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Lifestyle - Initiative

La lettre d’amour à Beyrouth de « Creatives for Lebanon »

À travers ce premier projet de l’association à but non lucratif « Creatives for Lebanon », des maisons telles qu’Alaïa, Dior, Gautier, Rabih Kayrouz et d’autres labels parmi lesquels Christian Louboutin, Mary Katrantzou, ACNE ou Aquazurra ont choisi d’exprimer, chacun à sa manière, leur amour pour le Liban, à la faveur de pièces spécialement conçues pour cette cause et qui sont proposées à la vente depuis le vendredi 30 octobre sur le site d’e-commerce Beirut Re-Store*.

La lettre d’amour à Beyrouth de « Creatives for Lebanon »

« C’est une lettre d’amour au Liban, simplement. » Voilà ce que répond Sabine Getty, cofondatrice de l’association à but non lucratif Creatives for Lebanon, lorsqu’on commence par l’interroger sur la genèse de leur premier projet, premier d’une série d’initiatives dont l’objectif est de mobiliser la diaspora libanaise afin de soutenir le secteur créatif libanais. « Après l’explosion du 4 août, comme la plupart de la diaspora, j’étais à court de mots. Il est vrai que je suis installée à Londres, mais le Liban nous a cette magie qui fait que l’âme du pays, on l’emporte partout avec nous. Si bien qu’avec des amis dans le domaine de la mode qui partageaient le même désarroi, et surtout le besoin de s’engager pour Beyrouth, on a démarré une conversation par e-mail, histoire de réfléchir à comment faire », poursuit celle qui est spontanément devenue un maillon dans cette chaîne d’e-mails, aux côtés d’amis créatifs qui, comme elle, refusaient que le Liban coule sans qu’ils lui viennent en aide. À leur façon, comme ils savent et peuvent. Dans ce collectif qui prend forme « par instinct », il y a donc Sabine Getty (editor-at-large chez Tatler), Caroline Issa (directrice générale et de la mode de Tank Magazine), Eli Rezkallah (fondateur de Plastik), Ahmad Swaid (responsable du contenu chez Nowness), la styliste Émilie Kareh, la consultante en RP Alissa Kobeissi, la créatrice de bijoux Noor Farès ainsi que les créatrices de mode Racil Chalhoub et Sarah Baadarani.

Des « oui » sans exceptions

À quelques jours de l’apocalypse du 4 août, c’est donc une véritable fourmilière qui a pris forme, retroussé ses manches, partagé ses ressources et mis son expertise au service du Liban. D’un même geste, les neuf membres fondateurs décrochent ainsi le téléphone et lancent un même message à leurs amis et connaissances dans le domaine de la mode : l’urgence de faire quelque chose pour le Liban. À l’autre bout du fil, et sans même avoir eu besoin de plaider auprès d’eux cette cause, ce sont des « oui », uniquement des « oui » qui s’unissent du côté des créateurs de mode sollicités. Ces derniers, tenant à singulariser leur message à Beyrouth, se sont unanimement engagés à créer des vêtements et accessoires sur mesure pour l’occasion, plutôt que de céder des pièces génériques. C’est dire à quel point le monde a été secoué par le désastre du 4 août. « Je suis tellement reconnaissante pour l’engagement dont ont fait preuve toutes les marques participantes et pour l’amour qu’elles donnent au Liban à travers leurs créations, surtout en ces temps difficiles. Cette solidarité est inspirante et nous devons continuer, sans relâche, à mettre la lumière sur le Liban et ses difficultés actuelles », confirme Noor Farès à ce sujet. En moins de deux mois donc, et en dépit des conditions de travail extrêmement contraignantes en raison de la pandémie du Covid-19, les ateliers de chacune des 30 marques participantes se sont attelés à peaufiner et personnaliser leurs gages d’espoir à Beyrouth, à vouloir l’envelopper de leurs créations comme on étreint d’amour. Et depuis vendredi 30 octobre, 16h, ces quelque 300 pièces sont proposées à la vente sur le site d’e-commerce Beirut Re-Store. Leurs revenus seront reversés à l’association LIFE qui se chargera par la suite de distribuer ces fonds pour financer des programmes de bourses scolaires.

