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Politique - Liban

A Moscou, Bassil demande à Lavrov d'inciter Hariri à former le gouvernement

Le chef du CPL demande à la Russie la tenue d'une conférence au Liban "pour encourager le retour des déplacés".

A Moscou, Bassil demande à Lavrov d'inciter Hariri à former le gouvernement

Accolade entre le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov (g) et le député libanais Gebran Bassil, le 29 avril 2021 à Moscou. Photo Twitter/@Gebran_Bassil

Le chef du Courant patriotique libre Gebran Bassil, sanctionné par les États-Unis et cherchant à briser son isolement diplomatique, a affirmé jeudi depuis Moscou avoir demandé à la Russie "d'inciter" le Premier ministre désigné Saad Hariri à former le gouvernement. Le Liban est sans cabinet depuis près de neuf mois en raisons de divisions politiques profondes. 

"Nous avons demandé au ministre russe des Affaires étrangères de jouer le rôle nécessaire pour inciter le Premier ministre désigné à boucler le dossier de la formation du gouvernement. Nous lui avons également demandé de tenir une conférence au Liban pour encourager le retour des déplacés", a déclaré M. Bassil.  En juillet 2018, la Russie avait proposé une initiative visant à régler ce problème, mais ce projet ne s'est toujours pas concrétisé. M. Bassil a aussi indiqué avoir "encouragé la Russie à s'engager dans le processus du développement du Liban en contribuant à plusieurs projets d'investissement".

Concernant la formation d'un cabinet au Liban, M. Bassil a indiqué que "le gouvernement est nécessaire, mais ne suffit pas s'il n'a pas la volonté et la capacité de réformer". "Il s’agit d’une affaire libanaise, a-t-il poursuivi. La Russie n’intervient pas dans les affaires intérieures, mais elle fait pression pour les réformes, et c’est pour cela que nous la remercions". "Nous attendons tous que le Premier ministre désigné décide de procéder à la formation du gouvernement, et plus important encore, décide d'engager des réformes", a-t-il encore dit. 

M. Bassil a indiqué dans ce cadre qu'en raison des pressions et de la corruption, "le Liban s'est effondré et a besoin de réformes radicales et structurelles". "Cela nécessite une décision politique libanaise et un gouvernement de spécialistes soutenu par les principales forces politiques et parlementaires, sans que personne ne puisse contrôler et empêcher ces réformes", a-t-il martelé avant d'ajouter : "Même si le Liban s'oriente vers l'Est plutôt que vers l'Ouest, ou s'il reste entre l'Est et l'Ouest, il ne peut se relever sans réformes". 

Le gendre du président libanais Michel Aoun s'est exprimé au cours d'une conférence de presse tenue après son entretien avec le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov. Il s'est également entretenu avec Mikhaïl Bogdanov, représentant personnel de Vladimir Poutine pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. Toutefois, aucun entretien n'a eu lieu entre le leader libanais et le président russe.

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Le Liban, en proie à une crise socio-économique profonde, est sans cabinet depuis près de neuf mois, après la démission du gouvernement de Hassane Diab, dans la foulée des explosions meurtrières au port de Beyrouth, le 4 août 2020. Le blocage est principalement la conséquence d'un bras de fer politique et personnel entre le chef de l'État Michel Aoun et le Premier ministre désigné Saad Hariri, autour notamment de leurs prérogatives dans ce processus. La Russie presse pour la mise en place d'un cabinet dans la ligne de l'initiative française lancée le 1er septembre 2020 à Beyrouth par le président Emmanuel Macron.

Déplacés syriens et frontières avec la Syrie

Gebran Bassil a noté par ailleurs que la Russie "joue de nombreux rôles positifs dans la région qui servent les intérêts du Liban". Selon lui la présence de Moscou permet "d'atteindre l'équilibre international dans la région et de protéger les minorités".

