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Politique - Focus

Gebran Bassil dans les pas de Michel Aoun ?

Le gendre du président mise sur le long terme pour se replacer au centre du jeu et « renverser la table », comme l’a fait son beau-père en rentrant au Liban puis en accédant à la présidence.

Gebran Bassil dans les pas de Michel Aoun ?

Michel Aoun et Gebran Bassil le 16 mai 2008. Photo d’archives AFP

Le 30 août 1991, le général Michel Aoun quittait le Liban pour la France après avoir perdu sa “guerre de libération” lancée en 1989 contre les forces syriennes. Cet exil forcé semblait à l’époque enterrer la carrière politique de cet ambitieux militaire persuadé que son destin et celui du Liban étaient intimement liés. Mais 14 ans plus tard, le 7 mai 2005, Michel Aoun faisait un retour triomphal à Beyrouth. Et 11 ans plus tard, après avoir trahi son propre héritage à de multiples reprises au gré de ses intérêts, il réalisait son rêve de toujours en accédant (enfin) au palais présidentiel.

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Pourquoi revenir sur cet épisode que tous les Libanais connaissent par cœur ? Parce que c’est l’une des meilleures preuves que personne n’est jamais complètement mort en politique. Au Liban encore plus qu’ailleurs. Et s’il y a bien quelqu’un qui a retenu la leçon, ce n’est nul autre que le gendre de l’actuel président, l’homme le plus controversé de la République : Gebran Bassil. À l’image de son beau-père, le chef du Courant patriotique libre (CPL) a connu une ascension fulgurante qui a fait de lui l’un des hommes les plus puissants du pays, avant de vivre une descente aux enfers depuis le soulèvement d’octobre 2019. Le compromis présidentiel de 2016 permettant l’arrivée de Michel Aoun à Baabda a consacré une stratégie planifiée depuis des années. Celle-ci devait dans le même temps faire de Gebran Bassil le successeur évident, en le positionnant comme un allié indispensable à la fois pour les camps sunnite et chiite. Entre 2016 et 2019, rien ne pouvait se décider au Liban sans l’aval de Gebran Bassil. Tous ceux qui souhaitaient consulter le président de la République avaient le droit à la même réponse : « Vous devez d’abord voir cela avec Gebran. » Même Saad Hariri a accepté ce mode de fonctionnement qui faisait pourtant du gendre du président un Premier ministre bis bien plus fort que lui. Le chef du CPL pouvait s’appuyer sur sa relation filiale avec Michel Aoun mais aussi sur sa proximité avec le Hezbollah, qui le considérait comme son allié le plus stratégique. Il pouvait se permettre de qualifier le président du Parlement de “voyou” sans en subir les conséquences. Pire, sous la pression du Hezbollah, et par l’intermédiaire d’Élie Ferzli – à l’époque membre du groupe parlementaire aouniste et en même temps proche du chef d’Amal – Nabih Berry a été contraint de recevoir Gebran Bassil à Aïn el-Tiné sans que celui-ci ne lui présente au préalable la moindre excuse.

Seule défaite

Durant ces années au sommet, le chef du CPL a réussi à gagner quasiment toutes ses batailles politiques, mais à un prix exorbitant. Il a pris le dessus sur Saad Hariri, au point d’empoisonner sur le long terme ses relations avec lui. Le Premier ministre désigné, qui disait à l’époque avoir conclu un mariage maronite avec le camp aouniste, ne veut aujourd’hui plus en entendre parler. Gebran Bassil a également réussi à marginaliser les Forces libanaises, mais a sacrifié dans le même temps la réconciliation interchrétienne qui avait permis à Michel Aoun de se positionner en 2016 comme un candidat incontournable pour le camp chrétien. Il est parvenu à réduire à son strict minimum l’influence de Sleimane Frangié, le chef des Marada, et à établir un rapport de force à son avantage avec Nabih Berry. Mais il est aujourd’hui honni par ces deux leaders qui s’étaient déjà abstenus de voter pour Michel Aoun en 2016. La seule vraie bataille dont Bassil n’est pas sorti triomphant, c’est celle qu’il a menée contre le leader druze Walid Joumblatt, essayant de remettre en question son leadership dans la Montagne, en le mettant en concurrence avec Talal Arslane et en attisant les tensions entre leurs partisans. Gebran Bassil a désormais perdu tous ses appuis politiques sur la scène interne, à l’exception du Hezbollah. Mais même au sein du parti chiite, ses soutiens se font de plus en plus rares. Conspué par la rue, il entretient en outre des relations difficiles, voire houleuses, avec le patriarche maronite Béchara Raï, le commandant en chef de l’armée Joseph Aoun et le gouverneur de la Banque du Liban Riad Salamé.

