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Campus - PUBLICATION

Des anciens de Jamhour créent « Kalam », un nouveau journal étudiant en ligne

Créé par des étudiants pour les étudiants, ce média permet à la jeunesse libanaise de s’exprimer librement.

Des anciens de Jamhour créent « Kalam », un nouveau journal étudiant en ligne

Marianne al-Haj. Photo Marc al-Haj

kalaminfos.com a vu le jour le 1er décembre, grâce à l’initiative de François Naaman, Josef Nasr et Marianne al-Haj, un trio d’anciens élèves du collège Notre-Dame de Jamhour aujourd’hui installés en France ou aux États-Unis pour leurs études. « Il y a plus d’un an, j’ai eu l’idée de créer un journal étudiant trilingue qui puisse s’adresser à tous. J’ai fait appel à mes amis, Marianne et Josef, et nous avons commencé à nous réunir de manière régulière pour développer ce projet qui a mis du temps à se concrétiser sans l’intervention de professionnels », raconte François Naaman, en 2e année de double licence en droit-philosophie à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. En créant ce journal, les trois membres fondateurs ont souhaité offrir aux étudiants une plate-forme de libre expression et l’opportunité d’instaurer un débat constructif indispensable, selon eux, à l’épanouissement de la jeunesse libanaise. « Ce qui porte notre équipe composée d’étudiants libanais vivant au pays du Cèdre et à l’étranger, c’est l’amour que nous portons à notre patrie. Ce journal est une manière de refuser la défaite. Croire en nos capacités à changer les choses constitue la seule possibilité rationnelle pour recouvrer nos droits et faire sortir notre pays du marasme dans lequel il est embourbé », souligne Josef Nasr, en 2e année d’études en sciences sociales et politiques au campus de Nancy de Sciences Po Paris et à l’Université libre de Berlin. François Naaman, qui est le secrétaire général du journal, acquiesce : « Kalam cherche à intégrer un débat d’idées dans un pays où on ne discute plus et où la pensée est dissoute dans l’idéologie et l’égotisme. Nous n’aurions jamais trouvé la motivation de travailler sur cette initiative si nous n’avions pas l’intime conviction que la jeunesse est capable de grandes choses. »


François Naaman. Photo Vassilios Bouziouris


Un journal trilingue

« Kalam a été fondé par des étudiants pour des étudiants. Les jeunes peuvent trouver dans ce journal une tribune pour s’exprimer et partager leurs idées avec les lecteurs », renchérit Marianne al-Haj, inscrite en 2e année d’ingénierie biomédicale à l’Institut de technologie de Géorgie à Atlanta, aux États-Unis.

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Le site web du journal, créé par des étudiants bénévoles, comporte quatre rubriques : arts et culture, politique, économie et sciences. Les lecteurs peuvent y découvrir, en moyenne, deux nouveaux articles par jour. Les étudiants ont la possibilité de contribuer à Kalam par le biais de la rédaction d’articles en anglais, en français et en arabe, ou en soumettant leurs illustrations au comité de rédaction. « Nous sommes ouverts à toute sorte de contributions. Nous cherchons à varier notre contenu pour faire en sorte que nos lecteurs apprécient la prise de position et l’expression de différents points de vue. Il n’y a aucune condition requise pour devenir rédacteur dès lors que vous êtes étudiant et motivé », précise François Naaman. Les trois membres fondateurs du journal ont recruté une équipe soudée d’étudiants bénévoles au sein de laquelle les tâches sont réparties de façon à ce que la charge de travail n’empiète pas sur les études de chacun. « Le journal nécessite un travail très conséquent. Pour l’inscrire sur le long terme, nous avons fixé une organisation bien précise », ajoute François Naaman. En tant que secrétaire général, l’étudiant de 19 ans met en relation les différentes composantes du journal et fixe sa ligne directrice. Il organise les réunions avec l’équipe et suit les projets en cours en veillant à ce que chacun respecte les prérogatives qui lui sont accordées.

« Faire partie du comité de rédaction de Kalam me permet d’allier ma passion pour le journalisme à ma volonté d’inciter les étudiants à s’instruire davantage, à réfléchir librement et à combattre l’ignorance et l’obscurantisme », poursuit Marianne al-Haj. Cette dernière s’occupe de la communication et gère essentiellement les publications sur le site, les réseaux sociaux ainsi que le recrutement des membres de l’équipe et le marketing. Elle s’est également engagée à rédiger un grand article mensuellement.

Directeur de la rédaction, Josef Nasr s’occupe principalement de la coordination du travail entre les rédacteurs et les chefs de section. « Je sers également d’intermédiaire entre ces derniers et le comité de rédaction, et je me charge d’accueillir les nouvelles recrues en m’assurant que leur intégration au sein de notre équipe se déroule sans accrocs », explique le jeune homme passionné d’histoire, d’écriture, de littérature, de philosophie et de dessin.


Josef Nasr. Photo DR


Une expérience formatrice

Les fondateurs du journal en ligne Kalam ont pu, en très peu de temps, apprendre beaucoup sur le travail en équipe, sur eux-mêmes et sur les autres. « Mon engagement dans ce projet en commun m’offre l’opportunité de mettre à l’épreuve mes capacités de gestion du temps et d’organisation, tout en me poussant à améliorer mes compétences en communication, ma réactivité et ma manière d’interagir avec les autres », remarque Josef Nasr.

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« Cette expérience inédite m’a permis d’apprendre à encourager, toujours, le débat constructif et le respect de l’opinion d’autrui. Elle m’aidera sans doute à m’orienter professionnellement en identifiant si je souhaite intégrer le milieu du journalisme », confie à son tour Marianne al-Haj. Quant à François Naaman, il observe que « le journal nous permet d’avoir un premier regard sur la gestion d’un grand groupe et de nous intéresser de plus près à l’expérience journalistique, qu’elle soit perçue sous un angle informatif ou pédagogique. Cependant, Kalam contient une cause qui nous dépasse. C’est celle de toute la jeunesse d’un pays qui ne se retrouve plus dans les discours qu’on lui adresse, dans l’enseignement qu’on lui dispense, dans le futur qu’on lui dessine et dans le passé qu’on lui fabrique ».

Les jeunes fondateurs de kalaminfos.com aimeraient trouver des moyens d’être financés pour organiser, de manière régulière, des conférences et des débats ouverts au public. L’accès aux articles du journal Kalam restera gratuit et l’engagement de l’équipe demeurera bénévole.




kalaminfos.com a vu le jour le 1er décembre, grâce à l’initiative de François Naaman, Josef Nasr et Marianne al-Haj, un trio d’anciens élèves du collège Notre-Dame de Jamhour aujourd’hui installés en France ou aux États-Unis pour leurs études. « Il y a plus d’un an, j’ai eu l’idée de créer un journal étudiant trilingue qui puisse s’adresser à tous. J’ai fait...

commentaires (2)

Très bonne initiative!

Georges Olivier

09 h 30, le 17 décembre 2020

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Commentaires (2)

  • Très bonne initiative!

    Georges Olivier

    09 h 30, le 17 décembre 2020

  • Je suis ancien de jamhour promotion 1977 Je suis prêt à collaborer et vous envoyer des articles.je suis professeur titulaire de neurochirurgie à j université de Montreal Je pourrais vous envoyer aussi des rubriques sur le vin ,je viens de compléter un livre pour les initiés d entre vous aux vins du monde

    Robert Moumdjian

    05 h 02, le 17 décembre 2020

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