce que on ne discute pas c'est la provenance du gaz egyptien! Surement en provenance d'Israel, puisque l'Egypte a un contrat de fourniture de gaz Israelien. Donc, tout ca sous le nez et la barbe de la Moumanaa

    IMB a SPO

    15 h 24, le 14 septembre 2021

  • LE CEDRE VA FAIRE LES FRAIS D,UN CONCENSUS REGIONO-INTERNATIONAL. C,EST QUI VA OBTENIR SES RACINES ! ET IL RESTE TOUJOURS A VOIR SI LE PEUPLE APPAUVRI, AFFAME, AUX ECONOMIES VOLEES, HUMILIE ET AU DEVENIR INCONNU, DU MOINS ENCORE, RAH IHASEBON KELLON YE3NE KELLON AW MAHA EL TABCHOUR !!!

    L,EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    15 h 17, le 14 septembre 2021

  • Juste en apparence … juste en apparence madame !!

    Bery tus

    14 h 29, le 14 septembre 2021

  • si scarlet hadad entend [ar giron arabe ceux les plus pauvres(hormis l'irak) ben elle devra revoir ses sources precieuses pour plus d'exactitude .

    Gaby SIOUFI

    09 h 51, le 14 septembre 2021

  • Et ton bateau dans tout ça,il est devenu secondaire? Les Arabes sont restés en retrait du Liban? La faute à qui? Ouf wlo!!!

    Nassar Jamal

    07 h 32, le 14 septembre 2021

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