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Néanmoins, sa position sur le plan intérieur demeure malgré tout plus confortable que celle qu’il a à l’étranger, où il est considéré comme un paria par de nombreuses capitales de premier plan. L’ex-ministre des Affaires étrangères avait tissé pendant des années son réseau à l’international auprès de la diaspora libanaise, mais aussi à coup de visites officielles aux quatre coins de la planète pour parfaire son statut et son image. La flexibilité politique dont il a réussi à faire preuve en interne l’a, semble-t-il, convaincu qu’il pouvait reproduire le même modèle sur la scène internationale, en se voulant à la fois l’allié des Saoudiens et des Iraniens, des Russes et des Américains. Il est désormais isolé sur la scène arabe, en raison de ses positions en faveur de l’Iran et du Hezbollah. Ses relations avec la France se sont aussi terriblement détériorées, alors que Paris considère qu’il a été un obstacle à son initiative diplomatique au Liban. Le gendre du président a tenté de jouer la carte russe, au nom de la protection des minorités chrétiennes, mais Moscou n’en a jamais fait son principal partenaire sur la scène libanaise, estimant qu’il jouait un double jeu et considérant probablement qu’il lui était préférable, pour des raisons qui dépassent le Liban, d’avoir de bonnes relations avec les camps sunnite et chiite. Mais c’est avec la première puissance mondiale, les États-Unis, que le chef du CPL a perdu le plus gros. Le leader chrétien a été sanctionné par Washington en novembre 2019, une épée de Damoclès qui hypothèque sérieusement ses ambitions présidentielles dans un pays historiquement tourné vers l’Occident.

« Il s’est mis tout le monde à dos »

« Bassil est au plus bas, mais il ne lâchera rien », affirme un proche du leader chrétien qui met en avant le fait qu’il est encore au centre de l’équation locale et dispose du plus important groupe parlementaire. Cette affirmation ne semble pas prendre en compte le fait que ce groupe a perdu tous ses membres indépendants et que les dissensions sont très fortes au sein même du CPL. « De nombreuses chancelleries tentent d’affaiblir Bassil en prenant contact avec des députés au sein du courant aouniste », affirme la source précitée. « Mais personne n’osera bouger contre lui tant que Michel Aoun sera vivant », décrypte un homme politique au sein de la galaxie aouniste.

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En 2005, c’est le retrait des troupes syriennes qui a permis à Michel Aoun de faire son retour au Liban puis son alliance avec le Hezbollah qui lui a ouvert les portes de Baabda. Gebran Bassil parie à son tour sur les évolutions régionales. Dans son esprit, un accord irano-saoudo-américain lui permettrait de revenir sur le devant de la scène libanaise, puisque cela rendrait le Hezbollah plus tolérable aux yeux des Américains et des Saoudiens. « Quand Hariri est tombé le 17 octobre, Bassil est tombé avec lui. Il veut changer les règles de la politique libanaise, mais en faisant cela, il s’est mis tout le monde à dos », décrypte un personnage politique de premier plan, sous couvert d’anonymat. « Je le lui ai dit à plusieurs reprises », ajoute-t-il. Loin d’abandonner la partie, Gebran Bassil semble être prêt à tout pour se remettre au centre du jeu. Son dernier discours samedi en est une énième preuve : le leader chrétien a attaqué tous ses adversaires de front tout en tendant de multiples perches, notamment en direction des États-Unis, avec qui il essaye de se rabibocher. Il semble vouloir utiliser le dossier du tracé des frontières maritimes avec Israël comme une arme de séduction par rapport aux Américains. Certes, les obstacles paraissent aujourd’hui bien trop nombreux. Mais Gebran Bassil le sait mieux que quiconque, rien n’est jamais figé dans le temps.


Le 30 août 1991, le général Michel Aoun quittait le Liban pour la France après avoir perdu sa “guerre de libération” lancée en 1989 contre les forces syriennes. Cet exil forcé semblait à l’époque enterrer la carrière politique de cet ambitieux militaire persuadé que son destin et celui du Liban étaient intimement liés. Mais 14 ans plus tard, le 7 mai 2005, Michel Aoun faisait...

commentaires (19)

ce mec est Lourd et Nul depuis les bancs de L'université, il était insupportable et surtout n'rien d une lumière...et surtout incompétent Zinikh!

Jack Gardner

18 h 11, le 27 avril 2021

Tous les commentaires

Commentaires (19)

  • ce mec est Lourd et Nul depuis les bancs de L'université, il était insupportable et surtout n'rien d une lumière...et surtout incompétent Zinikh!

    Jack Gardner

    18 h 11, le 27 avril 2021

  • Oui, GB dans les pas de AOUN. De la hauteur à la décadence. Du rêve d'un pays libre et indépendant à son pillage et son effondrement à cause en partie de ces 2 personnages. Mais eux disparaitront et le Liban survivra. Le peuple ne se trompera plus le moment venu.

    carlos achkar

    20 h 17, le 26 avril 2021

  • Seuls le président et son gendre sont la cible des journalistes de l'OLJ .Comme si , en dehors d'eux, tout est nickel chrome . Le sectarisme et les critiques acerbes sont flagrants .

