Un distributeur présente au Québec la comédie française OSS 117 : alerte rouge en Afrique noire, mais il en a modifié le titre (« délicieusement ringard », selon Le Figaro) pour OSS 117 : bons baisers d’Afrique, singeant de la sorte Bons baisers de Russie, un vieux James Bond. Il aura vraisemblablement estimé que les mots « Afrique noire » heurteraient des personnes à la peau sensible. Je parierai que, pour lui, « Afrique noire » est assimilable à « Afrique nègre », ni plus ni moins.
Mais en voyant le film au cinéma Beaubien le 6 août, j’ai réalisé que le titre original n’avait pas été modifié dans le générique. Ce distributeur a donc été censeur à moitié (il faut d’ailleurs féliciter la Régie du cinéma du Québec de ne s’être pas laissé duper.) Les wokes qui ne peuvent digérer le titre original pourraient donc très bien se pointer devant les cinémas et décourager les intéressés de s’acheter une place, comme les anti-SLĀV l’avaient fait pour le spectacle de Robert Lepage en 2018.
Ce distributeur qui a peur de son ombre ne le réalise peut-être pas, mais en s’attaquant au titre original dans ses publicités et affiches, il s’attaque aux créateurs du film, car nous ne parlons pas ici d’une banale traduction. Je ne me souviens d’ailleurs pas avoir jamais vu chose semblable depuis que je m’intéresse aux films. Cela est peut-être survenu du temps où nos curés censeurs scrutaient à la loupe les films provenant de la France anticléricale, des années 1930 aux années 1960, mais pas au cours des dernières décennies, me semble-t-il.
On se croirait au pays de Donald Trump, où un nouveau puritanisme sévit.
Montréal-Québec
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Mais en voyant le film au cinéma Beaubien le 6 août, j’ai réalisé que le titre original n’avait pas été modifié dans le générique. Ce distributeur a donc été censeur à moitié (il faut d’ailleurs féliciter la Régie du cinéma du Québec de ne s’être pas laissé...

