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Liban

Après une "erreur" dans les résultats d'examens d'entrée à l'UL, le ministre de l'Education saisit la justice

Le mouvement chiite Amal se défend de toute ingérence dans l'organisation de ces épreuves et fustige "une campagne orchestrée" contre lui.

Après une

Le campus de l'Université libanaise à Hadeth. Photo D.R.

Nouvelle polémique au sein de l'Université libanaise, qui est d'habitude le théâtre de tensions politiques entre partis rivaux, sur fond de soupçons de corruption. Mercredi, le ministre sortant de l'Education, Tarek Majzoub a saisi le parquet général près la Cour de cassation, suite à une "erreur" informatique ayant faussé les résultats des examens d'admission au sein des facultés médicales de l'institution, réclamant des sanctions contre les responsables de cette erreur. Signe de la politisation du dossier, le mouvement chiite Amal, affilié au président du Parlement Nabih Berry et influent au sein de l'UL, s'est défendu de tout lien à l'organisation des examens d'entrée à l'université.

Un article d'Al-Akhbar

Tout a commencé par un article publié par le quotidien Al-Akhbar mercredi. "Erreur fatale dans les résultats des examens des facultés médicales de l'UL", titrait le journal. "Dans un précédent qui porte atteinte à l'intégrité de l'Université libanaise, la commission de contrôle des examens d'entrée aux facultés de sciences médicales a annoncé à deux reprises les résultats de ces épreuves. La première fois, le 26 octobre, 108 étudiants ont réussi l'examen d'entrée à la faculté de médecine (...) et 61 autres à la faculté de médecine dentaire, alors que 63 ont réussi les examens de la faculté de pharmacie. Le lendemain (le 27 octobre), la commission a maintenu les mêmes résultats pour les trois facultés, mais il s'est avéré que 146 étudiants ont été admis, ce qui équivaut à 38 admissions supplémentaires à la faculté de médecine, et 83 admissions à la faculté de médecine dentaire, donc 20 admissions supplémentaires, et enfin 76 admissions en faculté de pharmacie, donc une augmentation de 13 admissions (...)" écrit Al-Akhbar.

Pour mémoire

Majzoub réagit à un tweet sur une affaire de diplômes falsifiés et vendus

Il souligne que 24 étudiants supplémentaires, dont les parents sont enseignants à l'UL (et qui ne sont pas comptabilisés dans le nombre d'admission, selon le journal) ont également été admis à la faculté de médecine, ce qui fait que le total d'admis est désormais de 170, alors que le nombre requis est de 100. Al-Akhbar précise ensuite que la commission de contrôle a "expliqué dans un rapport publié à l'issue d'une réunion tenue hier (le 27 octobre) que le changement dans les résultats est dû à une erreur de correction dans l'épreuve de langue française". Selon le journal, "les résultats des épreuves de français étaient beaucoup plus bas que ceux des épreuves d'anglais, ce qui a débouché sur un déséquilibre dans les résultats de l'épreuve de manière générale. Cela a poussé la commission à corriger à nouveau l'épreuve de français en ayant recours à un barème des réponses correctes appelé +key answer+". 

Al-AKhbar explique que des étudiants se sont plaint des résultats, ce qui a poussé la commission à rééxaminer les copies. Il s'est alors avéré que les barèmes de correction électronique pour les épreuves d'anglais et de français ont été permutés par erreur. Suite au signalement de cette erreur, les copies ont été corrigées à nouveau. Sauf que cette fois-ci, tous ceux qui ont obtenu la moyenne requise ou plus, ont été admis, indépendamment du nombre maximum d'admissions fixé pour ces facultés. D'où le nombre sensiblement élevé d'admissions cette année. Une décision dénoncée par plusieurs milieux qui pointent un nombre très élevé d'admissions et une atteinte à la qualité des épreuves d'admission, selon le journal. Des sources ont encore confié à Al-Akhbar que "l'un des membres de la commission a justifié ce qui s'est passé en évoquant la situation humanitaire dans le pays et le fait que les étudiants ne peuvent pas se permettre de postuler aux universités privées".