    Hitti arlette

    19 h 54, le 26 avril 2021

  • Je salue le courage du modérateur qui a publié mes posts précédents félicitants Janine Jalkh pour son article ainsi de Mounir Rabih. Leurs publications m’ont incité à commenter les sujets de ces excellents articles, comme quoi il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Maintenant que Bassil a vomi sa haine contre le monde entier, que lui reste-t-il dans le ventre? rien! alors maintenant il va nous gratifier de son silence éloquent n’ayant plus rien à dire. Plouf plouf plouf, Bassil est tombé dans l’eau, alléluia! Franchement de tout ce qu’il a énuméré il n’y a pas de quoi fouetter un chat. Il s’est juste un peu plus ridiculisé. Concernant la délimitation des frontières il n’a pas d’avis à donner et encore moins de revendication à faire n’étant qu’un ex-ministre démissionnaire qui n’est même pas en charge des affaires courantes; alors chuuut ! Il demande la dissolution de l’assemblée, chiche ! rira bien qui rira le dernier. Concernant l’article de Mounir Rabih dont je suis fan, tout est explicite, Bassil est renvoyé au piquet et mis au pain sec jusqu’aux élections législatives. Personne ne veut de lui ni ses anciens alliés et encore moins ses anciens détracteurs, Bassil s’est isolé lui-même, quel bonheur! Il est nostalgique du temps qu’il faisait illusion d’être ce qu’il n’a jamais été et ce qu’il ne sera jamais … c’est-à-dire président. Merci à la personne qui a publié mes deux posts précédents !

    Le Point du Jour.

    19 h 32, le 26 avril 2021

  • Pardon, mais j'ai l'impression que le titre est tronqué et qu'il devrait lire "Gebran Bassil dans les pas de Michel Aoun, et dans les pattes des Libanais" l'on peut toujours rajouter le titre de :"maître trébucheur

    Wlek Sanferlou

    15 h 13, le 26 avril 2021

  • C’est la lâcheté de tous les politiciens qui ont fait que cet individu est devenu le centre des affaires au Liban. Ils lui ont tenu le crachoir pendant des années sans oser dénoncer ses agissements et surtout dans le secteurs de l’électricité avec la mansuétude des libanais qui pour pallier au manque se sont rués sur les générateurs en payant le prix fort sans jamais réclamer leur dûs aux voleurs au pouvoir. Et ça continue avec les mêmes acteurs, cette fois ci c’est la dignité des libanais qui est en jeu mais ils ne réagissent pas en attendant que ces moins que rien les massacrent parce qu’ils ont leur argent et les tiennent en otages pour les empêcher de quitter le pays. On se réveille toujours très tard dans ce pays à l’heure où plus rien n’est possible parce qu’on a laissé croire à ces fossoyeurs qu’ils peuvent disposer de notre pays et de son peuple comme ils veulent sans bouger le petit doigt. Depuis quelques jours on n’entend parler que ces deux mercenaires qui fiers, annoncent la poursuite de leur plan de destruction.

    Sissi zayyat

    13 h 50, le 26 avril 2021

  • Merci à Mounir Rabih pour l’article que je ne commenterai pas puisque tout dépend du modérateur de permanence qui voudra ou refusera de publier le commentaire, selon qu’il soit pro Aoun/Bassil/CPL, ou indifférent à leur faux charme. Je me demande pourquoi lorientlejour nous harcèle en nous invitons à prendre la parole ? si c’est pour nous censurer selon les idées du modérateur du moment, alors autant économiser vos efforts pour plaire à ce pouvoir que j’espère éphémère. Bon courage à la direction vous avez tellement de grain à moudre pour arriver à démocratiser votre journal. P.S. pour exemple regardez Pascal Praud sur la chaine CNEWS, ses commentaires ainsi que les commentaires de ses invités sont sans filets en direct et sans aucune censure. Cordialement.

    Le Point du Jour.

    13 h 32, le 26 avril 2021

  • Le consensus c'est le partage du gâteau. C'est le consensus libanais qui a mené le pays à la catastrophe. Pour s'entendre avec le gouvernement américain et ses vassaux (France, GB, ...), il suffit de tout céder à Israel.

    NASSER Jamil

    13 h 27, le 26 avril 2021

  • Son ambiguïté l’a démoli ! Parcours classique d’un arriviste sans honneur.

    Wow

    11 h 45, le 26 avril 2021

  • "Entre 2016 et 2019, rien ne pouvait se décider au Liban sans l’aval de Gebran Bassil. " Donc titulaire des années de chutes libres!

