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Société - Santé

L’hôpital des Makassed sauvé in extremis de la fermeture (pour le moment...)

Plusieurs autres établissements de soins font l’impossible pour se procurer du mazout, avertit Sleiman Haroun, tandis que les compagnies de distribution font la sourde oreille.

L’hôpital des Makassed sauvé in extremis de la fermeture (pour le moment...)

L’hôpital des Makassed islamiques, un établissement qui a plus de 100 ans d’existence. Photo Makassed

C’est, encore une fois, la solidarité de la population qui a joué. Répondant à un communiqué dramatique de l’un des plus prestigieux hôpitaux privés de Beyrouth, celui des Makassed islamiques, plusieurs bienfaiteurs privés et la raffinerie de Tripoli ont fait le nécessaire au cours des dernières 24 heures pour assurer du mazout à l’établissement. De quoi lui permettre de souffler une dizaine de jours.

Dans un communiqué daté du 12 août et signé par son directeur exécutif, Dr Mohammad Badr, l’hôpital, d’une capacité de 200 lits, avait annoncé qu’en raison du manque de mazout et de « médicaments essentiels » aux soins des malades (dialyses, anesthésiques en particulier), aussi bien à l’intérieur de l’hôpital qu’aux urgences, il ne serait plus en mesure d’accueillir et de soigner les malades, sachant que le mazout dont il disposait alors ne suffirait que pour deux jours seulement. Mettant en cause les responsables en général, le communiqué affirmait que « cette situation entraînera, sinon la mort, du moins de grands torts à certains patients ». En conclusion, il avait ironiquement invité les malades toujours traités dans cette institution « à se diriger vers les responsables et le gouvernement pour se faire soigner ».

En fin de journée hier, le ton du Dr Badr avait changé. Contacté par L’OLJ, le praticien a dédramatisé la situation immédiate de l’hôpital, assurant que tous les services essentiels étaient opérationnels, mais que les « opérations froides » étaient effectivement suspendues. Si l’hôpital continue de fonctionner, a-t-il expliqué, c’est en partie grâce à des gestes de solidarité émanant de certains amis. « Une dame, a-t-il précisé, nous a fait parvenir le mazout dont elle dispose pour son bureau. »

« Mais, a-t-il ajouté, il est évident que nous ne pouvons pas fonctionner comme ça. » Et de signaler que l’hôpital souffre aussi, « comme tous les autres établissements de soins » «, du manque de produits pharmaceutiques essentiels. » Nous réserves baissent, et faute d’être approvisionnés par les fournisseurs, certains services devront s’arrêter «, a-t-il mis en garde.

 » Comme tous les autres «, l’hôpital des Makassed a décidé de faire des économies d’énergie dans des étages et des services où l’air conditionné n’est pas indispensable, et arrêté aussi quelques ascenseurs, a précisé le médecin qui concluait en affirmant : « Pourquoi EDL ne peut pas assurer du courant en continu aux quelque 50 hôpitaux essentiels ? »

D’autres hôpitaux menacés

Pour le président du syndicat des hôpitaux privés, Sleiman Haroun, lui-même propriétaire d’un établissement de soins, « l’hôpital des Makassed n’est pas seul dans son cas ; au moins trois ou quatre autres établissements hospitaliers pourraient suivre son exemple ». « Mais je ne peux pas donner plus de précisions, dit-il. C’est une véritable malédiction qui s’abat sur nous, tandis qu’en haut lieu, on continue de discuter de la répartition des portefeuilles. C’est insupportable! On ne peut pas vivre ainsi au jour le jour, quand normalement nous programmons nos admissions un mois à l’avance. »

« J’ai souvent mis en garde contre des catastrophes, mais franchement, je ne croyais pas qu’on en arriverait là! » s’indigne encore M. Haroun qui redoutait hier la fermeture samedi, dimanche et lundi des raffineries de Tripoli et de Zahrani, en raison du chômage de l’Assomption. « Je ne crois pas que certains hôpitaux tiendront jusque-là ! » ajoute-t-il, notant que les compagnies privées ont cessé leurs livraisons en attendant qu’un prix officiel soit fixé au mazout et au fuel suite à l’annonce, mercredi, par la Banque du Liban, de la levée des subventions sur les carburants.

Par ailleurs, M. Haroun s’élève contre une nouvelle règlementation contraignant les hôpitaux à avancer en liquide les montants des salaires de leurs employés domiciliés dans des banques. Et de préciser que le liquide dont disposent les hôpitaux va d’abord aux fournisseurs de matériel hospitalier, qui exigent d’être payés en devises, et aux compagnies de distribution de mazout, « quand ce combustible est trouvable » ! « Sans oublier, ajoute M. Haroun, que les banques s’offrent une commission de 10 % sur les montants en liquide qui leur sont virés. » Et de lâcher : « Comment voulez-vous qu’on travaille, avec toutes ces contraintes ! »

C’est, encore une fois, la solidarité de la population qui a joué. Répondant à un communiqué dramatique de l’un des plus prestigieux hôpitaux privés de Beyrouth, celui des Makassed islamiques, plusieurs bienfaiteurs privés et la raffinerie de Tripoli ont fait le nécessaire au cours des dernières 24 heures pour assurer du mazout à l’établissement. De quoi lui permettre de...
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La seule bouée de sauvetage pour le Liban est que le peuple se mobilise en masse pour demander des législatives anticipées. Les groupes de la « thaoura » en col blanc ou en minijupe sont incapables de s’accorder sur cet objectif qui est le minimum qu’ils puissent faire, ils ne sont qu’une pâle copie des partis fromagistes au pouvoir incapables de se partager le fromage pourri. Pour la survie des Libanais, c’est le moment d’abandonner le kellon ya3né kellon, de réaliser que comme les Iraquiens et les Syriens qui eux le disent clairement sans autocensure au péril de leur vie, leur premier ennemi est le néo-safavidisme et tous ses agents locaux terroristes du nitrate d’ammonium ou mafia de Ponzi. C’est seulement lorsque les citoyens libanais auront enfin la force de voir la réalité en face qu’ils se mobiliseront pour demander des législatives anticipées pour espérer les avoir à temps (tout comme chez nous on se donne rendez-vous à 12h pour espérer se retrouver à 13h) et que leur vie de tous les jours pourra enfin s’améliorer.

Citoyen libanais

07 h 23, le 14 août 2021

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Commentaires (1)

  • La seule bouée de sauvetage pour le Liban est que le peuple se mobilise en masse pour demander des législatives anticipées. Les groupes de la « thaoura » en col blanc ou en minijupe sont incapables de s’accorder sur cet objectif qui est le minimum qu’ils puissent faire, ils ne sont qu’une pâle copie des partis fromagistes au pouvoir incapables de se partager le fromage pourri. Pour la survie des Libanais, c’est le moment d’abandonner le kellon ya3né kellon, de réaliser que comme les Iraquiens et les Syriens qui eux le disent clairement sans autocensure au péril de leur vie, leur premier ennemi est le néo-safavidisme et tous ses agents locaux terroristes du nitrate d’ammonium ou mafia de Ponzi. C’est seulement lorsque les citoyens libanais auront enfin la force de voir la réalité en face qu’ils se mobiliseront pour demander des législatives anticipées pour espérer les avoir à temps (tout comme chez nous on se donne rendez-vous à 12h pour espérer se retrouver à 13h) et que leur vie de tous les jours pourra enfin s’améliorer.

    Citoyen libanais

    07 h 23, le 14 août 2021

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