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Économie - Crise au Liban

Le prix du bidon d'essence flambe à nouveau en deux jours et bondit de 9.000LL

La bonbonne de gaz se vend désormais à 41.600 LL.

Le prix du bidon d'essence flambe à nouveau en deux jours et bondit de 9.000LL

Des motards agglutinés devant une station-essence à Beyrouth, le 29 juin 2021. Photo REUTERS/Ahmed al Kerdi

Les prix des carburants ont fortement augmenté pour la deuxième fois en deux jours sur fond de crise, tandis que les files d'attente interminables devant les stations-service se poursuivaient jeudi, malgré la forte hausse des prix de mardi, présentée comme une solution à ce problème.

Selon le nouveau tarif publié jeudi matin, les 20 litres d'essence 95 octanes sont désormais vendus à 70.100 LL, tandis que l'essence à 98 octanes (qui n'est quasiment plus importée sur le marché local) passe à 72.200 LL. Cela représente respectivement, par rapport aux prix qui avaient été fixés mardi, une hausse de 9.000 et 9.300 LL. Le mazout est, lui, vendu à 54.400 LL pour 20 litres, en augmentation de 8.300 LL. Quant à la bonbonne de gaz, elle est à 41.600 L.L., soit une hausse de 4.000 L.L.

De nombreuses stations étaient restées fermées depuis mardi, en attendant ce dernier ajustement des prix, le secteur des hydrocarbures ayant dénoncé une "erreur" dans la tarification. Ces fermetures ont provoqué de longues files d'attente sur les autres pompes qui ont ouvert leurs portes.

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Il y a deux jours, les tarifs de l'essence étaient déjà en hausse de 30%, après une levée partielle des subventions - mais certains professionnels avaient considéré les prix insuffisants au vu du changement des subventions et déclaré que le tableau du ministère de l’Énergie était erroné. Cette révision des prix constitue une première étape vers une suppression des subventions des carburants par l'Etat, dans un pays englué dans une des pires crises économiques au monde depuis 1850, selon la Banque mondiale.

Jusqu'alors, la Banque centrale fournissait aux importateurs de carburants 85% des dollars nécessaires à leurs activités au taux officiel de 1.507 livres libanaises pour un dollar, un taux bien plus avantageux que celui du marché noir où le billet vert s'échange désormais à plus de 17.000 livres. Ce système de subventions avait jusqu'ici permis de juguler les prix à la pompe et d'atténuer les conséquences de l'effondrement de la livre libanaise. Mais face à l'épuisement des réserves de la Banque du Liban, celle-ci échange désormais avec les importateurs le dollar contre 3.900 livres, entraînant une hausse des prix des carburants.

Effet domino
L'adoption de ce nouveau système de subventions, financé à partir des réserves obligatoires en devises des banques auprès de la Banque du Liban, vise selon les autorités à résorber les pénuries de carburant observées dans le pays depuis plusieurs semaines. En raison de ces pénuries, de longues files se formaient dans tout le pays devant les stations-service dont beaucoup, à l'annonce d'un changement de tarifs, avaient carrément fermé leurs portes pendant les jours passés. Tentant de rassurer les consommateurs, le représentant des distributeurs de carburant, Fadi Abou Chakra, a annoncé jeudi que les navires citernes avaient commencé à décharger leur cargaison et que les sociétés distributrices livraient le carburant aux stations. Celles-ci seraient également prêtes à le faire durant les jours de fermeture, selon lui.

Le nouveau mode de calcul des prix des carburants – qui varie aussi en fonction des cours du brut et du gaz – devrait durer pendant les trois mois à venir, en vertu de l’accord conclu pour prolonger la durée de vie du mécanisme de subvention. Cette hausse va se répercuter sur d'autres secteurs comme les transports ou l'électricité, certains fournisseurs privés ayant déjà prévenu leurs abonnés d'une hausse des tarifs. Alors que le mazout servant à l'alimentation des groupes électrogènes privés s'est fait de plus en plus rare dans le pays, le ministère de l’Énergie et de l’Eau a annoncé mercredi une hausse de près de 21% du prix du kilowattheure (kWh) produit par les générateurs privés en juin, désormais fixé à 1 326 livres libanaises. Par ailleurs, le ministère de l’Économie et du Commerce a revu mercredi à la hausse le prix du paquet de pain libanais, augmentant de plus de 30% le prix de la "rabta".


Les prix des carburants ont fortement augmenté pour la deuxième fois en deux jours sur fond de crise, tandis que les files d'attente interminables devant les stations-service se poursuivaient jeudi, malgré la forte hausse des prix de mardi, présentée comme une solution à ce problème.Selon le nouveau tarif publié jeudi matin, les 20 litres d'essence 95 octanes sont désormais vendus à...

commentaires (2)

C'est les subventions le problème, les libanais se sont habitués a la vie subventionné pas cher comme si c'était un droit or il n'en est rien. Qu'on enlève les subventions sur tout et que chacun se débrouille avec ce qu'il a et basta. Celui qui peut acheter de l'essence au prix normal qu'il le fasse, pour les autres il va falloir revoir son mode de vie.

camel

12 h 30, le 01 juillet 2021

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Commentaires (2)

  • C'est les subventions le problème, les libanais se sont habitués a la vie subventionné pas cher comme si c'était un droit or il n'en est rien. Qu'on enlève les subventions sur tout et que chacun se débrouille avec ce qu'il a et basta. Celui qui peut acheter de l'essence au prix normal qu'il le fasse, pour les autres il va falloir revoir son mode de vie.

    camel

    12 h 30, le 01 juillet 2021

  • Tout va à la dérive. On a connu des crises durant notre vie mais comme celle ci JAMAIS. On n’aurait même pas pu l’imaginer dans nos pires cauchemars. La grande majorité de la population libanaise va vivre de façon misérable sauf ceux qui encaissent en dollars frais et tous les initiés qui ont mis leur épargne à l’étranger à l’instar des politiciens et de leurs proches. J’accuse tous les dirigeants politiques des 30 dernières années d’avoir mené le pays à la ruine et j’accuse les gouvernants actuels de l’y avoir précipité. Voilà le vrai bilan du régime fort, du père de tous et du défenseur des droits des chrétiens qui poussent tous leurs enfants à l’émigration.

    Censuré par l’OLJ

    10 h 32, le 01 juillet 2021

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