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« Il y a un message que nous voulions partager à travers notre toute première initiative, notre partenariat avec Beirut Re-Store en est un exemple : il faut nous unir. Nous unir en tant que diaspora afin d’optimiser nos efforts envers une cause commune : notre patrie. D’ailleurs, sans notre partenariat avec Beirut Re-Store, qui nous a offert une plateforme pour concrétiser ce projet, rien n’aurait été possible. Ce qui a été vraiment extraordinaire aussi, c’est l’amour et les contributions de nos réseaux collectifs pour soutenir ce projet, dont l’entreprise pour laquelle je travaille, Dazed Magazine/Media, qui nous a été d’un soutien infaillible », souligne par ailleurs Ahmad Swaid à propos de tous ceux qui ont apporté leur pierre à l’édifice de Creatives for Lebanon.

Des pièces sur mesure pour Beyrouth

Un émouvant chantier, en un temps record s’il en est, dont le résultat est à la hauteur des efforts fournis par l’équipe des fondateurs d’un côté et de la contribution de grosses pointures de la mode qui ont accouru pour venir en aide à Beyrouth. Sur Beirut Re-Store, dans la section Creatives for Lebanon, on se balade donc entre le cabas de Dior orné d’une broderie qui dit BEYROUTH dans la police d’écriture emblématique de la marque, des t-shirts de Jean-Paul Gaultier qui exhalent le ludisme déglingué du créateur, un t-shirt Alaïa criant Beirut mon Amour ou un sac à main Christian Louboutin au creux duquel M. Louboutin a glissé une note personnelle. « Depuis ma toute première visite à Beyrouth, le Liban me tient à cœur. Dois-je expliquer ou mentionner la chaleur légendaire et l’hospitalité de ce pays ? Je ne pense pas ! Ceux qui connaissent le Liban ou y sont allés n’ont besoin d’aucune raison pour aimer ce pays et ses habitants. Et nos amis de Beyrouth ont besoin de notre aide maintenant. Alors... agissons au nom de l’amour, de l’amitié et de la solidarité nécessaires », nous dit d’ailleurs l’inventeur de l’escarpin à la légendaire semelle carmin, rejoint par la créatrice Mary Katrantzou, qui a dessiné un foulard en soie agrémenté à la manière d’une carte postale d’un imprimé unique From Beirut With Love. De son côté, « le plus Parisien des créateurs libanais », Rabih Kayrouz, en dépit de ses blessures suite à la double explosion du 4 août, a tenu à insuffler un peu de sa poésie orientalisante à travers un manteau en laine et cachemire au dos duquel trône un cèdre brodé. Les labels Supriya Lele, ACNE, Heron Preston, M Missoni, Gabriela Hearst, Emilia Wickstead GCDS, Rudi Gernreich, Kar Aquazzura, Esteban Cortazar, Muzungu Sisters, Paravel, Racil, Zankov, One Love Beirut, Foo et Foo x Lea Colombo, La Terre Est Folle, Jennifer Chamandi, Le Nine, Mira Mikati et Sandra Mansour ont également rejoint les rangs de ce premier projet de Creatives for Beirut, dont l’illustrateur Luke Edward a croqué les pièces de ses fluides. Un projet qui, en somme et simplement, nous autorise à y croire encore, comme le dit si bien pour conclure la styliste Émilie Kareh : « Malgré la constante instabilité de cette ville, Beyrouth a toujours réussi à nous faire tomber en amour pour elle et à nous faire croire en elle. Malgré tout, je continue à avoir de l’espoir. » Et c’est à cet espoir-là, charrié par des initiatives comme Creatives for Lebanon, que l’on continuera à s’accrocher.

*beirutrestore.com

Instagram : @[email protected]


« C’est une lettre d’amour au Liban, simplement. » Voilà ce que répond Sabine Getty, cofondatrice de l’association à but non lucratif Creatives for Lebanon, lorsqu’on commence par l’interroger sur la genèse de leur premier projet, premier d’une série d’initiatives dont l’objectif est de mobiliser la diaspora libanaise afin de soutenir le secteur créatif...

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