Il a aussi rappelé que la Russie "joue un rôle central dans le retour des déplacés syriens dans leur pays, afin de préserver l'unité de la Syrie, son tissu social et celui des pays voisins, en particulier le Liban". Selon lui, la Russie a aussi une influence "dans la résolution des problèmes liés aux frontières en encourageant notamment le lancement de négociations sur les frontières maritimes entre le Liban et la Syrie". "L'élection présidentielle syrienne et l'élection du président Bachar el-Assad seront des facteurs accélérateurs, rassurants et encourageants pour le retour des déplacés", a-t-il souligné.

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Le rôle des chrétiens 

M. Bassil a aussi évoqué la question des chrétiens d'Orient. "Que le Liban soit stable et prospère est un facteur impératif pour protéger sa diversité, protéger les minorités du pays et dans la région, et préserver le rôle des chrétiens dans le pays, a-t-il dit. Le Liban est un facteur important dans la lutte contre le terrorisme". "Le Liban, s'il a tous ses droits, et si les attaques israéliennes terrestres, maritimes et aériennes s'arrêtent, sera un facteur de stabilité et de paix dans la région. Certaines politiques internationales ont contribué au déplacement des chrétiens d'Orient, et on espère que la politique russe dans la région contribuera à les ramener", a-t-il encore dit. 

Gebran Bassil s'était rendu à deux reprises à Moscou en moins d’un mois, en 2019. En tant que ministre des Affaires étrangères, il avait rencontré son homologue russe Sergueï Lavrov et Vladimir Poutine. Deux ans plus tard, c’est dans un tout autre contexte qu'il se trouve en Russie, pour une visite dont le principal objectif est de lui redonner du crédit sur la scène internationale. Le chef chrétien tente depuis des mois d'effectuer une tournée internationale, mais les portes lui sont souvent fermées en raison des sanctions américaines. Il avait essayé il y a trois mois d’être reçu à Paris, mais en vain. L’ambassadrice de France Anne Grillo avait toutefois été dépêchée pour le rencontrer. Puis il avait été question plus récemment d’une rencontre avec Saad Hariri à Paris, avant que l’Élysée décide de l’annuler, ainsi que la visite de Gebran Bassil dans la capitale française. Le chef du CPL a aussi tenté de se rendre au Vatican, mais sans y parvenir.

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Le leader druze Walid Joumblatt, proche allié de la Russie, est lui aussi attendu dans les prochains jours à Moscou pour discuter de la crise libanaise. Mi-avril, c'est le Premier ministre désigné, Saad Hariri, dont les relations avec Gebran Bassil sont au plus bas, qui avait été reçu à Moscou, marquant ainsi une nouvelle étape de sa tournée auprès des pays impliqués dans le dossier libanais, dans une tentative de faire progresser les tractations gouvernementales.


Le chef du Courant patriotique libre Gebran Bassil, sanctionné par les États-Unis et cherchant à briser son isolement diplomatique, a affirmé jeudi depuis Moscou avoir demandé à la Russie "d'inciter" le Premier ministre désigné Saad Hariri à former le gouvernement. Le Liban est sans cabinet depuis près de neuf mois en raisons de divisions politiques profondes. "Nous avons demandé...

commentaires (13)

Je vais finir par le croire, ce parvenu perdant.

DJACK

21 h 59, le 30 avril 2021

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Commentaires (13)

  • Je vais finir par le croire, ce parvenu perdant.

    DJACK

    21 h 59, le 30 avril 2021

  • Il est satisfait de son voyage et pour lui c’est l’essentiel. Il faut qu’il aille au Venezuela demander à Maduro de venir faire un discours au Liban pour que le gouvernement soit formé et qu’il soit heureux de poser sur la photo. La photo se passe de commentaires. Tous ces radotages vont dans le même sens, attaquer Hariri pour l’écarter et reprendre du service au sein de l’état. Il peut rêver ça n’est pas interdit par la loi.

