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L’indépendance, les femmes et Mohammad Fahmi

L’indépendance, les femmes et Mohammad Fahmi

Sculpture en basalte de Cléopâtre au musée de l’Hermitage à Saint-Pétersbourg, en Russie. Photo Bigstock

Dans la famille des politiciens et autres ministres qui alignent les conneries en public et particulièrement dans les médias, je choisis Mohammad Fahmi. Bourde après bourde, le ministre sortant de l’Intérieur n’en rate pas une. C’est à se demander s’il le fait exprès ou si son cerveau est en berne. Et ce depuis belle lurette. Après nous avoir assuré qu’en 5 jours, nous saurions ce qui s’est passé au port le 4 août dernier, le voilà qui en remet une couche à propos des femmes. Avec un ton on ne peut plus condescendant et surtout stupide, il a déclaré la semaine dernière après qu’une journaliste (qui n’en est probablement pas une, vu ses ricanements post-réponse) lui a demandé comment allions-nous faire sans delivery le dimanche, que ça ne ferait pas de mal aux femmes de préparer le repas. Wrong answer. Selon lui donc, c’est à la cuisine que les Libanaises devraient être. Évidemment, pour un misogyne, cela va de soi. En l’espace de quelques heures, il est devenu source de moqueries, de hashtags, de vidéos d’hommes aux fourneaux et autres mèmes. Sauf que la suite était encore plus édifiante. Toujours selon lui, l’absence de livraison à domicile nous permettrait également de perdre du poids. Dire ça alors que plus de la moitié de la population libanaise vit sous le seuil de pauvreté et crève littéralement de faim est insultant et méprisant à l’égard du peuple. Si Fahmi voulait faire de l’humour, il a été à mauvaise école.

Mais pour en revenir à la question des femmes, Fahmi n’en est pas à sa première ineptie. Il y a quelque temps, sur un plateau télé, il émettait des réserves sur l’éventuelle nomination d’une femme à la tête du gouvernement. À l’époque, le retour de Saad Hariri 3.0 (comme dirait Marcel Ghanem) n’était pas encore confirmé. Pour appuyer ses propos une fois de plus misogynes, il a expliqué au présentateur Nishan que la femme était faible, douce et timide et qu’elle ne pouvait donc pas assumer un tel poste à responsabilités. Ce discours venant d’un homme qui a succédé à Raya el-Hassan à l’Intérieur, et qui a été loin d’être douce avec les manifestants, est aussi curieux que crétin. Sa liste de stéréotypes est tellement affligeante qu’on aimerait lui rappeler que son incompétence, son inutilité et la vacuité dans son système cérébral n’auraient pas fait le poids face à Angela Merkel ou, dans les années 80, à Margaret Thatcher. Malheureusement pour lui, l’adjectif faible lui sied parfaitement. Surtout en matière de savoir et de connaissances en histoire et en politique. Lui dresser une liste des femmes de pouvoir serait entrer dans son jeu, mais il lui serait bénéfique d’aller jeter un coup d’œil sur le net ou ailleurs et d’en apprendre un peu plus sur Kamala Harris, Alexandria Ocasio-Cortez, Ekateríni Sakellaropoúlou, Jacinda Ardern, Malala, et de fouiner dans les décennies et siècles précédents et de retenir des noms comme ceux d’Indira Ghandi, Benazir Bhutto, Rosa Parks, Simone Veil, Zénobie ou Cléopâtre, pour ne citer qu’elles. Mais que pouvait-on attendre d’un homme qui a avoué avoir tué deux personnes et fut protégé par celui qui devint, malheureusement pour nous, le président de notre République.

À la veille d’une fête censée célébrer notre indépendance, cela renforce, une fois de plus, le triste constat que la femme est toujours considérée au Liban comme une citoyenne de seconde classe. Et qu’en matière d’indépendance, elle a encore un long chemin à arpenter. Le timing est assez étonnant. La situation de la femme libanaise ressemble étrangement à celui du Liban : la dépendance. Et pas seulement. Le Liban et la femme ont les poings liés. Tous les deux sont pris en otage par une classe politique qui voue un culte au système patriarcal ; ils sont humiliés quotidiennement et inlassablement ; blessés au plus profond de leur être ; insultés, méprisés, et écrasés sous la botte des hommes au pouvoir. Mais le Liban et la femme, la Libanaise plus particulièrement, ont beaucoup plus en commun. La force et la férocité, la robustesse et la ferveur, l’audace et la ténacité.

Monsieur Fahmi, vous pouvez donc aller vous rhabiller… ou, plutôt, vous faire cuire un œuf.


Dans la famille des politiciens et autres ministres qui alignent les conneries en public et particulièrement dans les médias, je choisis Mohammad Fahmi. Bourde après bourde, le ministre sortant de l’Intérieur n’en rate pas une. C’est à se demander s’il le fait exprès ou si son cerveau est en berne. Et ce depuis belle lurette. Après nous avoir assuré qu’en 5 jours, nous...

commentaires (3)

BOURDE POUR BOUR BOURDE(S), C'EST QUAND MEME EXAGERE D'EN FAIRE UNE "AFFAIRE D'ETAT", UNE ATTEINTE AUX DROITS DE LA FEMME QUI NE DEVRAIT , ELLE, MEME PAS SE SENTIR CONCERNEE CAR N'AYANT NUL "BESOIN" DE SE PROUVER.... SURTOUT PAS DE SE DEFENDRE

gaby sioufi

08 h 52, le 20 novembre 2020

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Commentaires (3)

  • BOURDE POUR BOUR BOURDE(S), C'EST QUAND MEME EXAGERE D'EN FAIRE UNE "AFFAIRE D'ETAT", UNE ATTEINTE AUX DROITS DE LA FEMME QUI NE DEVRAIT , ELLE, MEME PAS SE SENTIR CONCERNEE CAR N'AYANT NUL "BESOIN" DE SE PROUVER.... SURTOUT PAS DE SE DEFENDRE

    gaby sioufi

    08 h 52, le 20 novembre 2020

  • Plus je connais l homme , plus je respecte mon chien ....

    Robert Moumdjian

    02 h 58, le 20 novembre 2020

  • C'est normal donc qu'il devienne un ministre sortant de l'intérieur ...vers l'extérieur,

    Wlek Sanferlou

    02 h 22, le 20 novembre 2020