    Sarkis Dina

    09 h 58, le 26 avril 2021

  • Le problème est que la grande majorité des Libanais n'aime pas, mais alors pas du tout les petites grenouilles gonflées d'arrogance et d'insolence, de mépris et non-respect des autres et...surtout de nullité en tout ! - Irène Saïd

    Irene Said

    08 h 47, le 26 avril 2021

  • Votre article débute avec une grande erreur: Michel Aoun a FUI Baabda pour se réfugier à l’ambassade de France suite à la guerre d’élimination et son refus de reconnaître Taef. Il a pu revenir en 2005 car il avait des positions souverainistes ayant accusé ouvertement le Hezbollah du meurtre de Rafic Hariri sur les médias français et ayant critiqué la position syrienne au Liban. Ça en faisait un leader charismatique qui a donc réussi ce retour. Gebran Bassil est honni par la majorité du peuple libanais, il est déconsidéré par les puissances étrangères, il fait l’objet de sanctions américaines pour corruption et figure en tête de liste des sanctions européennes. Votre article se termine donc aussi par une grande erreur : il ne pourra jamais s’imposer sur la scène locale sauf en bloquant et détruisant toutes les institutions comme il le fait actuellement

    Liberté de Penser

    08 h 25, le 26 avril 2021

  • "En 2005, c’est le retrait des troupes syriennes qui a permis à Michel Aoun de faire son retour au Liban". Au fait, comment se fait-il que personne ne commémore en ce 26 avril, le jour de la Libération? Même si l'atmosphère n'est guère a fête, il me semble que le départ des dernières troupes d'occupation qui écrasaient de leurs bottes l'ensemble du pays est un événement autrement plus important que celui de la libération de la seule bande frontalière.

    Yves Prevost

    07 h 47, le 26 avril 2021

  • Une chose est sûre en tous cas: entre le gendre de la République parrain de l'Electricité et son électorat, le courant est coupé. Rdv aux prochaines législatives (202?, 203?, 21??)...

    Citoyen libanais

    07 h 45, le 26 avril 2021

  • On pourrait ajouter les points suivants : 1) C'est surtout grâce aux voix du Mustakbal qu'il a gonflé son groupe parlementaire 2) Encore faut-il que les citoyens lui pardonnent l'échec de l'édification de l'état 3)  Encore faut-il que les militaires lui pardonnent l'échec de l'édification de l'État souverain 4) Il est classé comme un narcissique qui jette sur les autres tout ce qui lui tombe sous la main (ex. la juge Ghada Aoun). Ils l'ont tous essayé et ne lui font pas confiance. Il ne changera jamais. 5) Ce sont les voix du 14 mars qui ont amenées Aoun à la présidence. Le Hezbollah n'est pas en mesure d'amener Bassil à la présidence à lui seul. 6) Un accord international avec l'Iran va affaiblir la main mise du Hezbollah sur l'état, car l'Iran va devoir faire des concessions à Israël.

    Zovighian Michel

    06 h 41, le 26 avril 2021

  • Un seul fauteur de troubles : Berry... qui pourrait fausser ces jolis calculs..

    LeRougeEtLeNoir

    05 h 07, le 26 avril 2021

  • Gerbant Bassil ne mise que sur la permanence du Hezbollah, et le statu quo politique d’ici la fin du mandat Aoun pour être élu, quand bien même , il ne pourrait même pas avoir de visa pour les USA, et bientôt pour l’Europe ! I’m serait élu pour at une assemblée parlementaire expirée, sans renouvellement au travers d’élections , qui n’auront pas lieu aux échéances législatives prévues. En somme la politique du pire , pour le pire produit du système politique de l’histoire du Liban

    LeRougeEtLeNoir

    05 h 05, le 26 avril 2021

  • Ce qui signifie que le Liban restera dans la merde sur le long terme.

    Robert Malek

    03 h 09, le 26 avril 2021

  • Vous oubliez à dessin dans votre exposé le plus important: LE PEUPLE LIBANAIS DANS SON ENSEMBLE (y compris meme certains du CPL ) LE CONSIDÈRE COMME LE PLUS GRAND RESPONSABLE DE LA DÉBÂCLE QUE NOUS VIVONS AUJOURDH’UI ET CELA NE S’OUBLIE PAS FACILEMENT LA VÉRITÉ LES SANCTIONS PROCHAINES DE LA FRANCE ET/OU DE L’EUROPE LE LAISSERONT AUSSI DANS LA LISTE DES COMPLOTEURS QUI BLOQUENT LA FORMATION. D UN GOUVERNEMENT AUJOURDH’UI ET LE PEUPLE DANS SON ENSEMBLE N’OUBLIERA PAS LE HOLÀ HO DE SITÔT

    LA VERITE

    01 h 10, le 26 avril 2021

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