    Sissi zayyat

    10 h 28, le 30 avril 2021

  • Nous avons demandé au ministre des affaires étrangères d’inciter le Premier ministre désigné à boucler le dossier du gouvernement, Nous lui avons également demandé de tenir une conférence au Liban pour encourager le retour des déplacés, a déclaré Bassil. Nous attendons tous que le Premier ministre désigné décide de procéder à la formation du gouvernement, et plus important encore, décide d'engager des réformes". Ô hé mais il n’a pas de titre officiel il n’est qu’un ex-ministre, point. Il réitère le pronom NOUS à la 1ere personne du Pluriel à plusieurs reprises, pour qui il se prend ? Pour le Président de la République ou pour Louis 14? la corruption pourquoi il n’évoque jamais le dossier des barges et de tous le dossiers des ministères dont il a eu la charge? Le Premier Ministre désigné n’a pas attendu le nain pour faire des réformes. De quel droit il parle au nom des Chrétiens Libanais et du moyen-orient! il a le culot de demander aux Russes de faire revenir les Libanais qui ont quitté le pays, mais il a oublié que son Beau Papa a demandé au Libanais de quitter le pays s’ils ne sont pas contents! Il n’a pas arrêté de mettre les batons dans les roues pour avoir le tiers de blocage. ill a une mémoire sélective. Bref il ne sait plus ou il en est. c’est juste un faux jeton qui s’accroche aux branches mais il est déjà dans les oubliettes de l’histoire. Article très bien détaillé dommage qu'on ne sait pas qui est l'auteur.

    Le Point du Jour.

    10 h 03, le 30 avril 2021

  • C’est vrai ce qu’on raconte, que quand Lavrov a vu Bassil, il a cru qu’il était loin? Non? C’est des mauvaises langues alors...

    Gros Gnon

    22 h 10, le 29 avril 2021

  • Même discours différents accents, doivent se dire les russes en ricanant: bonjour hezb, salut futur, ahlan cpl, au suivant...

    Wlek Sanferlou

    20 h 11, le 29 avril 2021

  • Menteur invétéré.

    Zakariah

    20 h 10, le 29 avril 2021

  • Cela me rappelle la fable de Jean de Lafontaine la Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf et qui finit par exploser.

    Liban Libre

    19 h 41, le 29 avril 2021

  • "Bassil demande à Lavrov d'inciter Hariri à former le gouvernement". Mais c'est déjà fait depuis longtemps il a même communiqué à la presse sa composition mais c'est Aoun qui a refusé! .

    Yves Prevost

    19 h 24, le 29 avril 2021

  • Un veritable bouffon

    Liban Libre

    19 h 01, le 29 avril 2021

  • Malheureusement le ridicule ne tue pas! Sinon nous serions déjà débarrassés de notre "classe politique" ici au Liban...

    Sfeir walid

    18 h 52, le 29 avril 2021

  • Il croit avoir trouvé une échappatoire à Moscou. Cette photo révèle combien ce gendron est rêveur, tandis que l'autre le traite comme un petit gamin qui cherche réconfort avec un bonbon.

    Esber

    18 h 31, le 29 avril 2021

  • Tout petit et en plus il parle au nom de tous les chrétiens d'orient.

    carlos achkar

    18 h 17, le 29 avril 2021

  • On rêve là.... on cauchemarde plutôt Un politicien qui va parler « des chrétiens » d’orient !!!! BON SANG.... Il n’a même pas autorité pour parler au nom des chrétiens du Liban !!! Même pas de ceux de son parti dont la moitié n’attend que son éviction de ce parti !!! Il va parler carrément au nom des chrétiens d’orient ?? !!! Mais l s 20 millions de chrétiens en Égypte ne lui ont rien demandé !!! Idem pour ceux du Liban... INSUPPORTABLE ce type qui se prend pour le pape ou l’ambassadeur des chrétiens alors que ces derniers aussi bien que « les non chrétiens » ne le supportent pas!!!! Il faut l’arrêter ce type.... sous prétexte de gendre du pharaon, il endosse tous les costumes . Comme dit par les russes « il mange à tous les râteliers »

    radiosatellite.online

    17 h 54, le 29 avril 2021

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