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Société - Violences à Tripoli

Le tribunal militaire poursuit tous les activistes arrêtés pour "terrorisme et vol"

L'organisation Legal Agenda voit dans cette décision une volonté de "museler" la rue avant une future levée des subventions. 

Le tribunal militaire poursuit tous les activistes arrêtés pour

Des manifestants et soldats rassemblés dans une rue de Tripoli, lors de manifestations fin janvier. Photo Marc Fayad

Les 35 activistes qui avaient été arrêtés pour leur implication dans les violences ayant opposé les forces de l'ordre aux manifestants à Tripoli (Nord), fin janvier, sont désormais poursuivis pour "terrorisme, tentative de former un groupe terroriste et vol" par le tribunal militaire, a confirmé à L'Orient Le Jour Mazen Hoteit, avocat au barreau de Beyrouth, qui suit de près le dossier. 

Plusieurs dizaines de protestataires s'étaient rassemblés dans la journée devant le tribunal militaire afin de réclamer la libération de ces militants, comme cela était le cas quasiment quotidiennement depuis leur arrestation.

Le commissaire du gouvernement près le tribunal militaire, Fadi Akiki, a engagé des poursuites, collectivement, contre toutes les personnes arrêtées depuis les violences de fin janvier dans la capitale du Nord, dont la plupart sont encore détenues, a pour sa part rapporté Ayman Raad, avocat de six des détenus, dans plusieurs vidéos partagées sur les réseaux sociaux. Les 35 activistes sont poursuivis pour terrorisme, tentative de former un groupe terroriste, utilisation d'explosifs et vol, alors que plusieurs cocktails Molotov avaient été lancés par des protestataires lors des émeutes. Les personnes poursuivies pour ces chefs d'accusation peuvent encourir jusqu'à la peine de mort, rappelle l'avocat dans ses vidéos, qui ont été partagées par plusieurs groupes de la société civile sur les réseaux sociaux.

Pour mémoire

Un dentiste convoqué... pour avoir donné à manger aux protestataires

Me Raad estime que cette décision correspond à une "escalade du pouvoir en place via la justice". Il a reproché au tribunal de n'avoir fait aucune distinction entre les activistes poursuivis, accusant les autorités de vouloir "considérer tous les chiites de l'opposition comme des collaborateurs (avec Israël, ndlr) et tous les sunnites de l'opposition comme des terroristes".

"Museler" la rue
Ces chefs d'accusation ont été dénoncés, à l'instar de Ayman Raad, par plusieurs activistes proches du mouvement de contestation. L'avocat Wassef Haraké, très actif lors des manifestations, a notamment estimé qu'ils "prouvent que la justice est une façon pour les autorités de se battre contre les révolutionnaires". L'organisation Legal Agenda a de son côté craint que cette décision soit "une façon de museler" la rue afin d'"empêcher de nouvelles manifestations, et ce avant de lever les subventions, de manière à résoudre par la violence les problèmes de la faim et de la pauvreté". L'organisation dénonce encore le fait que la décision du juge "stéréotype les grandes villes pauvres comme Tripoli en les qualifiant de terroristes". 

Pour mémoire

Deux militants ont été relâchés, vingt-deux autres restent détenus

La détention prolongée de ces manifestants, dont la majorité est originaire de Tripoli et de la Békaa, a provoqué des sit-in quotidiens, parfois marqués d'échauffourées, devant le tribunal militaire de Beyrouth. Leurs avocats ont, eux, dénoncé à plusieurs reprises la façon dont ont été menés les interrogatoires de ces jeunes gens, et notamment le fait qu'ils n'aient pas pu être assistés d’un avocat lors de leur première audition devant la police, comme le prévoit le code pénal. 

Les violences de Tripoli, qui avaient duré plusieurs jours alors que les habitants de la ville manifestaient pour réclamer une levée du confinement sanitaire et des aides de l'Etat face à la crise, ont fait un mort, Omar Tayba, et plusieurs centaines de blessés. 


Les 35 activistes qui avaient été arrêtés pour leur implication dans les violences ayant opposé les forces de l'ordre aux manifestants à Tripoli (Nord), fin janvier, sont désormais poursuivis pour "terrorisme, tentative de former un groupe terroriste et vol" par le tribunal militaire, a confirmé à L'Orient Le Jour Mazen Hoteit, avocat au barreau de Beyrouth, qui suit de près le...

commentaires (2)

C’est la même justice que celle qui a changé Sawan en Bitar? Aïe aïe aïe!

Gros Gnon

20 h 42, le 22 février 2021

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Commentaires (2)

  • C’est la même justice que celle qui a changé Sawan en Bitar? Aïe aïe aïe!

    Gros Gnon

    20 h 42, le 22 février 2021

  • Ou comment sauver les voyous en place ...

    Zeidan

    19 h 42, le 22 février 2021

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