Majzoub saisit la justice

Réagissant à cette affaire, le ministre sortant de l'Education a décidé mercredi de saisir le parquet général près la Cour de cassation, comme le rapporte jeudi la chaîne LBCI, document à l'appui. Dans ce document signé, M. Majzoub demande à la justice de prendre "les mesures nécessaires, à savoir des poursuites et des sanctions" contre les responsables, "afin de préserver l'intégrité des épreuves d'admission à l'Université libanaise". 

Pointé du doigt dans cette affaire par certains médias, le bureau central de l'Education au sein du mouvement Amal s'est défendu jeudi, en affirmant qu'il ne s'ingère "en aucun cas dans l'organisation des épreuves d'admission aux facultés de l'UL ni à aucun autre plan". Le parti chiite s'est dit "victime d'une campagne orchestrée" contre lui.

Le site de l'UL était inaccessible jeudi pour consulter un éventuel communiqué sur cette affaire. Aucun document n'a été publié sur leurs réseaux sociaux pour le moment.

Le Hezbollah et Amal sont accusés par leurs détracteurs d'avoir une emprise sur l'Université libanaise, notamment son campus à Hadeth. Et le recteur de l'UL, Fouad Ayoub, a déjà fait les titres de la presse ces dernières années, sur fond d'accusations de falsification de diplômes et abus de pouvoir portées contre lui par ses détracteurs, mais aussi pour ses pratiques unilatérales au niveau des prises de décision au sein de l’UL. Ce dernier a toujours démenti ces accusations. Il avait pris les devants en intentant plusieurs procès en diffamation il y a plusieurs mois contre plusieurs personnes, dont l'ancien professeur Issam Khalifé, retraité de l'UL.


Nouvelle polémique au sein de l'Université libanaise, qui est d'habitude le théâtre de tensions politiques entre partis rivaux, sur fond de soupçons de corruption. Mercredi, le ministre sortant de l'Education, Tarek Majzoub a saisi le parquet général près la Cour de cassation, suite à une "erreur" informatique ayant faussé les résultats des examens d'admission au sein des facultés...

commentaires (5)

Tous ces cris que nous poussons depuis des années sont donc injustifiés???

NAUFAL SORAYA

17 h 27, le 30 octobre 2020

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Commentaires (5)

  • Tous ces cris que nous poussons depuis des années sont donc injustifiés???

    NAUFAL SORAYA

    17 h 27, le 30 octobre 2020

  • Le Hezbollah et Amal sont accusés par leurs détracteurs d'avoir une emprise sur l'Université libanaise, notamment son campus à Hadeth. MAIS NON VOYONS PAS DU TOUT : AMAL ET HESBOLLAH NE SE MELE DE RIEN DANS CETTE UNIVERSITE NI EN FAIT DANS TOUT LE PAYS Il (AMAL avait pris les devants en intentant plusieurs procès en diffamation il y a plusieurs mois contre plusieurs personnes, dont l'ancien professeur Issam Khalifé, retraité de l'UL. MAIS VOYONS LES PROCES CHEZ DES JUGES NOMMES PAR LES MEMES PERSONNES QUI LES INTENTENT SONT TOUJOURS TRANSPARENTS ET SUIVENT LA LOI A LA LETTRE ( meme quand Ghada met en justice une personne et se permet de la juge elle meme: vive notre republique ) LA VERITE SI LA REVOLUTION A ENFIN PERMIS AU GENS DE S'EXPRIMER POUR MONTRER LA CORRUPTION DE NIOS DIRIGEANTS DANS TOUS ( oui dans tous ) ) LES DOMAINES C'EST DEJA UNE GUERRE GAGNEE

    LA VERITE

    12 h 34, le 30 octobre 2020

  • Ne sachant pas comment le dire en iranien je m'exerce à le dire en francolibanais: Adieu mon Liban et Adieu ma Patrie! Les loups ont envahi notre Vie !

    Wlek Sanferlou

    12 h 02, le 30 octobre 2020

  • Encore une institution qui se désintègre .... qu’est ce qui reste de cet État libanais ? A part son prestige et son régime fort bien entendu... ?

    Liberté de Penser

    09 h 56, le 30 octobre 2020

  • Décidément le Liban est bien malade...

    Gros Gnon

    02 h 53, le 30 octobre 2020